Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

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Archives 2011-2012


2011- 2012 / Rencontre avec un poète, Joël Grenier

LE PÊCHEUR DE LUNE

 

 

D'abord c'est un poème de Joël Grenier, poète, homme de théâtre (Théâtre du Claqsin, Théâtre des Deux Trëmas) et écrivain, humain surtout. Il est l'auteur de la pièce "Les Âmes réveillées" présentée lors du Festival de la Plaine 2010, une très belle adaptation du grand film de John Huston "African Queen". 

 

 

Kathryn Hepburn et Humphrey Bogart dans "African Queen" de John Huston

 

Les enfants de CM1 de l'école des Cèdres à Quétigny (Côte d'Or) ont travaillé son poème "Le Pêcheur de lune" en classe avec leur enseignant.

  

Ils ont cherché à dire ce très beau texte en exprimant des émotions différentes, en slamant, en jouant avec les mots, en bousculant les rythmes et en captant le plaisir de la poésie.

 

 

Puis il y a eu la rencontre avec le poète. Souvent, pour des enfants, un poète est une représentation très vague d'un homme mort il y a très longtemps dont les textes ont traversé le temps et dont on apprend les poèmes à l'école. Mais là, le poète est bien vivant. Il vit et parle, écrit toujours. Il est inscrit dans le monde d'aujourd'hui. Les enfants l'ont interrogé, se sont interrogés sur la poésie comme quelque chose de vivant, écrit par quelqu'un de vivant.

Ils ont demandé au poète de dire son texte pour entendre la voix de celui qui l'avait écrit. Ce n'était pas LA façon de le dire, mais UNE façon parmi d'autres, aussi importante que les voix de ceux qui s'approprient un texte pour lui donner leur propre émotion.

 

Puis, après la diction, ce fut le moment de l'écriture.

Joël Grenier leur a proposé une idée "Le silence"

Aussitôt, les mots d'enfants ont fusé sur le papier comme

"Qu'est-ce que ce bruit ? C'est le silence."

La classe a cherché plein d'images et de métaphores comme des morceaux de puzzle à rassembler pour évoquer ensemble l'idée inspirée du poète. Ces mots deviendront des poèmes à écrire que nous diffusons en fin d'article. Quelques idées communes et la créativité de chacun pour cette douzaine de poèmes rempli d'inspiration. 

 

 

Les enfants se sont rendus compte qu'eux aussi étaient un peu poètes et que leurs mots pouvaient se poser sur le papier, qu'ils pouvaient les partager avec le poète, aussi entre eux et avec leur enseignant.

 

Au final ce fut une belle rencontre dans une école primaire où l'invitée, au-delà de Joël Grenier et des enfants, était la poésie elle-même. Un langage qui mêle l'art et la connaissance, le livre, les mots et le monde autour de soi. Un langage comme une porte ouverte vers ceux qui nous entourent.

 

 

Commentaire de Joël Grenier :

« Le but de l'instituteur était non pas de faire ma promotion mais de montrer aux enfants que la poésie est vivante, quotidienne et pour tout le monde. Bien sûr que je suis prêt à recommencer cette formidable expérience durant laquelle on partage des mots, des images et des sentiments avec des petits dont les stylos, tout à coup, s'emplument de soleil ! Aux écoles de jouer ! »

 

 

 

Donc voici d'abord le sonnet de Joël Grenier

 

Le pêcheur de lune

 

Reconnais-tu cet homme ? Il est pêcheur de lune.

Il navigue la nuit sur un bateau de bois.

Le vent gonfle sa voile au gré de la fortune

Et le pousse au pays des rêves aux abois.

 

Comme un vieux loup de mer, son visage se hâle

Aux embruns de cette eau qui baigne la Grande Ourse

Et l'on entend parfois une vague qui râle

De devoir, sur sa peau, finir sa longue course.

 

Une barbe blanchie par le sel de l'espace

Couvre les souvenirs de tout ce temps qu'il passe

A chercher la lumière au milieu de la nuit.

 

Mais s'il ferme les yeux, c'est pour mieux voir la route

Qui mène à cette lune où ses filets, sans doute,

Ramèneront l'éclat d'un soleil de minuit.

 

Et maintenant les textes des enfants à partir de l'idée du poète et du travail collectif de recherche d'images poétiques...

 

LE SILENCE #1

 

 

Tu entends ce silence ?

Il est si doux

Comme les feuilles qui se posent sur l'eau.

 

Le ciel est entré dans la tranquillité.

Dans le silence, pas de bruit.

Ce qu'est c'est doux dans la nuit

Le silence de l'espace où rien ne bouge

Le silence qu'on ne voit pas

Et qui flotte dans l'air

Comme une plume dans le vent,

Et pourtant pas un souffle.

 

Entends-tu ce bruit ? C'est le silence.

 

 

Marouane

 

 

 

 

Le Silence # 2

 

Entends-tu ce son ? C'est le silence.

Et pourtant pas un souffle

Le silence, plus un cri

Que c'est doux dans la nuit

Une feuille se pose sur une rose

Sans un bruit

Tout doucement

Sans un bruissement

En ce beau soleil d'automne

les feuilles tombent

Mais le bruit ne chasse pas le silence.

 

Manon

 

________________________________

 

Le Silence # 3

 

Qu'est-ce que c'est bien le silence !

Tu l'entends ?

Il est si doux

Comme les feuilles qui se posent

Le ciel est dans le silence, rentré

Le silence, plus de bruit

Ce que c'est doux dans la nuit

Le silence de l'espace

Le silence où rien ne bouge

Le silence qu'on ne voit pas

Et qui flotte dans l'air

Et pourtant pas un souffle

Entends-tu ce bruit ? c'est le silence.

 

Imadeddine

 

________________________________

 

Le silence # 4

 

Tu entends le silence ?

Il est doux comme un rêve

Et beau comme la lune

Qui brille dans la nuit

Il m'aspire et m'endort

Le silence est tranquille

Comme la feuille qui se pose sur l'eau

 

Lucas

 

___________________________________

 

Le silence # 5

 

Le silence s'endort

Il est triste

On l'entend dehors

Malgré les feuilles qui bougent

Dans la maison tout est calme

Comme le silence

 

Loryne

 

______________________________________

 

Le silence # 6

 

Le silence c'est calme et tranquille

Mais on ne le voit pas

Il y en a qui ne l'aiment pas

Mais je leur dis

"Ecoute ! C'est beau !"

 

Yasser

 

______________________________________

 

Le silence # 7

 

Le silence, plus de bruit.

Juste le silence qui se balade dans la nuit

Il couvre l'horizon

Et pourtant pas un souffle.

Le paysage semble mort

On dirait le vide de l'espace

Le silence porte l'air

Dans cette vallée lointaine

La nature s'endort.

 

Loïc

 

_______________________________________

 

Le silence # 8

 

Le calme

Comme les feuilles qui se posent

Sur un nuage blanc

Le calme

Tu sais, celui qui fuit le bruit

Quand je dors, je pense à lui.

 

Cyprien

 

________________________________________

 

Le silence # 9

 

Un doux silence flotte dans l'air

Magnifique et calme

Ecoute-le

Lui qui circule dans l'espace.

 

Mohamed

 

_________________________________________

 

Le silence # 10

 

Qu'est-ce que c'est bien le silence !

On n'entend plus un bruit

On ne le voit pas

On ne l'entend pas

C'est doux et calme

Il flotte dans l'air

Et pourtant, pas un souffle.

 

Rim

 

___________________________________________

 

Le silence sans souffle # 11

 

Dans un grand silence

Une petite fille et pourtant pas un souffle

Dans un grand silence

Un petit garçon et pourtant pas un soupir

Un petit souffle ? Non pas du tout !

Un petit soupir ? Non même pas !

Dans un beau silence, sur la pointe des pieds

Les parents vont s'endormir

Mais dans la nuit

Il y a un bruit

Et la petite fille est jolie

Et sur la pointe des pieds

Elle s'enfuit

Et le matin le silence se rendort.

Que le silence était joli dans la nuit

Et la nuit

Il y a un soupir

Et tout le monde se réveille

Et le silence se rendort.

 

Soraya

_____________________________________________

 


10/11/2012
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Création Théâtrale "Sales Gosses" au printemps 2012

Voici quelques documents sur la création théâtrale "Sales Gosses" par la classe de CM1 au printemps 2012 au Petit Théâtre des Prairies à Quétigny et à la Médiathèque de Sennecey-lès-Dijon.

 

En cliquant sur les images, elles apparaîtront en plus grand. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Textes de la pièce "Sales Gosses"

 

La Réunion

 

(Sept personnes sont assises autour d’une table pour une
ré »union de travail. Un peu à l’écart se trouve une petite fille)

 

Père-Marouane : - Excusez-moi. J’ai dû amener ma fille pour cette réunion car je n’avais

                                 personne pour la garder.

M-Ibrahim : - Ce n’est pas un problème. Du moment qu’elle soit sage dans son coin.

Père : - Elle est absolument sage. Elle ne dit jamais rien.

Fille-Nada : - Oui Papa. Je ne dis jamais rien. Je suis bien obéissante. Je n’écoute pas les

             adultes et  je m’occupe toute seule. Et je ne dérange personne.

Père : - Tais-toi.

Anita : - Ah ! C’est ce qu’on appelle une enfant silencieuse. C’est bien commencé.

Marouane (à Nada) – Bon tu restes bien sage !

Nada : - Oui Papa.

Père : - Promis ?

Fille : - Oui promis Papa.

Père : - Bon. Prends tes crayons et fais-moi un joli
dessin.

M-Ibrahim : - Bien commençons la réunion. L’ordre du jour est chargé. Et nous n’avons pas

                    beaucoup de temps.

Nada : - J’aurai pas le temps de finir mon dessin alors ?

Marouane : - Tais-toi et dessine.

Anita (au public) : - Elle est silencieuse.

(M-Ibrahim regarde sévèrement Nada)

M-Ibrahim : - Je vous ai donc réuni pour…

Nada : - Il marche pas mon rouge.

(Tout le monde la regarde d’un œil sévère. Marouane est
gêné)

Marouane : - Tais-toi, je te dis. Tu déranges.

M-Ibrahim : - Je vous ai réuni pour que nous prévoyions une augmentation des prix de nos

                      produits. Rim, je vous laisse la parole pour présenter les propositions.

Rim : - Nous avons plusieurs options pour ces augmentations, d’abord concernant les

            bonbons.

Nada : - Oh oui ! J’en veux des bonbons !

Tout le monde : - Ooooooohhhhh !!!!!

Anita : - J’avais cru comprendre qu’elle était silencieuse.

Marouane (à Nada) : - Tais-toi. Tu commences à m’énerver.

M-Ibrahim : - ça c’est clair, elle commence vraiment à me chauffer les oreilles.

Sakina : - A moi aussi d’ailleurs. Elle est insupportable.

Anita : - Malpolie.

Loryne : - Et très mal élevée.

Marouane : - Oh ! Je vous en prie, occupez-vous de vos affaires. Je ne suis pas sûr que vous

                      soyez capables d’éduquer convenablement vos propres enfants.

Loryne : - C’est ça, traitez-moi de mauvaise mère tant que vous y êtes !

Mohamed : - Bonne ou mauvaise mère, on a autre chose à faire. Bon on se remet au travail ?

M-Ibrahim : - Mohamed a raison, il faut reprendre notre réunion. Marouane, dites à votre fille

                      de se tenir tranquille et surtout de SE TAIRE.

Marouane (à Nada) : - Tu as compris. Tu déranges tout le monde. Alors tais-toi.

Nada : - D’accord Papa. A partir de maintenant, je ne dis plus rien.

Marouane : - C’est bien ma fille.

Rim : - Je disais donc qu’il faut augmenter le prix des bonbons, aussi des sucettes et des

             sucres d’orge car le prix du sucre a beaucoup augmenté ces derniers mois. Et ça nous

             coûte très cher. 

Loryne : - Il ne faut pas une trop grande augmentation. Sinon les clients ne vont plus acheter

                 nos sucreries.

Sakina : - Sinon on ne vendra plus rien.

Mohamed : - On perdra notre travail. 

Anita : - Et on sera au chômage.

Marouane : - Pas de travail, pas d’argent.

Nada : - Et pas d’argent, pas de bonbons !!! OUIIIINNNNN OUUUIIIINNNN

(Nada se met à pleurer à chaudes larmes)

M-Ibrahim : - Mais c’est pas vrai !!! Une vraie calamité cette gamine !!!!

                       STOP !!! On reprendra cette réunion plus tard… et sans enfant !!!!!

                       TOUT LE MONDE DEHORS !!!

 

LE  COPAIN  INTERDIT

 

(Trois enfants entrent dans l’appartement)

Yasser : - Bon, les deux frangins, on prend d’abord le goûter, mais vous faites pas de saletés

                car ma mère m’a interdit de faire venir des copains à la maison. Elle m’a puni pour

                l’histoire de l’autre jour.

M-Amine : - T’inquiète pas. Tu nous connais.

Marouane : - Tu peux nous faire confiance.

Yasser : - Justement, c’est parce que je vous connais que, justement, je préfère vous avertir.

                Si ma mère me voit avec des copains à la maison, elle va me tuer.

M-Amine : - Moi en fait j’ai pas faim. Le pain au chocolat de la boulangerie m’a bien calé.

Marouane : - Moi, la baguette que j’ai tout mangée m’a bien calé aussi.

Yasser : - Tu manges une baguette entière au goûter ?

M-Amine : - Non. C’était la baguette pour le repas de ce soir. Papa va le tuer.

Marouane : - J’avais trop faim.

M-Amine (à Yasser) : - Si ta mère te tue et que Papa tue Marouane, je serai le seul survivant.

                                      Vous me manquerez.

Yasser (moqueur) : - T’es vraiment sympa comme copain.

M-Amine : - Bon, t’as une DS, une WII, une Playstation, une Nintendo, un truc comme ça ?

Yasser : - Oui. Mais ma mère me les a cachés pour me punir.

Marouane : - Attends. A nous trois, on va chercher et on va les trouver.

Yasser : - Non ! Non ! Vous allez mettre du désordre dans la maison et je vais me faire punir

                encore plus.

M-Amine : - Mais non, t’inquiète pas ! On va fouiller avec soin.

Yasser : - Avec soin ! Je vous connais tous les deux. Vous êtes aussi soigneux que…

               (Il cherche)

Marouane : - Aussi soigneux que quoi ?

M-Amine : - Oui, que quoi ?

Yasser : - Euh… je sais pas. En tous les cas, je ne veux pas que vous fouilliez la maison.

M-Amine : - Mais qu’est-ce qu’on fait alors ?

Marouane : - On joue à cache-cache ?

Yasser : - Non ! Non ! Vous allez mettre le souk dans l’appartement.

M-Amine : - On regarde la télé alors ?

Marouane : - D’accord !

Yasser : - D’accord. Mais vous ne mettez pas les pieds sur le canapé. Et puis vous partez pas

                trop tard. En tous les cas avant que ma mère ne rentre.

(On entend des bruits sur le palier)

Mère – Manon (voix off) : - Mais j’ai fourré les clés de l’appart ? A chaque fois c’est pareil,

                                              elles filent au fond du sac dans tout mon fourbi.

Yasser : - Oh non ! C’est Maman ! Comment ça se fait, elle ne rentre jamais aussi tôt

                d’habitude !

M-Amine : - Ben qu’est-ce qu’on fait ?

Yasser : - Cachez-vous dans ma chambre. Je me débrouillerai pour l’occuper et vous sortirez

                sans faire de bruit.

(M-Amine et Marouane filent en coulisses)

Manon (voix off) : - Ah les voilà enfin, ces satanées clés !

(Manon rentre)

Manon : - Bonsoir Yasser.

Yasser (gêné, regardant autour de lui) : -
Bonsoir Maman. Tu arrives drôlement tôt ce soir ?

 Manon : - Comme j’avais commencé plus tôt, alors j’ai pu finir plus tôt.  Tu vois, tu devrais

                être content. On pourra passer du temps ensemble pour tes devoirs. Tu es content ?

Yasser : - Euh… Oui Maman.

Manon : - Alors ta journée d’école ?

Yasser : - Super ! J’ai tout compris la leçon… mais après quand il a fallu faire l’exercice, je

                ne sais pas ce qui s’est passé, la leçon avait disparu de ma mémoire.

Manon : - En gros, si je comprends bien, tu as eu une mauvaise note ?

Yasser : - C’est pas tout à fait ça. Par rapport à Adrien qui a eu 20 sur 20, c’était un peu moins

                bien, même carrément moins bien, …mais par rapport à Matthieu qui a eu 2 sur 20,

                c’était carrément le TRIPLE.

Manon : - Tu as eu 6 en clair.

Yasser : - Non, j’ai eu le triple de Matthieu.

Manon : - Bon tu me montreras ce travail et on retravaillera ça ensemble. Heureusement que

                 je t’ai interdit de copains ! Il faut que tu sois plus sérieux à l’école.

Yasser : - Au fait Maman. Il faut que je te montre quelque chose dans la cuisine.

Manon : - Quoi ?

Yasser : - Viens, je vais te montrer.

(Yasser emmène Manon vers la coulisse opposée à celle de M-Amine et Marouane. Il regarde derrière lui en faisant des grands gestes pour leur dire de quitter l’appartement. Tandis que M-Amine et Marouane sortent, Yasser raconte une vague histoire de nourriture à racheter car il n’y en a plus
beaucoup. On entend un bruit de porte
)

Manon (revenant rapidement sur scène) : - Qu’est-ce que c’était ?

Yasser (arrivant à son tour) : - Euh… Je sais pas ? Peut-être un coup de vent qui a claqué la

                                               porte ? Je crois que tu l’avais mal fermée.

Manon : - Mais non, je la ferme toujours. Par contre toi, tu m’as l’air bizarre. J’ai l’impression

                 que tu me caches quelque chose.

Yasser : - Pas du tout Maman. Je ne te cache rien.

Manon : - Tu ne m’as pas l’air très clair… Tu as fait venir des copains cet après-midi ?

Yasser : - Ah non ! Je t’assure maman. 

(On sonne à la porte. Manon va ouvrir. Amine entre)

Amine : - Bonjour. Je suis le père de M-Amine et de Marouane. Cet après-midi, mes deux fils

                ont oublié les clés de la maison dans la chambre de votre fils. Et ils sont restés à la

                porte le temps que j’arrive.

(Manon jette un regard furieux vers Yasser qui baisse les yeux.)

Manon : - Yasser ! Va chercher les clés !

Yasser : - Oui Maman.

(Yasser s’exécute puis revient avec les clés. Amine remercie Manon et Yasser puis s’en va)

Manon (à Yasser) : - Alors, les copains ne sont pas venus cet après-midi ?

Yasser : - C’est pas vraiment ça Maman. Tu comprends, ils sont juste passés pour récupérer

                les devoirs et…

Manon (énervée) : - VA DANS TA CHAMBRE !!!!

(Yasser sort de scène)

Manon (vers le public) : - SALES GOSSES !!!

 

LE MAGASIN

 

(Dans un supermarché)

Mère-Sabrina : - Bon, les enfants, ce sont des petites courses. C’est juste pour compléter ce

                          qui manque. Pas la peine de demander des choses impossibles.

Père-Imad : - Vous avez compris tous les deux ce qu’a dit votre mère ?

Cyprien et Haïtham : - Oui Papa.

(Ils avancent dans les rayons du supermarché)

Haïtham : - Oh ces céréales, je les ai vus à la pub à la télé.

Cyprien : - Ah oui ! C’est quand le martien ZAKZOU, il fait « blblblblblblbl

                AAAAAAAHHHHH » et il arrive enfin à s’envoler directement vers sa planète

                 après avoir pris son bol de céréales.

Haïtham : - Ah oui !!! Et les enfants sur terre, ils sautent partout parce que leur copain le

                   martien ZAKZOU a réussi à repartir chez lui.

Cyprien : - Et ils font « ZAKZOU ! ZAKZOU ! ZAKZOU !.... »

(Haïtham reprend avec lui. Les deux enfants sautent partout en criant ZAKZOU.)

Imad : - CYPRIEN ! HAÏTHAM !

Sabrina : - Mais vous allez arrêter à la fin !!!

Imad : - Mais ça va pas tous les deux ! Vous vous croyez où ? On est dans un magasin je vous

             signale. Tenez-vous à carreau sinon…

Cyprien : - Sinon quoi Papa ?

Sabrina : - Sinon ça va aller très mal pour vous. Vous avez compris ?

Imad : - Vous avez compris ?

Haïtham : - Oui, Papa.

Cyprien : - Oui Maman.

Sabrina : - Et qu’on n’ait plus rien à vous dire.

Cyprien : - Oh ! J’veux ces barres de céréales ! Au foot, on nous a dit que c’était absolument

                  nécessaire pour avoir de l’énergie.

Imad : - On en a déjà à la maison.

Haïtham : - Oui, mais celles-là elles sont meilleures.

Sabrina : - Votre père vous a dit qu’on en a déjà à la maison.

Cyprien : - Oui, mais elles sont pas bonnes, tandis que celles-là, c’est trop la classe.

Haïtham : - Et notre entraîneur de foot nous a dit que celles-là, Lionel Messi en prend à

                   chaque mi-temps avec Barcelone.

Cyprien : - Ils le disent aussi à la télé dans la pub.

Imad : - ça suffit. C’est non ! On en a assez de vos caprices.

Sabrina : - C’est vraiment insupportable de faire les courses avec vous. Toujours à demander

              des choses qui finissent par pourrir dans le placard parce que vous ne les finissez pas.

Imad : - Vous croyez qu’on est des milliardaires ?

Sabrina : - Bon, dépêchons-nous. Avec vos âneries, on n’aura pas le temps de finir les

                 courses.

Imad : - Votre mère a raison. On prend les derniers produits de la liste et on file à la caisse.

(Rapidement, la famille remplit son sac de courses et file vers le caissier. Ils posent leurs produits sur le tapis roulant)

Caissier-Rémy : - Bonjour.

Sabrina (souriante) : - Bonjour.

Imad (souriant) : - Bonjour.

(Le caissier passe les produits sur sa machine)

Haïtham (à Cyprien) : - C’est dégoûtant ce qu’on a acheté.

Cyprien (à Haïtham) : - S’ils croient que je vais manger des trucs pareils.

Haïtham (à Cyprien) : - Et ben moi, j’irai sur Mars manger des céréales avec Zakzou.

Cyprien (à Haïtham) : - J’irai aussi et comme ça là-bas on fera ce qu’on voudra et on sautera

                                      partout.

Haïtham (à Cyprien) : - Et on criera aussi.

(Ils se mettent à crier)

Haïtham et Cyprien (sautant) : - ZAKZOU ! ZAKZOU ! ZAKZOU !

Imad : - CYPRIEN ! HAÏTHAM !

Sabrina : - Mais ça va pas la tête !

Imad : - On va avoir l’air de quoi devant tout le monde !

Sabrina : - On va nous prendre pour une famille dezinzins.

Rémy- le caissier : - C’est clair.

Imad : - Pardon ?

Rémy : - Euh… je dis : é-clair. Il y a de l’orage dans l’air… dehors.

(Il montre l’extérieur avec son doigt)

Imad (pas convaincu) : - Ah….

Rémy : - ça vous fera 35 euros et 15 centimes.

Sabrina (cherchant sa carte bleue) : - Bien.

(Elle ne la trouve pas)

Sabrina (à Imad) : - C’est pas toi qui l’aurais par hasard ?

Imad (à Sabrina) : - Ah non ! Je me souviens bien. La dernière fois tu l’avais reprise car tu

                                 devais passer payer le médecin pour Cyprien.

Sabrina : - Je ne te l’ai pas redonnée quand tu es allé acheter le nouveau téléphone portable.

Imad : - Ah non ! Ça, c’était la semaine d’avant.

Sabrina : - Mais elle est où alors ?

Haïtham : - Maman… euh…, Cyprien et moi, on l’avait prise pour jouer l’autre jour à la carte

                  laser qui envoie dans l’espace. Mais on a oublié de la remettre dans ton sac.

Cyprien : - Elle est restée dans notre coffre à jouets.

Imad : - Mais c’est pas possible ces gosses !!!!!  

Sabrina : - Mais qu’est-ce qu’on a fait pour avoir des gosses pareils ?!?!?!?!!

Imad : - Vous imaginez la honte qu’on a devant tout le monde ?

Rémy : - C’est clair.

Sabrina : - Pardon ?

Rémy : - Euh… je parlais de l’éclair.

Imad (en colère) : - Je sais, il y a de l’orage dehors.

         (à  ses enfants) DEHORS !!!!!

(Ils prennent leurs enfants par le col et sortent sans demander leur reste)

Rémy : - Quelle famille !

               (au public) Et sales gosses !

 

L’AEROPORT

 

 

(Une famille arrive à l’aéroport)

Père-Lucas : - Vous avez vu les enfants ? C’est grand un aéroport.

Ilyas : - Oh oui Papa !

Adil : - C’est bien plus grand que la gare.

Sabrina : - Et il y a plus de bruit.

Mère-Soraya : - C’est vrai. On entend les avions qui décollent et qui atterrissent. Vous n’avez

                         pas peur  les enfants ?

Ilyas : - Oh non Maman !

Adil : - C’est rigolo.

Sabrina : - ça fait comme une grande usine de voyageurs.

Lucas : - C’est presque ça.

Soraya : - Bon, vous restez bien à côté de nous car il y a beaucoup de monde et on peut

                facilement se perdre.

Adil et Sabrina : - Oui Maman.

(Ilyas regarde en l’air sans écouter sa mère)

Lucas (à Ilyas) : - Tu as entendu Ilyas, tu qui es toujours tête en l’air.

(Ilyas ne répond et continue à regarder autour de lui)

Lucas (criant) : - ILYAS !!!

(Ilyas se retourne vers son père)

Lucas : - Tu as entendu ta mère ?

Ilyas : - Non, qu’est-ce qu’elle a dit ?

Lucas : - Elle a dit de faire attention car il y a beaucoup de monde. Tu restes bien collé à nous.

              Tu as compris ?

Ilyas : - Oui Papa.

(La famille avance et les parents montrent toutes les choses étranges d’un aéroport à leurs enfants. Ilyas suit derrière, à quelques mètres)

Soraya (à Ilyas) : - Ilyas, tu te dépêches. On va finir par être en retard au guichet

                             d’enregistrement des billets.

(Ilyas ne répond pas et continue à regarder autour de lui, complètement émerveillé. Des passagers passent entre la famille qui continue de marcher et Ilyas qui s’est arrêté. Ilyas repart en arrière tandis
que la famille s’avance vers le guichet.)

Steward-Loïc : - Bonjour Madame, bonjour Monsieur. Vos billets s’il vous plait.

Lucas : - Nous sommes 5. Ma femme et moi et nos trois enfants.

Loïc : - Je n’en vois que deux.

Soraya : - Il y en a bien trois. Adil ici, Sabrina là et Ilyas ….

Lucas (aux enfants) : - Il est où Ilyas ?

Soraya : - Je sais pas Papa.

Adil : - Je sais pas non plus Papa.

Soraya (inquiète) : - Mais il est passé où Ilyas ?

Lucas (mécontent) : - On l’avait pourtant averti. Il n’en fait qu’à sa tête. Quand on va le

                                   retrouver, il va passer un mauvais quart d’heure.

(Loïc appelle la sécurité)

Soraya : - Si ça se trouve, on ne le retrouvera jamais, il va monter sans s’en rendre compte

                dans un avion pour le Brésil et il finira sa vie dans la forêt d’Amazonie comme un

                enfant sauvage. Et on ne le reverra plus jamais.

Lucas : - Mais arrête de raconter n’importe quoi. Il est forcément à l’aéroport. On ne monte

               pas comme ça dans un avion.

Sabrina : - Notre frère va devenir un enfant sauvage ? Comme un singe ?

Lucas : - Mais non. Ce sont encore des élucubrations de ta mère.

Adil : - Il fera comme Tarzan ?

Soraya : - Peut-être si on ne le retrouve pas.

Lucas : - Mais tu vas arrêter de leur raconter n’importe quoi. Ils vont finir par le croire.

Sabrina : - Il va avoir des grands poils qui poussent comme les gorilles ?

Adil : - Il n’y a pas de gorilles en Amazonie. On l’a appris à l’école.

Soraya : - Mon fils devenu gorille, quelle horreur !!!

Loïc : - Madame, ne vous inquiétez pas, j’ai appelé la sécurité. Ils arrivent de suite. On va

            retrouver votre enfant.

Soraya : - Faites vite. Je ne voudrais retrouver un gorille à sa place.

Adil : - Ne t’inquiète pas Maman. Il n’y a pas de gorille en Amazonie. Ilyas sera peut-être un

            ouistiti.

(Les agents de la sécurité arrivent au guichet)

Agent-Cyprien : - De quoi s’agit-il ?

Loïc : - Madame et Monsieur ont leur troisième enfant égaré dans l’aéroport.

Sabrina : - Et il s’est transformé en singe.

Adil : - Sans doute en ouistiti.

Lucas : - Mais vous allez arrêter de dire des âneries !!!

Adil : - Mais c’est Maman qui l’a dit !

Agent-Axel : - Avez-vous une photo de votre enfant ?

Soraya : - Oui, en voilà une. Il s’appelle Ilyas.

Axel : - Comment était-il habillé ?

(Lucas décrit l’habit d’Ilyas)

Axel : - Ne vous inquiétez pas. Nous sommes des experts. Nous vous ramènerons votre

            enfant.

Loïc : - Venez prendre un petit café en attendant,
Madame. Tout ira bien.

(La famille suit le steward. Les deux agents cherchent
dans la foule qui passe. Ilyas apparaît dans cette foule. Les deux agents le
repèrent et avancent vers lui.)

Axel : - Bonjour mon petit.

Ilyas : - Bonjour Monsieur.

Cyprien : - Tu es perdu ?

Ilyas : - Non. Je regarde les avions.

Axel : - Tu es tout seul ? 

Ilyas : - Non. Mes parents sont par là. Je vais bientôt les rejoindre.

Cyprien : - Bon, alors on te laisse. Bon voyage mon petit.

Ilyas : - Merci Monsieur.

(Les deux agents s’éloignent. Puis, quelques mètres plus
loin ils s’arrêtent)

Axel : - On ne lui a pas demandé son nom. Si ça se trouve, c’était lui.

Cyprien : - Tu as raison. Faisons demi-tour et retrouvons-le au plus tôt.

(Ils reviennent sur leurs pas. Ilyas est au milieu de la foule qui passe. Ils ont du mal à la trouver. Finalement ils le repèrent et se précipitent sur lui.)

Axel : - Coucou Petit, nous revoilà.

Ilyas : - Coucou Monsieur.

Cyprien : - Tu t’appelles Ilyas ?

Ilyas : - Oui Monsieur.

Axel : - Tu as un frère et une sœur ?

Ilyas : - Oui Monsieur.

Axel : - Alors suis-nous. Tu vas rejoindre tes parents.

Ilyas : - Oui Monsieur.

(Tous les trois marchent vers le guichet tandis qu’on voit réapparaître la famille et le steward. Toute la famille se précipite sur lui)

Lucas (en colère) : - Mais où est-ce que tu étais encore passé, nom d’un chien ?!!?! Tu nous

                                 as foutu une de ces trouilles !!!

Axel : - Monsieur, je vous en prie, calmez-vous ! Votre enfant est sain et sauf. Et surtout, il ne

             s’est pas transformé en singe.

Soraya : - Aaaaaaaahhhhh !!!! (puis elle tombe en syncope)

Axel : - Mais non, je rigole.

Cyprien : - Trop tard.

(Tout le monde se précipite sur elle pour la réveiller. On s’inquiète pour elle. Soraya se relève doucement)

Lucas (au public) : - Sale gosse !!! 

 

L’ECOLE

 

(Deux enfants traversent précipitamment la scène)

M-Ibrahim : - Vite Sacha dépêche-toi. Il faut absolument prendre notre classeur avant que

                     Papa et Maman ne rentrent.  Sinon, on va se faire tuer.

Sacha : - Les dames de service sont encore là. Et pour pas longtemps.

M-Ibrahim : - Ouais. Il faut qu’on se dépêche.

(Ils sortent de l’autre côté. Le directeur apparaît alors, ainsi qu’une femme avec un balai.)

Femme-Nada : - Eh bien vous sortez tard ce soir, M.Dujardin !

Directeur- Luke : - Eh oui ! Quand on est directeur, il y a parfois des piles de papiers à s’occuper et

                   je devais absolument terminer certains dossiers pour les envoyer dés demain

                   matin. Ça y est. J’ai terminé. 

Nada : - Eh bien moi aussi. Le temps de poser le balai et de fermer l’école et ce sera bon.

Luke : - Bonsoir Gisèle.

Nada : - Bonsoir M. Dujardin.

(M. Dujardin sort)

Nada : - Et maintenant, retour à la maison. Dîner, coucher des enfants, et un bon dodo.

(Elle ferme à clé et sort. Sur ces entrefaites, surgissent les deux garçons.)

Sacha : - Mince. La porte est fermée.

M-Ibrahim : - Mais non. Tu sais plus ouvrir une porte maintenant ?

Sacha : - Eh ben, si tu es si malin, essaie de l’ouvrir. On verra bien qui est le plus malin.

M-Ibrahim : - Tu as raison. Elle est fermée à clé.

Sacha : - On est coincé dans l’école.

M-Ibrahim : - Alors ça, c’est la meilleure : être coincé dans une école et personne pour nous

                       ouvrir.

Sacha : - Attends. On va crier. Peut-être que quelqu’un nous entendra et viendra nous aider.

M-Ibrahim : - Tu as raison. On n’a pas d’autre solution.

Sacha et M-Ibrahim : - AU SECOURS ! ON EST ENFERMES ! AU SECOURS ! VENEZ

                                     NOUS AIDER !

(Voyant que personne ne répond, ils abandonnent et s’assoient par terre)

Sacha : - Tu te rends compte. On va dormir ici, dans l’école.

M-Ibrahim : - Je n’aurai jamais cru qu’un truc comme ça puisse m’arriver.

Sacha : - C’est horrible : dormir, entourés d’armoires bourrées de livres de grammaire,

               d’orthographe et de conjugaison. Un vrai film d’horreur.

M-Ibrahim : - Moi je crois que je préfèrerais un vrai film d’horreur avec des vampires qui

                       sucent le sang et de fantômes qui hurlent à la mort.

Sacha : - Ouais. Et aussi des sorcières qui nous transforment en rats d’égouts ou en corbeaux.

M-Ibrahim : - Et des chauves-souris géantes qui dévorent les enfants.

Sacha : - Et des araignées à 18 pattes, grandes comme des tigres.  

M-Ibrahim : - Arrête. Ça commence à me faire peur.

Sacha : - Je crois que moi aussi, j’ai un peu peur.

(Moment de silence)

M-Ibrahim : - Sacha.

Sacha : - Quoi ?

M-Ibrahim : - Tu as entendu ?

Sacha : - Non.

M-Ibrahim : - J’ai entendu un bruit qui venait de par là.

Sacha : - Mais non. C’est seulement parce que tu as peur.

M-Ibrahim : - Mais non, je t’assure. C’était un grincement de porte.

Sacha : - Tu rêves mon gars.

M-Ibrahim : - Il faut absolument qu’on sorte d’ici. C’est horrible comme endroit.

Sacha : - Tu sais. C’est simplement une école.

M-Ibrahim : - D’accord c’est une école. Mais une école DE NUIT. Et ça, c’est horrible.

Sacha : - C’est sûr. Normalement une école, c’est de jour.

M-Ibrahim (apeuré) : - Et là tu as entendu ?

Sacha : - Oui j’ai entendu quelque chose. Ça venait de par là.

M-Ibrahim : - Viens, on va voir. Soyons courageux.

Sacha : - Tu as raison. Et puis on est deux.

(Ils s’avancent côté cour tandis que côté jardin le
gardien s’approche doucement. Quand il se trouve juste derrière eux, il
s’arrête puis leur tape sur l’épaule)

Gardien-Axel : - Eh tous les deux, qu’est-ce que vous faites là ? 

Sacha et M-Ibrahim (sursautant) : - AAAAAAAAAHHHHHHHH !!!!!!!

(Ils se mettent à courir dans tous les sens.)

Axel : - Eh les gars, vous ne me reconnaissez pas ? Je suis le gardien.

(Les deux enfants s’arrêtent, tremblant de partout)

Axel : - Mais qu’est-ce que vous faites là ?

Sacha : - On était venus chercher notre classeur mais quand on est arrivés devant la porte pour

               sortir,…

M-Ibrahim : - Elle était fermée.

Sacha : - On a cru qu’on devrait…

M-Ibrahim : - Passer la nuit ici.

Sacha : - Mais par où vous êtes passé ?

Axel : - Par le sous-sol. Je faisais ma ronde du soir. J’allais repartir quand j’ai aperçu du

             mouvement dans les couloirs. Alors je suis revenu sur mes pas.

M-Ibrahim : - Je voudrais rentrer chez moi.

Sacha : - Moi aussi.

Axel : - Bon je vous ouvre. Mais la prochaine fois, n’oubliez pas votre classeur.

M-Ibrahim : - Oui Monsieur.

Sacha : - Bonsoir Monsieur et merci.

M-Ibrahim : - Merci.

Axel : - De rien, les gamins. Et rentrez vite chez vous.

(Les enfants sortent)

Axel : - Ah ! Ces gosses !

 

LA VOITURE

 

 

(Une famille monte en voiture. La mère le père à l’avant,
les deux enfants à l’arrière. L’un des deux enfants, Sacha, joue à la D.S. Le
père conduit la voiture. Celle-ci démarre)

 

Mère-Simine : - Tu as pensé au cadeau pour ta mère ?

Père-Zakaria : - Les grands pots à fleurs ? Oui. Je les ai mis dans le coffre il y a une heure.

Simine : - Tu es sûr que ton frère ne va pas lui offrir le même cadeau ?  

Zakaria : - J’espère que non. On a convenu tous les deux que moi je m’occupe des pots de

                 fleurs et lui des plantations.

Simine : - Espérons qu’il ait tout compris. Car la dernière fois, il avait amené la même chose

                que toi et pourtant vous vous étiez mis d’accord.

Zakaria : - Mais non, il m’en a reparlé il y a quatre jours.

Simine : - N’empêche, la dernière fois, vous en aviez parlé la veille.

Zakaria : - Arrête avec ça. N’en parlons plus. Tu vas finir par me mettre dans le doute. On

                 verra bien.

Simine : - J’imagine la tête de ta mère si elle voit le même cadeau deux fois…

Zakaria : - Arrête s’il te plaît !

Simine : - Bon d’accord. Mais ça risque d’être drôle si…

Zakaria : - Je t’ai dit d’arrêter avec ça !

Simine : - D’accord (silence) N’empêche, tu aurais pu…

(Zakaria arrête la voiture d’un coup et regarde sévèrement Simine)

Mohamed : - Pourquoi on s’arrête Papa ?

Sacha : - Il y a un problème à la voiture ?

Simine : - Non. Votre père a simplement un doute.

Zakaria : - Non. Je  n’ai pas de doute. J’essaie seulement de rester calme.

Mohamed : - On repart bientôt Papa ?

Sacha : - Tu as besoin de beaucoup de temps pour te calmer Papa.

Simine : - Non. Il n’a pas besoin de beaucoup de temps. Il suffit de regarder derrière la file de

                 voitures de plus en plus grande qui attend. Ne vous en faites pas. Votre père va

                 regarder dans la rétroviseur et redémarrer très vite.

(Zakaria souffle u bon coup et redémarre)

Mohamed : - Tu es calme maintenant Papa ?

Zakaria (énervé) : - OUI, JE SUIS CALME !!!

Simine : - C’est clair.

(Zakaria regarde sévèrement Simine)

Mohamed (à Sacha) : - Dis, tu ma passes la D.S. ?

Sacha : - Pas tout de suite. Je commence juste le niveau 4 et c’est la première fois que j’y

               arrive.

Mohamed : - Avant de partir tu avais dit qu’au bout de dix minutes, tu me donnerais la D.S.

                     Et ça fait maintenant 11 minutes.

Sacha : - Mais attends un peu que je finisse le niveau 4 et que je sauvegarde ma partie. Pour

               une fois que j’y arrive.

Mohamed : - Tu avais promis.

Sacha : - Mais à ce moment-là, je ne savais que j’arriverais au niveau 4.

Mohamed : - Tu es donc un menteur.

Sacha : - Arrête !

Mohamed : - Et même un sacré menteur !

Sacha : - Arrête je te dis.

Mohamed : - Je te préviens. Si tu ne me donnes pas la D.S.tout de suite, je dis à Maman et

                     Papa ce qui est arrivé au vase de Mamie.

Sacha : - Ah non ! Tu n’as pas le droit.

Mohamed : - J’ai le droit si tu ne me donnes pas la D.S.

Simine : - De quoi il s’agit les enfants ?

Mohamed : - Quoi Maman ?

Simine : - Vous parliez du vase de Mamie. C’est ce que j’ai cru entendre.

Mohamed : - Eh ben, Sacha, il a… (très vite, Sacha donne la D.S.)…il a  cru que vous aviez

                    vendu le vase.

Simine : - Ah non ! Pas du tout je l’adorais. Je me demande toujours ce qui a bien pu lui

                arriver à ce vase.

Zakaria : - Je n’ose même pas en parler à ma mère. Si elle savait, elle en ferait toute une

                 histoire. Il faut absolument qu’on le retrouve.

Mohamed (à Sacha) : - Tu vois, ce n’est pas difficile de donner la D.S. à son frère.

Sacha : - Espèce de…

Mohamed : - Fais attention, je peux encore en parler à Maman.

(Silence et regard furieux de Sacha vers Mohamed)

Sacha : - Bon maintenant, tu me la redonnes.

Mohamed : - Je n’ai pas encore fini le niveau 2. Attends encore un peu.

Sacha : - Tu veux que je parle à Papa et Maman de l’histoire de la fenêtre ?

Mohamed : - Ah non ! Tu n’as pas le droit.

Sacha : - J’ai le droit si tu ne me rends pas la D.S.

Simine : - C’est quoi cette histoire de fenêtre ?

Sacha : - Eh ben tu sais Maman, Mohamed il a (Mohamed donne très vite la D.S. à Sacha)…

              il a vu un gros oiseau par la fenêtre. C’était un corbeau je crois.

Simine : - C’est normal, il y a beaucoup de corbeaux dans le quartier.

Mohamed (à Sacha) : - Tu me donnes la D.S.

Sacha : - Non.

Mohamed : - Pour la dernière fois, tu me donnes la D.S.

Sacha : - NON.

(Instant de silence. Mohamed regarde Sacha qui lui fait une grimace)

Mohamed (tout fort à Simine) : - En fait je n’ai pas vu de corbeau par la fenêtre, j’ai juste vu

                                                    Sacha qui jouait au foot dans la maison et qui a cassé le vase

                                                    de Mamie avec le ballon.

(Zakaria freine brusquement. Sacha regarde Mohamed avec beaucoup de colère)

Simine et Zakaria : - QUOI ?!?!

Mohamed : - Oui et après, il a vite pris le balai pour jeter les gros morceaux, et ensuite

                     l’aspirateur pour se débarrasser des petits bouts.

(Sacha est vert de rage)

Simine et Zakaria : - QUOI ?!?!

Sacha : - Bon d’accord j’avoue. Mais aussi Mohamed, je lui avais demandé de m’aider et il

               n’a pas voulu, alors il s’est énervé  et il a tiré dans le ballon et c’est ça qui a cassé la

              fenêtre.

Simine et Zakaria : - QUOI ?!?!

Simine : - Ce n’était donc pas un coup de vent ?

Zakaria : - Quels menteurs ! Et pas un pour rattraper l’autre !

Simine : - Sales gosses !!!

 

LE RESTAURANT

 

(Une famille arrive au restaurant. Décor : deux tables, l’une avec 4 chaise, l’autre avec trois chaises)

 

Serveur-Ilyas : - Bonjour.

Père-Yasser : - Bonjour

Mère-Loryne : - Bonjour. Nous avons réservé une table pour 4 au nom de Léonard.

Serveur-Ilyas : - Ah oui ! Famille Léonard ! Votre table est ici. Installez-vous, je vous amène

                          le menu.

(La famille s’installe)

Père-Yasser : - Alors vous êtes content les enfants ? Un petit restaurant en famille ?

Enfant-Rémy : Oh oui Papa.

Enfant-Sakina : - Oh oui ! On a de la chance.

Loryne : - Attention quand même. Vous prendrez un menu enfant. C’est moins cher.

Yasser : - Oui, votre mère a raison. Restaurant d’accord mais faut quand même pas trop exagérer.

(Le serveur revient avec les menus)

Ilyas : - Voici les menus.

(Trois clients entrent dans le restaurant)

Ilyas : - Bonjour Madame, bonjour messieurs.

Cliente-Rim : - Bonjour. On n’a pas réservé. Est-ce qu’il vous reste une table pour trois ?

Ilyas (regardant autour de lui) : - Oui, j’en ai une, ici. Ça vous ira ?

Client-Rayan : - C’est parfait.

Client-Benjamin : - Impeccable.

(Ils s’assoient)

Rim : - Ouaaahh ! Ça fait du bien quand les vacances arrivent !

Rayan : - Ah oui ! Dix mois de boulot à un rythme fou, ça commençait à faire beaucoup.

Benjamin : - Maintenant resto, après dodo, et ensuite bronzette sur la plage.

Rayan : - Tu vas aller au bord de la mer ?

Benjamin : - Oui, vers Marseille, dans les Calanques. J’ai loué un petit cabanon dans une crique

                  tranquille.

Rayan (à Rim) : - Et toi ?

Rim : - Moi, je vais me reposer comme Ben. Ensuite j’irai randonner en montagne. Je vais

            prendre mon appareil-photo. J’espère photographier quelques chamois. Et toi ?

Rayan : - Moi, ça va être tranquille. A la campagne avec pas mal de livres. J’en ai une dizaine

               à lire.

Benjamin : - Tu vas lire dix livres ?

Rayan : - Au moins huit.

Benjamin : - Je ne sais pas comment tu fais. Moi, les livres, ça m’endort. 

(Retour vers la table de la famille)

Loryne : - Alors qu’est-ce que vous prendrez les enfants ?

Sakina : - Moi, je veux du saumon à l’aneth avec du riz aux petits légumes.

Yasser : - Ah non ! Tu as vu le prix ?

Loryne : - Et en plus ce n’est pas dans le menu enfant !

Sakina : - Mais j’aime pas ce qu’il y a dans le menu-enfant !

Rémy : - Moi j’aime bien le menu-enfant, mais comme dessert, je préfère une banana-split 

               avec un supplément de crème Chantilly.

Yasser : - Rémy ! Ce n’est pas dans le menu enfant. Pour le dessert, tu as le choix entre glaces

                à deux boules et fruit.

Rémy : - Alors je ne prends pas de menu-enfant.

Sakina : - Moi aussi je veux une banana split !

Loryne : - Les enfants ! Ça suffit ! C’est menu-enfant ou rien.

Rémy : - Alors je prends rien.

Sakina : -  Moi non plus, je veux rien.

Yasser : - Mais vous allez arrêter à la fin. On vous offre le restaurant et vous râlez ?

Loryne : - On choisira pour vous.

(Ilyas arrive à la table de la famille pour prendre la
commande
)

Ilyas : - Ces messieurs-dames ont choisi ?

Loryne : - Oui. Je prendrai en entrée une salade gourmande de saumon fumé.

Yasser : - Pour moi ce sera une cassolette de gambas sauce mousseline.

Rémy (à Sakina) : - Tu as vu le prix de leur entrée ? 15 € chacun.

Ilyas : - Et comme plat de résistance ?

Loryne : - Je prendrai une fricassée de volaille à la beaujolaise.

Yasser : - Et moi, un pavé de bœuf sauce morilles.

Sakina (à Rémy) : - Tu as vu le prix de leur plat de résistance ? 17 € chacun.

Loryne : - Et pour nos gamins, on prendra deux menus-enfants avec salade verte, steaks frites

                 et en dessert une glace vanille-fraise.

Rémy : - J’aime pas la fraise.

Sakina : - J’aime pas la vanille.

Ilyas : - Je peux vous proposer d’autres parfums comme pistache, noix de coco, citron ou

             mangue. Mais il y a un supplément de 2 euros.

Rémy : - J’adore la pistache !

Sakina : - J’adore la noix de coco !

Loryne : - Non. C’est trop cher.

Yasser : - On prendra deux boules à la vanille pour Rémy et deux boules à la fraise pour

                 Sakina, comme ça ils seront satisfaits.

Rémy : - Oh non ! C’est les deux mêmes ! J’en veux pas.

Sakina : - Moi non plus.

Rémy : - C’est dégoûtant ce restaurant !

Sakina : - Et steak frites, c’est comme à la maison !

Rémy : - J’préfère aller au McDo.

Sakina : - Et moi au Kebab.   

Loryne : - Mais vous avez fini de râler !

Yasser (un peu énervé) : - On fait quelque chose de différent de d’habitude et vous n’êtes pas

                                          contents.

Sakina : - Steak frites, je vois pas ce qu’il y a de différent avec la maison.

Rémy : - Et de la glace, on en a dans le congélateur. J’veux rentrer à la maison.

Sakina : - Moi aussi, j’en ai assez de ce restaurant.

Yasser (s’énervant) : - Bien puisque c’est comme ça, on s’en va ! Allez vous sortez ! Et le

                                     repas de midi, ce sera enfermés dans votre chambre !!!! (Ils sortent)

Loryne (à Ilyas) : - Désolé. J’aurais bien aimé goûter votre salade gourmande de saumon

                               fumé et votre fricassée de volaille.

(Elle sort. Ilyas hausse les épaules, prend les menus et
va à l’autre table)

Ilyas : - Vous ne prenez pas de menus-enfant au moins ?

Rim : - Non, on a passé l’âge.

Rayan : - Je voulais justement prendre une fricassée de volaille. Et elle n’est pas dans le menu

                enfant, je crois.

Benjamin : - Et, moi j’allais opter pour une glace à deux boules avec pistache et noix de coco.

Ilyas : - Effectivement, le menu-enfant n’est pas approprié. (Il sourit) Je vous écoute…..

 

LA MAISON

 

(La scène se déroule dans une maison de famille. Sont présents deux enfants et leurs parents. Une boîte traîne sur la table, boîte que les enfants reluquent avec intérêt.)

Père-Loïc (au téléphone) : - Comment ? Mais si vous croyez qu’on n’a que ça à faire, vous vous trompez ! … Ce n’est pas possible de les faxer pour qu’on les renvoie de suite ?... Il vous faut nos signatures manuscrites ? … C’est bien la première fois qu’on nous demande une chose pareille… Il faut qu’on soit là d’ici 30 minutes ? … Bon, d’accord on va venir, mais ce n’est pas de gaieté  de cœur, je vous assure. Se payer les embouteillages pour deux malheureuses signatures quand même…

(Il raccroche)

Mère-Soraya : - Qu’est-ce qu’ils voulaient ?

Loïc : - Tu sais, pour les papiers de la maison, ils ont besoin de nos signatures.

Soraya : - Tout de suite ?

Loïc : - Oui. L’agence ferme dans une demi-heure. Ils nous accordent 5 minutes de retard.

Soraya : - Ce n’est pas grave. On ira demain.

Loïc : - Ce n’est pas possible. Le dossier doit être déposé chez le notaire demain matin.

Soraya : - Ils exagèrent quand même !

Loïc : - C’est ce que je leur ai dit.

Soraya : - Bon alors il ne faut pas tarder. Allons-y.

Loïc (regardant les enfants toucher la boîte) : - Les enfants, on sera de retour d’ici une heure.

                                           Regardez la télé mais ne touchez pas à cette boîte, c’est bien clair ?

Enfant-Manon : - Oui Papa.

Enfant-Mohamed-Amine : - Oui Papa, promis.

Soraya : - Et vous êtes bien sages tous les deux !

Manon : - Oui Maman.

M-Amine : - Oui Maman, promis.

Loïc : - A tout à l’heure !

Manon et M-Amine : - A tout à l’heure !

Soraya : - Vite ! Dépêchons-nous !

(Les parents sortent tandis que les enfants s’approchent de la boîte)

M-Amine : - Manon, tu crois qu’il y a quoi dans la boîte ?

Manon : - Je ne sais pas. Papa et Maman ont dit de ne pas la toucher.

M-Amine : - Je ne le touche pas, je regarde.

Manon : - Bon on regarde la télé ?

M-Amine : - D’accord. Il y a des dessins animés sur Disney Channel.

(Ils se dirigent vers la télévision puis s’arrêtent d’un coup)

Manon : - Tu crois qu’il y a quoi dans la boîte ?

M-Amine : - Je ne sais pas. Papa et Maman ont dit de ne pas toucher.

Manon : - C’est pas grave. On refermera après et on ne leur dira pas qu’on a regardé. Ils ne

                 s’en rendront pas compte.

M-Amine : - Bon d’accord, mais on fait attention.

(Ils font demi-tour et s’approchent de la boîte. Ils la regardent longuement, la retourne dans tous les sens)

Manon : - Si on n’a pas le droit de regarder, c’est qu’il doit y avoir des secrets dedans.

M-Amine : - J’aimerais bien savoir ce que c’est.

Manon : - Moi aussi.

M-Amine : - Qui est-ce qui ouvre ?

Manon : - Moi.

M-Amine : - Bon d’accord.

(Manon ouvre délicatement la boîte. Il y a plusieurs photos)

M-Amine : - C’est Maman et Papa quand ils étaient plus jeunes.

Manon : - On ne devait pas être nés.

M-Amine : - Sur celle-là, ils sont trois.

Manon : - Qui c’est ?

M-Amine : - Je ne sais pas.

Manon : - Regarde, M-Amine, il y a quelque chose écrit derrière celle-là.

M-Amine : - Vas-y. Lis.

Manon (lisant) : - « En souvenir de ce bon moment. N’oubliez pas que vous me devez encore 5 000 €.

                           Je tiens à les récupérer. »

M-Amine : - Regarde il y a aussi une lettre !

Manon : - Vas-y. Lis.

M-Amine (lisant) : - « Salut Etienne, ne compte pas sur cet argent. Avec ce que tu nous as fait et tout

                                ce qu’on a perdu. Tes 5000 € ne couvriront qu’à peine tout ce qu’on a dû payer.

                               Bon vent. Signé Loïc. »

Manon : - Oh ! C’est une lettre de Papa !

M-Amine : - Eh ! Regarde cette photo ! C’est Papa qui se bat avec quelqu’un et il y a maman

                 qui essaie de les séparer.

Manon : - Peut-être que le gars avec qui se bat Papa, c’est Etienne ?

M-Amine : - Peut-être.

Manon : - S’ils se sont battus, et s’ils ont eu des problèmes d’argent avec lui, ils ne doivent

                 plus se voir.

M-Amine : - Tu crois que c’était pourquoi ces 5000 € ?

Manon : - Peut-être pour acheter  une voiture de sport. Papa adore les courses de voiture.

M-Amine : - Ouais. Et Etienne lui a volé la voiture. C’était une Ferrari rouge.

Manon : - Oui. Et Papa s’est battu avec Etienne pour récupérer la voiture.

M-Amine : - Oui. Et finalement Papa a éclaté Etienne. Et lui, il a filé avec la voiture.

Manon : - Et notre pauvre papa, il n’a pas pu le rattraper car il court moins vite qu’une Ferrari.

M-Amine : - Et Papa a crié : « Tu verras Etienne, je te retrouverai. Tu me le paieras très cher !

                     Espèce d’escroc ! Voleur !

(Les parents rentrent alors. Les enfants ne les ont pasvus)

Manon (criant) : - Allez ! Approche-toi Etienne ! Viens te battre si tu es un homme !

M-Amine (criant) : - Et tu rends les 5000 € à Papa. Sinon gare à tes fesses !

Manon : - Nous, ses enfants, on va te faire regretter ce que tu as fait !

Loïc : - Manon ! M-Amine !

M-Amine (se retournant) : - Ah ! Vous êtes rentrés ?

Manon (se retournant aussi) : - On ne vous a pas entendus.

Soraya : - On a bien vu.

Loïc (malicieux) : - Et vous n’avez pas touché à la boîte, hein ?

M-Amine : - Euh….

Manon : - Euh… On n’a pas pu s’en empêcher.

Soraya : - Je vois ça.

M-Amine : - Dis Papa, c’est qui Etienne ?

Manon : - Tu t’es battu Papa ?

Soraya : - Je te l’avais dit. On aurait dû ranger cette boîte.

Loïc : - Bon. On a oublié. On est un peu responsables. Bon, les enfants, c’est une vieille histoire qui

           remonte à une dizaine d’années. C’est réglé maintenant. Ne vous inquiétez pas. Venez, je vais

           vous la raconter.

M-Amine : - Ouais !!! Super !!! Et gare à toi, Etienne !!!!

 

LE JARDIN

 

(Deux enfants dans le jardin de leur maison)

Enfant-Imad (à Lucas) : - Mais tu l’as fait exprès ou quoi ?

Lucas (à Imad) : - Mais non ! J’ai juste tiré trop fort !

Imad : - Ah ! C’est malin. Maintenant notre ballon est perdu. Le voisin ne voudra plus nous le

              redonner. Il nous avait averti.

Lucas : - Mais non ! Ne t’inquiète pas. En lui parlant gentiment et en promettant qu’on ne

               recommencera pas, il n’y aura pas de problème.

Imad : - Tu es vraiment optimiste. Ça fait la neuvième fois de l’après-midi que le ballon passe

              de l’autre côté de la haie.

Voisin-Haïtham (voix off- criant) : - ALORS Là ! MAINTENANT, VOTRE BALLON JE LE

               GARDE ! Ça FAIT LA NEUVIEME FOIS QU’IL TOMBE SUR MES FLEURS !

Imad : - En ben voilà ! Je te l’avais dit ! Tu es content maintenant ? Déjà qu’on ne devait plus

              y rejouer quand Papa n’est pas là.

Lucas : - Ne t’inquiète pas ! On va attendre que le voisin soit rentré dans la maison et je vais

               passer de l’autre côté pour récupérer le ballon. Papa n’en saura rien.

Imad : - Je le sens mal.

Lucas : - Mais non. Il n’y aura pas de problème. Tu es toujours pessimiste. Regarde, il a posé

               le ballon à côté de la cabane de jardin.

Imad : - Et toi, tu es inconscient.

(Les deux enfants surveillent le jardin du voisin)

Imad : - On ne pourra pas. Il y a le chien.

Lucas : - Le chien, je le connais. Je lui fais des caresses quand je le croise. Il me laissera

               passer sans problème. C’est mon copain le chien.

Imad : - Je te signale que c’est un berger allemand.

Lucas : - Je le connais je te dis.

Imad : - Eh ben moi, je ne m’y risquerai pas. Fais attention.

Lucas : - Aide-moi au lieu de râler. C’est le moment, il n’y a plus personne, même pas le

               chien.

(Lucas passe par-dessus la haie, aidé par Imad.)

Chien-Haïtham (off) : - Waaahhh ! Waaaah ! Waaaaahhhh !

Lucas (off) : - Aïe ! Aïe ! Il me mord les fesses ! Aïe ! Aïe !

(Lucas bondit par-dessus la haie et revient dans le jardin)

Lucas : - Mais il est enragé ce chien ! Je n’ai pas pu m’approcher du cabanon !

Haïtham (off-criant) : - La prochaine fois que l’un de vous pénètre dans mon jardin, mon

                                      chien, il vous bouffe tout cru. C’est bien compris ?

Imad : - ça va ? Tu n’as pas trop mal ?

Lucas : - Ah si ! Je ne supporte pas qu’on prenne mes fesses pour du beefsteak.

Imad : - Et pas cuit en plus.

Lucas : - Arrête, c’est pas drôle. J’ai mal.

Imad : - Je t’avais prévenu. En tous les cas, ce chien c’est un drôle de copain.

Lucas : - Et le voisin, il est complètement fou.

Imad : - J’espère qu’il n’en parlera pas à Papa.

Lucas : - Tu as raison. Sinon, ça va être notre fête. Plus de ballon et enfermés dans notre

               chambre.

Imad : - Tiens, justement Papa arrive.

Papa-Adil : - Bonsoir les enfants.

Lucas et Imad : - Bonsoir Papa.

Adil : - ça s’est bien passé votre après-midi ?

Lucas et Imad : - Oui Papa.

Adil : - Vous avez été sages ?

Lucas et Imad : - Oui Papa.

Imad : - On a fait nos devoirs.

Lucas : - Et on a lu des livres.

Adil : - Et vous n’avez pas touché au ballon ? Parce que le voisin était en rogne l’autre jour.

Lucas : - Bien sûr que non Papa. Tu nous connais.

Imad : - On n’aurait pas osé après l’histoire de l’autre jour.

Lucas : - On a compris maintenant.

Imad : - On est des enfants obéissants.

Lucas : - On fait ce que tu dis.

Imad : -  On ne veut pas avoir d’ennuis.

Adil : - Pas la peine d’insister sinon je fais finir par croire que vous me cachez quelque chose.

Lucas : - Oh non ! Je t’assure Papa !

(Lucas fait des grimaces parce qu’il a mal)

Adil : - ça va Lucas ? Tu as l’air d’avoir mal.

Lucas : - Non, c’est rien. J’ai glissé de ma chaise en faisant mes maths.

Imad : - C’est vrai. On terminait juste la dernière division.

Adil : - C’est vraiment étonnant de se blesser en faisant des divisions.

(On frappe à la porte. Adil va ouvrir)

Adil : - Ah bonsoir M. Laraj.

(Haïtham entre en furie avec un ballon à la main.)

Haïtham (montrant le ballon) : - Voici l’arme qui a tué trois roses, six bégonias, cinq tulipes

                                                  et sept salades. (montrant les enfants) Et voici les assassins !

(Les enfants filent dans leur chambre)

Adil : - Mais, M. Laraj, on ne va pas recommencer avec l’histoire de l’autre jour. Je vous les

            paierai vos fleurs et vos salades. Je vous l’ai déjà dit.

Haïtham : - Je ne parle pas de l’autre jour, mais de cet après-midi.

Adil : - Ce n’est pas possible. Mes enfants sont restés à l’intérieur. Ils ont fait leurs devoirs et

             lu des livres. Des vrais petits anges.

Haïtham : - Comment des anges ? Des démons plutôt ! C’est cet après-midi qu’ils ont fait de

                  nouveau un jeu de massacre avec les fleurs de mon jardin ! L’un d’eux s’y est

                  même introduit pour récupérer le ballon. Mon chien lui a mordu les fesses.

Adil : - Comment ? Il était au moins vacciné contre la rage votre chien ?

Haïtham : - Oui Monsieur, parfaitement, le chien de M. Laraj est vacciné contre la rage.

Adil (sortant des billets) : - Bon, écoutez M. Laraj, je vous donne 50 € pour les dégâts. Je vais

                                           parler à mes enfants.

Haïtham : - Vous avez intérêt. Sinon ? C’est en barquettes de beefsteak que je vous les

                  ramène vos gosses.

Adil : - Pas la peine d’en arriver là. On trouvera unesolution avant.

Haïtham : - Bonsoir Monsieur. (Il sort)

Adil (en colère) : - LUCAS !!!! IMAD !!!!!

(Les enfants arrivent tout penauds)

Adil : - A PARTIR D’AUJOURD’HUI, GARDERIE LE MATIN ET LE SOIR !

            CENTRE AERE LE MERCREDI ET CHAMBRE LE WEEK-END !

            ET LE BALLON, VOILA CE QUE J’EN FAIS !

(Il lance le ballon le plus loin possible. Celui-ci atterrit dans le jardin du voisin)

Haïtham (off) : - AH NON ! Ça NE VA PAS RECOMMENCER ! ALLEZ MEDOR, ATTAQUE !

 

LE MUSEE

 

(Un enfant et ses deux parents visitent un musée.)

Mère-Simine : - Benjamin, tu as vu comme c’est beau un musée !

Père-Amine : - Il y a plein de belles choses sur les murs. Ce sont des tableaux de grands

                       artistes.

Enfant-Benjamin : - C’est un peu bizarre quand même.

Amine : - Comment ça bizarre ?

Benjamin : - Les bonhommes sont bizarres sur les dessins.

Simine : - Ce ne sont pas des dessins, mais des tableaux peints à la peinture.

Amine : - Ce sont des gens très connus qui les ont peints.

Benjamin : - Ils s’appellent comment ?

Amine : - Picasso, Magritte, …

Benjamin : - Ce n’est pas très connu. Moi je connais Justin Bieber, Lionel Messi, Cristiano

                    Ronaldo, Franck Ribéry.

Simine : - Mais eux, ils ne font pas de peinture.

Amine : - Tu es encore jeune. Tu comprendras plus tard.

Benjamin : - En tous les cas, c’est bizarre ce qu’ils font.

(Un groupe arrive suivant une guide du musée. Le groupe s’arrête devant un tableau de Pablo Picasso)

Guide-Anita (au groupe) : - Nous voici devantune toile de Pablo Picasso.

Amine : - Venez, on va suivre le groupe et toi, Ben, tu pourras écouter et mieux comprendre.

(Ils se collent au groupe)

Anita : - Voici le portrait de Marie-Thérèse peint par Pablo Picasso…

Benjamin : - Elle est moche Marie-Thérèse !

(Tout le monde se retourne vers Benjamin)

Simine : - Mais tais-toi donc. Ecoute sans rien dire.

Amine : - Ta mère a raison. Il faut juste écouter. Malheureusement, ici, on ne peut pas faire de

               commentaires n’importe comment.

Anita : - Pablo Picasso a rencontré Marie-Thérèse Walter en 1927 alors qu’elle n’avait que

              17 ans.

Benjamin : - Elle fait vieille pour 17 ans !

(Tout le monde se retourne, agacé)

Visiteur 1 - Rayan : - Que c’est agaçant les enfants !

Visiteur 2 – Manon : - Toujours à répondre à tort et à travers. 

Visiteur 3 – Loïc : - Et ses parents ne disent rien !

Visiteur 4 – Nada : - A croire qu’ils en sont fiers.

Anita : - Je demanderai aux parents de ce jeune enfant de bien vouloir intervenir auprès de lui

              pour ne pas gêner la visite. Merci d’avance.

Simine : - Tu as vu, tu déranges la visite. Alors tais-toi.

Benjamin : C’est dur de ne rien dire.

Amine : - Je sais. Mais fais quand même un effort.

Anita : - Marie-Thérèse sera longtemps un symbole de beauté pour le peintre.

Benjamin : - Il n’a vraiment pas de goût le peintre. Tu parles : une fille avec des yeux bizarres

                    et un gros nez. Il aurait pu trouver mieux.

(Tout le monde se retourne encore)

Anita (haussant la voix) : - Une nouvelle fois je demande aux parents de ne plus laisser leur

                      enfant gêner la visite ou je serai dans l’obligation de les faire quitter le groupe.

Amine : - Bon maintenant tu arrêtes une bonne fois pour toutes. Je comprends que tu aies

                envie de faire des commentaires mais là ce n’est malheureusement pas possible.

Benjamin : - D’accord Papa.

(Pendant la dispute qui va suivre, Benjamin s’écarte du groupe et va voir les autres tableaux. Il veut les toucher, mais un gardien le surveille de près et intervient à chaque qu’il approche sa main d’un tableau)

Rayan : - ça devient insupportable !

Loïc : - On n’a pas payé pour entendre un enfant déblatérer n’importe quoi !

Manon : - Quel manque d’éducation !

Nada (à Amine) : - Un musée, ça se respecte, Monsieur.

Amine (à Nada) : - Je vous en prie, Madame. Les musées sont à tout le monde, même aux

                               enfants.

Nada : - A condition qu’ils se taisent !

Simine : - Les enfants ont le droit de dire ce qu’ils pensent, Madame !

Amine : - Oui, on est en démocratie !

Loïc : - Ce n’est pas une raison pour gêner tout le monde et nous gâcher notre plaisir !

Amine : - Eh bien mon plaisir, c’est de laisser mon enfant dire ce qu’il pense !

Nada : - Si vous voulez qu’il parle, faites la visite en dehors du groupe !

Amine : - Eh ben justement, c’est ce qu’on va faire, pour ne pas déranger une bande

                d’incapables qui ne comprennent rien aux enfants !

Loïc : - Incapables vous-mêmes ! Vous devriez mieux éduquer votre enfant !

Simine : - Oh ! Ecoutez-le celui-là ! Il a une tête à ne pas avoir d’enfant et à vouloir donner

                des leçons d’éducation à tout le monde !

Rayan : - Mais pour qui elle se prend celle-là ?

Amine : - Celle-là, c’est ma femme et je n’aime pas qu’on dise du mal de ma femme ! Vous

                avez compris ?

Rayan : - Je n’ai rien à comprendre de quelqu’un qui se moque des musées !

Amine : - Mais il me cherche ce type ! Il va voir de quoi je suis capable !

(S’en suit une bousculade où tout le monde se pousse et parle fort. Pendant ce temps-là, Benjamin se cache derrière les tableaux, poursuivi par le gardien qui n’en peut plus de ce garçonnet. Finalement,
Benjamin sort du musée
. La bousculade s’arrête. Les visiteurs énervés s’apprêtent à quitter le musée)

Manon (énervée) : - Ah ! Quelle visite ! Je m’en souviendrai !

Loïc (énervé) : - C’est sûr ! Je ne mettrai plus jamais les pieds ici !

Nada (énervée) : - Ce n’est pas un musée, c’est une basse-cour !

Rayan (énervé) : - Et dire qu’on paie des impôts pour ça !

Anita (énervée) : - Jamais je n’ai connu un tel cirque en dix ans de travail !

(Ils sortent tous. Seuls restent Amine, Simine et Zakaria)

Simine : - Benjamin ?

Amine : - Benjamin ? Où es-tu ?

(Zakaria s’approche d’eux)

Zakaria : - Il est sorti pendant la bagarre générale.

Simine : - Il est sorti ?

Amine : - Vite ! Allons le chercher !

(Ils sortent précipitamment)

Zakaria (au public) : - Tout ça pour un gosse !

 

Photo Bien Public / René Gauthey 

 

Article du Bien Public du 6 juillet 2012

Lien direct : Article BP du 06 07 2012


24/10/2012
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