Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

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Culture générale

 Des articles inclassables dans les autres catégories, une sorte de bric-à-brac de tout et de rien qui font partie de la culture générale....


Histoire de Besançon et de sa citadelle

Citadelle de Besançon

 

 

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En Bourgogne Franche-Comté, tout le monde ou presque connaît la forteresse de Besançon. Beaucoup y sont allés au moins une fois. C’est un haut lieu du tourisme régional.

 

 

VAUBAN

 

 

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La Citadelle a été construite de 1668 à 1683, d’abord par les espagnols puis par les français sous la direction de Vauban.  

Pour ce chef d’œuvre d’architecture militaire, Sébastien Le Prestre Vauban en fut le maître d’œuvre. C’est un ingénieur du roi Louis XIV, nommé en 1678 Commissaire  général des Fortifications de France. C’est un talentueux spécialiste de la poliorcétique, la technique du siège militaire, aussi bien celle de la défense que celle de l'attaque (du grec poliorketikos, qui désigne ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes, ou l'art et la technique du siège).

Ce grand homme du 17ème siècle a conçu et codifié une méthode de siège des places fortes en étudiant leur environnement pour en tirer les meilleures opportunités et, en conséquence, bâtir des forteresses idéalement conçues.

Sur l’ensemble de son existence, 130 places fortes ont vu le jour en France comme à l’étranger (au Luxembourg par exemple avec les casemates du Rocher du Bock). Il a participé à 48 sièges de ville et a été 7 fois blessé.

Au XIXème siècle, sa renommée est même devenue un dicton populaire : 

« Ville assiégée par Vauban, ville prise : ville défendue par Vauban, ville imprenable ».

C’est aussi à Vauban qu’on doit l’expression  de pré carré, une stratégie qui consiste à abandonner certaines places et se concentrer sur des places fortes en deux lignes de défense, le long des frontières du royaume, le fameux « Pré Carré ».

Vauban est décédé à l’âge de 74 ans après avoir été nommé maréchal de France quelques mois avant.

Son traité des sièges sur l’attaque et la défense des places de guerre (1704), resté secret, sera finalement publié en 1737 pour une édition posthume appelée « Traité d’attaque des places ».

 

Pour en revenir sur la Citadelle de Besançon, c’est une forteresse qui s’étend sur 11 hectares et qui dominent de 100 mètres de hauteur la vieille ville et les méandres du Doubs. Elle fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis juillet 2008.

Chaque année, elle accueille entre 250 .000 et 300.000 visiteurs.

 

 

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HISTOIRE DU MONT SAINT-ETIENNE

 

La couche sédimentaire originelle date de 170 millions d’années, issue d’une mer peu profonde.

La structure géologique qui soutient la citadelle date de la fin du Tertiaire au moment d’un plissement de la roche, il y a 10 millions d’années.

 

L’ancienne Vesontio, une  ville celte, s’est installée au bord de la rivière. Jules César s’est est emparé en 58 avant JC pour ne pas qu’elle tombe aux mains du chef de guerre germain Arioviste. L’occupation qui va suivre va couvrir la ville de monuments. Le sommet de la colline est alors pourvu d’une voie romaine et de premières fortifications.

 

Durant le haut Moyen-âge, des édifices religieux sont bâtis sur le flanc dont l’église métropolitaine Saint-Etienne. La ville se replie alors au pied du mont qui prend le nom de l’église. Le sommet de l’enceinte fortifiée reste encore vide excepté 4 colonnes romaines. Ces quatre colonnes se retrouvent sur les armoiries actuelles de la ville de Besançon.

Le mont, lui,  est voué à l’agriculture.

 

 

Blason_ville_fr_Besançon_(Doubs).svg.png Armoiries de Besançon

 

 

Besançon 01.jpg

 

 

A la Renaissance, la ville basse se pare de palais autant publics que privés. Ce sont de belles demeures de marchands qui se sont enrichis et de ce qui reste des grandes familles nobles issues du système féodal.

Charles Quint, empereur, roi d’Espagne, comte de Bourgogne et maître de la cité, renforce les défenses de la ville, l’enceinte de la rive droite et améliore les entrées.

Sur le mont Saint-Etienne l’ancienne muraille est consolidée, modernisée et garnie de tours.

La ville qui était une cité impériale libre depuis 500 ans passe sous la coupe du Roi d’Espagne en 1664, malgré l’opposition des bisontins qui ne voulaient pas appartenir à la Franche-Comté espagnole.

L’idée de fortifier le mont-Saint-Etienne, déjà émise en 1582, devient une priorité.

 

La guerre de Dévolution de la couronne d’Espagne (1667-1668) est l’occasion pour le jeune Louis XIV d’agrandir le royaume à l’est.

Le 8 février 1668, Condé, sur ordre du roi de France, pénètre avec ses troupes dans la ville. Le Magistrat de la Ville (conseil municipal de l’époque) capitule sans combattre.

Quinze jours plus tard, Louis XIV demande à Louvois d’envoyer à Besançon un jeune ingénieur du nom de Sébastien Le Preste, sieur de Vauban pour dresser les plans d’une future citadelle. Le projet ne prendra pas corps car le 2 mai de cette année, le traité d’Aix-la-Chapelle rend la Franche-Comté à l’Espagne et le 10 juin, les troupes françaises quittent Besançon.

 

 

2-mai-1668-Trait--de-paix-Aix-la-Chapelle-documents 02.jpg

Traité d'Aix-la-Chapelle en 1668

 

 

Les espagnols reprennent cette idée de fortifications qu’ils veulent mettre en place autant à Besançon, qu’à Dole et Gray. Dans la cité bisontine, la première pierre est posée le 9 septembre 1668. Les espagnols n’auront pas le temps d’avancer beaucoup plus vite dans la construction, juste quelques renforcements de remparts, pas très hauts.

 

 

Besançon 05.jpgSiège de Besançon par Louis XIV en 1674

 

 

Les troupes françaises se lancent de nouveau à l’assaut de la Franche-Comté et sa ville phare.

Lors de cette seconde conquête à partir de février 1674, trois armées françaises convergent vers Besançon. Dans l’une d’elles se trouve Vauban lui-même. Louis XIV arrive le 2 mai de cette année-là et prend le commandement du siège de Besançon. La ville tombe le 15. Le siège de la citadelle commence alors. Ce seront des combats sanglants avec beaucoup de résistance sous la houlette du Prince de Vaudémont. C’est une lutte acharnée. L’assaut final est lancé le 20 mai. Le 22, la capitulation est signée.

Le roi de France confie alors à Vauban la mission de rendre la Citadelle et la ville imprenables. C’est le début de l’histoire de cette bâtisse militaire qui a depuis traversé les siècles jusqu’à nos jours.

 

 

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Citadelle - Gravure de 1710

 

 

LA CONSTRUCTION DE LA CITADELLE

 

De 1675 à 1695, Vauban reconstruit l’ensemble de l’enceinte urbaine de Besançon, ce qui inclue la Citadelle, la boucle du Doubs et la défense des quartiers Battant et Charmont.

Pour compléter la future Citadelle, il est édifié une seconde place forte qui lui fera face. Elle est appelée aujourd’hui Fort Griffon.

Plusieurs lieux ont été envisagés pour l’édification de la Citadelle. Finalement Vauban arrive à convaincre Louis XIV et Louvois de l’intérêt du mont Saint-Etienne. Il reprend son projet initial. Fort de son expérience du siège de la ville, il fait bâtir une Citadelle complexe, notamment côté sud la partie la plus vulnérable.

Il vient régulièrement à Besançon pour suivre l’avancée des travaux. Dans ses rapports on trouvera trace des difficultés pour faire respecter les consignes et les délais.

De nombreux corps de métiers vont intervenir sur le chantier : charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierres, laviers (fabrication de toits en pierre de lave)…

Le défi est relevé en moins de huit ans.

 

 

 

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LA CITADELLE MAINTENANT

 

A présent, la Citadelle est vouée au tourisme. Elle a été aménagée en plusieurs parties dont un zoo, des musées de toutes sortes (musée de la Résistance et de la Déportation, musée de la vie comtoise, insectarium, noctarium, aquarium, etc…). Le tout est régulièrement animé par des événements culturels qui donnent vie à la Citadelle : expositions temporaires, spectacles, toute une programmation culturelle à découvrir sur le site Internet de la Citadelle. 

 

La promenade sur les chemins de ronde côté roi et côté reine permet de découvrir en version panoramique la ville basse et les paysages magnifiques autour des boucles du Doubs, des vues splendides au demeurant qui expliquent pourquoi cette forteresse était quasi imprenable.

 

La Citadelle a  été aménagée pour faire en sorte qu’on puisse passer de longues heures à l’intérieur et toujours y découvrir quelque chose.

Ce lieu de guerre et de mort est devenu un centre d’art et de connaissance.

 

Pour y accéder, il est possible de monter en bus, en voiture ou en petit train touristique, mais le plus agréable est de monter à pied pour découvrir la vieille ville et sa fameuse église Saint-Etienne, les vestiges romains. On peut aussi se balader jusqu’au Pont Battant et profiter de l’aménagement des rives au bord du Doubs.

Besançon et sa Citadelle sont à découvrir absolument, en prenant le temps de flâner et se laisser emporter dans le tourbillon de l’histoire, aussi dans les lignes audacieuses de l’architecture contemporaine (Cité des Arts).

Peut-être que sans le savoir, sans que vous ne le voyiez, le fantôme de Vauban ne sera pas loin de vous.

 

 

 

 

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D'après "Universelle Citadelle", le petit livret de Pascal Schultz et Adeline Pasteur

Editions Citadelle patrimoine Mondial 2013

Imprimé en juin 2013 - Dépôt légal 3ème trimestre 2013

Imprimé à Ornans - Presses Simon Graphic

ISBN 978-2-9541505-2-9


03/08/2017
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L'univers, ses étoiles, les planètes et les exoplanètes

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Le ciel a toujours fasciné les humains, cet infini souvent incompréhensible, source d’admiration, de rêverie, d'imagination ou de terreur.

Les humains l’ont observé depuis la nuit des temps, avec leurs yeux d’abord, puis avec des lunettes et des téléscopes de plus en plus grands jusqu’à même en envoyer dans l’espace pour observer encore plus loin.

 

Très tôt, depuis les philosophes grecs (Thalès de Milet, Anaxagore, Anaximandre, etc), les scientifiques et les penseurs ont eu des intuitions qui se sont avérées justes de longs siècles plus tard quand on a eu les moyens techniques de les vérifier. La matière est composée d’atomes, le soleil est une étoile, la Terre ne repose sur rien.

 

"Il y a un seul espace universel, une seule et vaste immensité que nous pouvons librement appeler Vie : en icelui sont d'innombrables globes pareils à celui sur lequel nous vivons et croissons."

Ces paroles pourtant si sensées ont été prononcées par Giordano Bruno (1548-1600), un homme lettré, professeur de philosophie et lecteur dans les universités françaises et italiennes. On aurait pu l'appeler un libre-penseur. Malheureusement pour lui, il a vécu au XVIème (16ème) siècle et ses propos lui ont valu beaucoup d'ennemis, notamment au sein de l'Eglise. Il aurait pu sauver sa vie en reniant les théories qu'il avançait . Mais il a refusé. Il a passé huit ans en prison puis a été condamné à mort par l'Inquisition et exécuté. Il est mort sur le bûcher de la place Campo de' Fiori à Rome le 17 février 1600. C'était un philosophe que l'histoire reconnaîtra comme ayant eu le mérite d'affirmer que notre monde n'était pas unique en son genre. 

 

 

 

 

Giordano Bruno.jpg Giordano Bruno

 

 

 

 

A partir de la Renaissance, les savants qui ont osé affronter les « vérités » de l’Eglise savaient que les forces qui gouvernent la matière dans l’univers étaient les mêmes sur la Terre et dans le ciel. Galilée et Newton, entre autres, nous ont apporté ce savoir. Galilée aussi faillit être condamné à mort comme Giordano Bruno, mais il renia ses affirmations devant le tribunal de l'Inquisition pour sauver sa vie. De toute évidence, malgré le fait qu'il ait été vaincu , il n'a pas été convaincu. Une de ses phrases dit à elle-seule sa conviction : "Eppur si muove!" ("Et pourtant, elle tourne !)"

 

 

 

Galilée.jpg Galilée

 

 

 

 

Plus tard, Darwin étudia l’évolution biologique à partir de cellules primitives jusqu’aux organismes des plus complexes, mettant en avant l’importance de la dimension du temps dans la construction du monde.

 

 

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Nous avons appris jusqu’à preuve du contraire, qu’à partir du Big Bang (cette immense mouvement violent et très rapide à l’origine de l’expansion de l’univers il y a environ 14 milliards d’années), l’espace tel que nous le connaissons s’est développé et poursuit son évolution. Les vérités d’aujourd’hui ne seront pas forcément celles de demain.

 

D'autre articles viendront prochainement compléter celui-ci sur le système solaire, l'univers, les étoiles, les planètes, les exoplanètes, les pulsar, les trous noirs etc...

 

 

 

Lien avec des articles sur ce thème :

Livre / "Voyage dans le Cosmos - Les exoplanètes" - Arturo Quirantes Sierra

Le système solaire, le soleil et ses planètes

Tableau comparatif des planètes du système solaire

Henri Darcy, ingénieur Pont et Chaussées, concepteur du réseau d'eau potable de la ville de Dijon - 1840

 


20/07/2017
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Livre / "Voyage dans le Cosmos - Les exoplanètes" - Arturo Quirantes Sierra

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Voyage dans le Cosmos

EXOPLANETES

D’autres planètes en orbite autour d’autres étoiles

Une collection présentée par Hubert Reeves

Texte original espagnol d’Arturo Quirantes Sierra,

professeur de physique à l'université de de Grenade (Espagne)

Traduction : Alice Gallori

Editions RBA – 2017

 

Nombreux sont les humains se questionnant sur le Cosmos, sur cet espace immense, au-delà du visible et qui suscite l’imaginaire.

Nombreuses sont les questions sur cet espace extraordinaire (au sens propre du terme, au-delà de l’ordinaire). Ces questions multiples trouvent leur point ultime dans celle qui interroge la plupart d’entre nous : y a-t-il une vie ailleurs que sur la planète Terre ?

 

Les textes scientifiques sont très complexes, s’appuyant sur l’analyse de gaz aux noms imprononçables, sur des ondes électromagnétiques et tous les supports de connaissance très pointue qui permettent de savoir l’existence d’une planète avant même de l’avoir vue ou aperçue.

 

Le journal Le Monde a eu l’heureuse idée de rendre abordable un domaine à l’approche pourtant difficile, l’astronomie. Cette collection dirigée par Hubert Reeves, grand scientifique devant l’éternel, permet une vulgarisation riche sans être simpliste en y intégrant l’histoire et les hommes qui ont marqué de leurs empreintes l’évolution de cette science.

 

Dans l’ouvrage consacré aux exoplanètes (les planètes qui tournent en orbite autour d’autres étoiles que le soleil), nous partons à la découverte de notre univers d’abord, le soleil  et ses planètes, aussi les planètes dites naines car, au vu des découvertes récentes, elles ne correspondent plus à la définition d’une planète (Pluton par exemple).

Puis notre voyage se poursuit au-delà du visible, vers les étoiles lointaines et ces autres mondes planétaires, plus de deux mille déjà découverts à ce jour. Nous apprenons comment l’évolution des techniques et du matériel d’observation permet d’aller de plus en plus dans ce cosmos décidément très peuplé d’objets célestes. Chaque découvert amène à des questions supplémentaires, aussi à des compréhensions plus affinées sur notre monde.

 

 

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Des mots savants nous deviennent familiers : planètes naines, sous-naine brune, pulsar, trou noir. Le propos s’appuie sur des théories et des recherches complexes mais qui, ici, deviennent beaucoup faciles à comprendre.

 

In fine, l’ouvrage aborde évidemment la question de la vie extraterrestre et les questionnements que cela suppose. Pas question de martiens, de bonhommes verts aux antennes télescopiques. Nous ne sommes pas dans un film de science-fiction. Nous sommes bien dans la réalité observée, calculée, anticipée par les mathématiques et la physique.

 

Vous ne trouverez pas de réponses définitives à cette question, seulement des éléments de réponses issus des recherches en cours. Car, l’idée de la vie extraterrestre n’est pas seulement de savoir s’il existe dans l’univers d’autres formes intelligentes de vie, c’est aussi une question primordiale pour l’avenir de l’humanité dans l’hypothèse d’une colonisation d’autres planètes habitables pour l’humain. Notre petit temps de vie sur terre (une centaine d’années pour un individu, quelques petits millions d’années pour l’humanité) se confronte alors à l’immensité du temps spatial qui, lui, se compte en milliards d’années.

 

Nous sommes là dans un voyage extraordinaire qui se lit comme un roman avec sa genèse, ses péripéties, ses obstacles, ses espoirs et ses mystères.

 

Un livre à découvrir absolument.

 

 

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23/07/2017
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Le système solaire, le soleil et ses planètes

Le système solaire

Le soleil et ses planètes

 

Système solaire avec Pluton.jpg

 

 

 

Notre système solaire est composé d’une étoile (le soleil) autour de laquelle tournent en orbite plusieurs planètes (8 ou 9, selon ou non la nouvelle définition d’une planète).

 

De la plus proche à la plus éloignée de l’astre solaire, nous trouvons Mercure, puis Vénus, la Terre et Mars. Ces quatre planètes sont considérées comme des planètes dites internes parce qu’elles appartiennent au système solaire interne.

 

Puis plus loin, nous trouvons Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Elles sont considérées comme des planètes dites externes car elles appartiennent au système solaire externe, le plus éloigné de l’astre solaire.

 

Pluton, longtemps considérée comme une planète, a été déclassée, de par sa petite taille et son éloignement, après les découvertes de nouvelles planètes, exoplanètes (planètes tournant autour d'une autre étoile que le soleil) et satellites.

 

Elle avait été découverte en 1930 par un astronome américain du nom de Clyde Tombaught (1906-1997) qui avait poursuivi les recherches de Percival Lowell (1855-1916). Ce dernier était un riche homme d’affaires passionné d’astronomie. Il cherchait une planète qui serait à l’origine d’anomalies dans l’orbite de Neptune.

La découverte de Pluton par Clyde Tombaught a eu lieu la même année que la création d’un personnage de dessin animé de Walt Dysney qui prit son nom : Pluto, le chien dans Mickey,  un des héros des enfants aux USA.

Pluton est la dénomination d’un dieu de la mythologie romaine qui, en plus, reprenait les initiales de Percival Lowell.

 

 

Système solaire avec Pluton 03.png

 

 

C’est pourquoi aux Etats-Unis, la déclassification de Pluton n’a pas du tout été appréciée et généralement Pluton y est toujours considérée comme une planète.

Pourtant, au début des années 2000, le muséum d’histoire naturelle de New-York, lors d’une exposition sur le système solaire, à la grande surprise des visiteurs, a supprimé Pluton de la liste des planètes, et l'a considérée comme une planète naine, l’expliquant par les nouvelles découvertes sur les astres et les exoplanètes.

 

 

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Les planètes naines potentielles du système solaire

 

 

 

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Planètes naines

 

 

En résumé, on peut dire que le système solaire est composé d’une étoile (le soleil) et de 8 planètes en orbite autour d’elle, également un ensemble de planètes naines de la taille de Pluton, situées pour la plupart dans la ceinture externe la plus éloignée du soleil.

Le temps de révolution autour du soleil dépend de la distance par rapport à lui (plus l’astre est éloigné, plus il met de temps). Il dépend aussi de la masse de la planète et de sa vitesse.

Par exemple, Mercure met environ 88 jours terrestres pour faire le tour du soleil, la Terre un peu plus éloignée, en met 365 plus 6 heures, Jupiter quant à elle met environ 12 années terrestres pour une seule révolution et Saturne 30 années terrestres.

 

De la même façon, plus la planète est lointaine et moins au contact des rayons solaires, plus elle est froide. Par exemple, Mercure, la plus proche, a une température de 430° le jour (-173° la nuit). Sur Terre, la température moyenne est de 15°. A l’inverse, au fin fond de l’Univers, Jupiter à une température de -120° le jour et Saturne, une température moyenne de -150°.

 

 

 

 

Pour conclure sur notre système solaire, revenons à l’année terrestre. Rappelons que notre planète tourne autour du soleil en 365 jours et 6 heures.

Ainsi, au début d’un cycle de 4 ans, si on respectait à la lettre, à la seconde, le mouvement de notre astre, on devrait fêter le nouvel an à 6 heures du matin et modifier notre heure, minuit commençant donc à 6 heures. Mais cela poserait d’innombrables problèmes techniques et surtout de compréhension des valeurs du jour et de la nuit. De quoi devenir fou. De même la seconde année, le nouvel an aurait lieu à midi et la troisième année à 18 heures puisque chaque année, en plus des 365 jours, il y aurait un nouveau décalage de 6 heures.

Aussi pour simplifier la tâche, les humains ont créé  l’année bissextile tous les quatre ans.

On ne tient jamais compte des 6 heures supplémentaires au moment du nouvel an. Simplement tous les quatre ans, on les rassemble dans un jour supplémentaire (6h x 4 = 24 heures soit une journée). C’est le fameux jour rajouté au deuxième mois de l'année, le 29 février qui n’apparaît alors qu’une année sur quatre, ramenant de fait le compte des jours et des heures à zéro. De la sorte, le cycle reprend sans discontinuer. Nous retombons sur nos pieds en restant dans la capacité de maîtriser le temps. 

 

 

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20/07/2017
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Qu'est-ce qu'une étoile ? Qu'est-ce qu'une planète ?

Qu’est-ce qu’une planète ? Qu’est-ce qu’une étoile ?

 

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Cela semble être une question d‘une grande banalité. Pourtant depuis la découverte de plusieurs corps célestes semblables à Pluton, le mode de classification a été modifié et la question a pris un nouveau sens. 

 

Le mot « planète »  vient du grec ancien qui signifie « vagabond », « errant ».

Les romains ensuite ont nommé les planètes du nom de leurs dieux. Il en est ainsi de Mercure (le messager), Vénus (déesse de la beauté) ou Saturne (le seigneur du temps).

Les cieux, sources de présages (souvent mauvais), sont longtemps restés impénétrables et ce jusqu’à 1609 quand Galilée, astronome italien, a observé Jupiter avec une lunette.

A sa grande surprise, il a découvert que des corps célestes tournaient autour, ceux qu’on appellera plus tard  les satellites galiléens. L’astronome s’intéressa aussi à Saturne et ses anneaux. De ces découvertes, on comprit alors que le ciel était bien plus peuplé qu’on ne l’imaginait.

 

 

NICOLAS copernic.jpg

 

 

Déjà, dés 1543, la théorie héliocentrique de l’astronome polonais Nicolas Copernic avait mis en avant que le Soleil était au centre de l’univers et les planètes comme la Terre tournaient autour de lui.

En 1781, un astronome anglais d’origine allemande, William Herschel (1738-1822), a découvert une nouvelle planète qu’il nomma Uranus. C’était la septième dans l’ordre des découvertes avant la huitième, Neptune, dont on avait prédit l’existence, par un astronome français Urbain le Verrier (1811-1877) et un anglais John Couch Adams (1819-1892).

Neptune fut détectée pour la première fois en 1846.

 

 

Pluton Planète naine.jpg    Pluton, planète naine

 

 

 

 

La neuvième, Pluton, fut découverte en 1930 (voir son histoire dans l’article : Le système solaire, le soleil et ses planètes).

Le premier jour du XIXème (19ème) siècle, un astronome italien du nom de Giuseppe Piazzi a détecté, gravitant entre les orbites de mars et Jupiter, un petit corps céleste appelé aujourd’hui Cérès.

En moins de dix ans, on repéra trois corps similaires, Pallas, Vesta et Junon.

 

Le nombre de planètes découvertes augmenta rapidement. 10 au début de l’année 1850 à 57 dix ans plus tard, puis 463 au début du XXème (20ème) siècle.

Le plus grand de tous, Cérès, fait la taille de la péninsule ibérique (Espagne et Portugal).

En 1802, Herschel les appela des astéroïdes, ce qui signifie « en forme d’étoile ». Le nom est resté.

Pluton considérée comme une planète pendant très longtemps est plus proche des tailles de ces corps célestes que les grandes planètes de notre univers, 30 fois inférieure à celle de Mercure par exemple qui n’est pourtant pas d’une masse considérable. De plus, elle est plus petite que sept satellites d’autres planètes du système solaire. Par ailleurs, pour ajouter à sa particularité, son orbite atypique, tellement excentrique, croise celle de Neptune.

En 1978, des astrophysiciens lui ont même découvert un satellite faisant au moins la moitié de sa taille, ce qui est considérable pour un satellite.

En bref, s’est posée la question de savoir si on pouvait toujours considérer Pluton comme une planète.

La découverte de planètes naines en 2003 (Hauméa et Sedna) et en 2005 (Eris) a relancé le débat sur la définition de ce qu’est une planète et de savoir si Pluton en est une.

 

La définition adoptée pour définir une planète est qu’un corps céleste peut être appelé ainsi si :

1/ il est en orbite autour du soleil.

2/ il a une masse suffisante pour se tenir en équilibre hydrostatique (avoir assez de gravité pour prendre une forme sphérique).

3/ Il a éliminé les autres corps sur son orbite (avec une gravité suffisante pour attirer ou expulser les autres corps à proximité).

 

D’après ces nouvelles règles, des corps comme Pluton, Eris et Cérès ne remplissant pas la troisième condition devaient être considérées comme planètes naines. Voilà pourquoi Pluton a disparu de la liste des fameuses neuf planètes du système solaire.

 

La notion même de planètes naines a été et est toujours âprement discuté.

L’UAI (Union Astronomique Internationale) a classé certains comme planètes naines (comme Pluton) tandis que Cérès est resté classé comme astéroïde.

Autre grande question des astronomes : Quelles est la différence entre une planète et une étoile ?

Classiquement, on estime, dans notre système solaire, que le Soleil émet sa propre lumière (masse gazeuse en fusion) et que les planètes ne font que refléter la sienne. Pourtant les choses ne sont pas aussi claires.

 

 

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La lumière du soleil provient d’une réaction thermonucléaire suite à une fusion de son hydrogène. Mais toutes les étoiles n’ont pas cette capacité comme les naines brunes qui n’ont pas la masse suffisante pour obtenir une réaction thermonucléaire.

 

Côté planètes, le problème est le même, notamment concernant les géantes gazeuses comme Jupiter qui, si elle possédait assez d’un certain gaz empilé à sa surface (le deutérium), elle pourrait produire une fusion et une réaction thermonucléaire. Elle deviendrait alors une étoile.

 

En fait rien n’est simple, d’autant plus que la découverte de nombreuses exoplanètes (planètes tournant autour d’une autre étoile que le soleil), plus de 2000 à ce jour, montre une multiplicité d’origines de ces corps célestes, certains difficilement classables entre planète et étoile.

De plus, les découvertes récentes ont montré l’existence de planètes sans orbite qui errent dans l’espace, aussi des planètes qui modifient leur orbite.

Sur le temps spatial, rien n’est figé.

 

L’UAI a donc fixé la règle suivante :

1/ Si un corps céleste est en orbite autour d’une étoile (ou des restes d’étoiles comme un pulsar ou un trou noir), c’est une planète quelques soient son origine et sa formation.

2/ Si l’objet se déplace librement dans l’espace, il est considéré comme une sous-naine brune.

 

D’après cette définition, si Jupiter sortait de son orbite, elle deviendrait une sous-naine brune.

 

Il faut encore attendre que des sondes puissent accéder plus loin dans l’espace pour récupérer d‘autres informations sur la composition des corps célestes, leur composition et leur structure. Alors peut-être pourra-t-on les classer sans hésitation.

Pour le moment, les « chasseurs de l’espace » se concentrent sur ce qu’ils ont découvert et il y a déjà beaucoup de travail. 

 

 

Nebulosa Cabeça de Cavalo infravermelho.jpg 

 

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21/07/2017
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Mille ans d'évolution de l'Europe en accéléré

 

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L'Europe n'a pas toujours ressemblé à ce qu'elle est aujourd'hui.

On croit souvent que le temps de notre vie (long pour nous, court à l'échelle de l'histoire) fige les territoires, les choses et les gens comme une éternité.

 

Le plus souvent, ce n'est qu'un épisode tout petit de la longue histoire de la Terre.

La vidéo qui suit montre justement comment l'Europe et l'idée qu'on s'en fait ne sont qu'une succession de changements, une évolution permanente en fonction des guerres, des mouvements de population. 

 

Dans la réalité, la France éternelle, l'Europe éternelle, le Terre éternelle, cela n'existe pas.

Le monde est en perpétuel changement et nous, dans tout ça, nous vivons un moment de cette évolution et nous y participons par nos manières de vivre.

 

Place maintenant à la vidéo !

 

 


11/03/2017
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Le mythe de Thésée et du Minotaure

Thésée et le Minotaure

Un grand mythe de la Grèce Antique

 

 

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 Dessin de Mauro de Luca, extrait de la BD "Sagesse des mythes -Thésée et le Minotaure" de Luc Ferry

 

L’histoire légendaire de Thésée est captivante à plus d'un titre, notamment parce qu'elle représente un des fondements de la démocratie dans la Grèce Antique. Comme Ulysse, Thésée est un héros lumineux pour lequel la vie belle va de pair avec la justice, une harmonie de soi qui accompagne une harmonie avec le monde. C’est pourquoi Thésée comme Ulysse, même s’ils ne sont que des héros de légende, sont considérés comme les pères fondateurs de la démocratie grecque. La mythologie qui raconte les histoires de Thésée ou d’Ulysse est à la base de la philosophie grecque antique. A la différence des philosophies  et des morales modernes comme celle d’Emmanuel Kant, elle place le bonheur plus haut que la liberté dans les buts de l’existence humaine.

 

Pour mieux le comprendre, revenons à l’histoire de Thésée depuis sa plus tendre enfance…

 

Petit, Thésée a vécu au Palais de Pitthée, roi de Trézène, une ancienne cité grecque du Péloponnèse, sur la côte nord de l'Argolide (presqu'île sud de la Grèce actuelle).

 

Thésée est le fils d’Ethra (ou Aethra), fille de Pitthée.

 

Il ne connaît pas son père. Malgré ses demandes répétées, Ethra ne veut rien lui dire tout de suite. Elle considère qu’il est encore trop jeune. Elle lui explique qu’au moment opportun, elle lui dira la vérité.

La venue d’Heraklès, fils de Zeus, le Dieu des Dieux, au palais de Pitthée, fait revenir la question du père de Thésée à l’ordre du jour.

Ethra dit seulement à son fils qu’Héraclès n’est pas son père mais son cousin. Le mystère reste encore presqu’entier pour Thésée.

 

Une dizaine d’années plus tard, Thésée revient à la charge auprès de sa mère.  Devant la volonté farouche de son fils de connaître la vérité sur son père, Ethra cède enfin. Elle lui dit que son père est un dieu, Poséidon, mais comme les enfants nés d’un dieu, il a aussi un père terrestre, le roi d’Athènes : Egée.

 

Si Ethra n’a pas voulu lui dire la vérité plus tôt, c’est parce qu’une cinquantaine d’autres cousins, les Pallantides, fils de dieux, le tueraient pour récupérer le trône d’Athènes.

Elle accompagne Thésée dans le jardin du palais jusqu’à une énorme pierre enfoncée profondément dans le sol. Elle lui explique que s’il arrive à la soulever, c’est qu’il est assez fort pour aller vers son destin, pour survivre aux attaques qu’il aura à faire face. Son père a caché quelque chose pour lui en dessous.

Thésée, fils d’un dieu, soulève sans aucune difficulté cette pierre et découvre en dessous… des sandales et une épée !

 

D’abord, il ne déchiffre pas le sens de ce trésor. Sa mère lui explique qu’il devra le comprendre par lui-même. Thésée se rend compte alors que les sandales sont faites pour qu’il rejoigne son père à Athènes et l’épée pour combattre dans les épreuves qu’il aura à rencontrer en chemin.

 

C’est ainsi qu’il prend la route vers Athènes…

 

Aux environs d’Epidaure (site où se situe actuellement un ancien théâtre antique aux résonnances extraordinaires. On entend d’en haut les conversations d’en bas, sans micro), il croise un vieil homme, Périphétès, le fils d’Hephaïstos. Ses jambes ne peuvent pas le porter. Il demande secours pour qu’on le fasse traverser la route. Mais c’est un piège. Périphétès, veut seulement être porté pour, une fois sur le dos du voyageur, le tuer avec une énorme matraque en bois. Thésée le devine et, avant de recevoir le coup, se retourne et tue Périphétès d’un coup d’épée. 

 

Arrivé vers l’isthme de Corynthe (passage de terre étroit qui mène vers la Grèce du nord), il croise le géant Sinis. Ce dernier s’amuse à demander aux voyageurs de courber deux branches de pins avant de lui attacher les pieds et de l’attacher à cet arbre afin de finir écartelé. Thésée devine la volonté de Sinis et lui fait subir le sort qu’il réserve aux voyageurs.

 

Il n’en n’a pas fini des dangers car il rencontre la truie de Crommyon, un monstre sanguinaire qui dévore tout ce qui passe à portée de ses mâchoires. L’épée de Thésée met fin à ses carnages.

 

Plus tard, près de Mégare, au bord de la mer, il rencontre un autre fils de Poséidon, Sciron. Il a la forme trompeuse d’un homme tranquille qui demande à ce qu’on lui lave les pieds avant d’assommer celui qui l’aide avec la bassine puis de le balancer vers une monstrueuse tortue qui le dévore. Thésée lui fait subir le même sort qu’il inflige aux innocents.

 

Il combattra aussi Cercyon, homme d’ascendance divine pourvu d’une force surnaturelle qu’il vaincra aussi. Puis avant d’atteindre Athènes, il viendra à bout de Procuste qui maltraite ses invités.

 

 

Theseus_Crommyonian_Sow_Louvre_G637.jpg Thésée et la truie de Crommyon

 

 

La rumeur arrive jusqu’à la capitale grecque avant que Thésée n’y arrive. L’homme qui a vaincu les monstres de la région (Périphétès, Sinis, la truie de Crommyon, Sciron, Cercyon et Procuste) ne passe pas inaperçu en entrant en ville. Libérant les citadins de la peur de sortir, il apporte la tranquillité de sortir de la ville sans danger.

 

Cette nouvelle arrive aux oreilles de Médée, magicienne, conspiratrice et femme du roi Egée, avant que Thésée n’atteigne les portes du palais. Elle explique à son mari que Thésée est très puissant, que c’est dangereux de le laisser en vie car il pourrait prendre sa place.

 

Thésée demande à être reçu. Sous pression de Médée, On lui répond que cela ne sera possible que s’il tue le taureau de Marathon, ce qu’il fait dans un combat sanglant.

 

Médée ne veut pas de Thésée au palais car elle a deviné qu’il s’agit du fils d’Egée et que donc, le sien, Médos, ne deviendra jamais roi d’Athènes. Aussi elle convainc son mari d’empoisonner Thésée. Mais Egée,  au dernier moment, reconnaissant son fils à l’épée qu’il porte, l’en empêche et la chasse.

 

Quand Thésée retrouve enfin son père  dans l'apaisement, il apprend que la ville est dans une situation dramatique. Lors de la dernière visite à Athènes du fils de Minos, fils de Zeus et roi de Crête, le jeune homme avait été tué. S’en est suivie une guerre et un siège de la ville par les crétois. Pour mettre fin à tout cela, Egée a accepté les exigences de Minos : livrer chaque année quatorze jeunes gens (moitié filles, moitié garçons) choisis par Minos lui-même, pour les enfermer dans un labyrinthe de l’île de Crête (construit par l’architecte Dédale) et dans lequel règne en maître sanguinaire un monstre mi-homme, mi-taureau, le Minotaure (fils de Pasiphaé, la femme de Minos, et d'un taureau blanc offert à Minos par Poséidon).

 

Thésée décide de se porter volontaire parmi les sept garçons pour aller tuer ce monstre. Egée fait livrer deux jeux de voile au bateau qui transporte les quatorze prochaines victimes du Minotaure, des voiles noires mais aussi des voiles blanches que Thésée devra faire monter à son retour en cas de victoire sur le monstre.

 

Sur l’île de Crête, Phèdre et Ariane viennent accueillir leur père Minos au port. Ariane tombe sous le charme de Thésée. Thésée aussi. C’est le coup de foudre. Ariane ne veut pas que Thésée meure. Aussi,  après avoir pris connaissance du projet de Thésée en Crête, elle décide de l'aider en lui donnant une pelote de fil très solide qu’il aura à attacher à la porte du labyrinthe pour ne pas se perdre dans les tunnels. Et c’est ce qu’il fait.

 

 

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Il combat et tue le Minotaure. Grâce au fil d’Ariane, il parvient avec quelques rescapés à sortir du labyrinthe où il est accueilli par sa bien-aimée qui a fait apprêter un bateau pour quitter la Crête qu’elle ne supporte plus.

 

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Le fil d'Ariane

 

Sur le chemin du retour, ils font halte sur une île où ils y passent des jours heureux.

 

Une nuit, Une voix appelle Thésée alors que qu’Ariane dort profondément. C’est Athéna, la déesse de la Sagesse, qui a de mauvaises nouvelles à lui annoncer. Elle lui explique que Dyonisos (Dieu de la vigne et du vin, des excès, de la folie et de la démesure, du théâtre et de la tragédie, fils de Zeus et de l'humaine Sémélé) a aperçu Ariane du ciel et en ait tombé follement amoureux, que personne ne peut s’opposer à la volonté d’un dieu. Dyonisos souhaite épouser Ariane. Thésée, en désespoir de cause, laisse Ariane dans son sommeil et quitte l’île en direction de la Grèce.

 

Sa tristesse lui fait oublier le changement de voile. Et le roi Egée aperçoit celles de couleur noire qui n’ont pas été changées. Pour lui, cela signifie que son fils est mort, aussi il se jette dans la mer qui porte actuellement son nom : la mer Egée.

Thésée se rend soudain compte de son oubli. Mais il est trop tard.

 

 

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La mer Egée

 

Il est maintenant roi d’Athènes. Il a eu un fils, Hyppolite, suite à une nuit avec une amazone, une femme guerrière de la mer Noire.

 

Il décide un jour de se remarier. Il choisit Phèdre, la sœur d’Ariane pour rapprocher le Grèce et le Crête et créer les conditions de la paix. S’en suivent des années de paix et de tranquillité, de bonheur de tous.

 

Hyppolite a grandi. C’est devenu un jeune homme. Phèdre, sa belle-mère, en tombe amoureuse. Un soir, elle lui déclare sa flamme. Mais Hyppolite ne veut pas d’elle, d’une part parce que c’est la femme de son père et, d’autre part, elle ne l’intéresse pas.

En colère, Phèdre accuse Hyppolite de viol. Thésée bannit Hyppolite et en appelle à Poséidon pour se venger. Sur un chemin de bord de mer, Hyppolite et son char rencontre un dragon surgissant de l’eau qui fait peur aux chevaux. Le jeune homme perd l’équilibre, tombe  puis est traîné par les chevaux avant de mourir.

 

 

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 La mort d'Hyppolite

 

La nouvelle arrive au palais. Thésée s’en veut d’avoir chassé son fils tandis que Phèdre, désespérée, avoue son mensonge à Thésée puis met fin à sa vie.

 

Devant tant de malheur, Thésée abandonne le trône pour se réfugier chez un cousin éloigné, Lycomédès. A sa mort, son corps sera rapatrié à Athènes où ses restes seront à l’origine d’un culte digne de celui qu’on réserve aux Dieux…

 

C’est la période de gouvernance de Thésée à Athènes qui a inspiré l’idée d’une démocratie basée sur le bonheur, une théorie qu’on retrouve dans les textes des philosophes anciens.

En ce sens, cette légende antique aux personnages inventés a été la source d’une pensée pour un monde meilleur pour les humains…

 

 

 

(D'après la bande dessinée "La sagesse des mythes- Thésée et le Minotaure" de Luc Ferry, scénario de Clotilde Bruneau, dessin de Mauro de Luca - Editions Glénat)

 

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Film d'animation/ Thésée et le Minotaure

Récit du mythe grec de Thésée et du Minotaure par les élèves de la classe de CM1/CM2.
Après une lecture orale, réécriture du conte par plusieurs élèves puis illustration de celui-ci aux pastels.
Site de l'école : //www.ec-niemen-lepecq.ac-versai...


28/12/2016
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Nuit Européenne des Chercheurs

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Le vendredi 30 septembre aura lieu sur le campus de l'université de Bourgogne, la Nuit Européenne des Chercheurs. L'entrée est libre, gratuite et accessible aux enfants à partir de 8 ans.

 

La Nuit Européenne des Chercheur.e.s s’invite dans plus de 200 villes en Europe dont 12 villes en France. Cet événement nocturne donne l’opportunité aux visiteurs de rencontrer en direct des chercheur.e.s de toutes disciplines, au cœur d’espaces insolites et scénographiés. Une soirée pour toucher du doigt la recherche en train de se faire. Impulsée par la Commission européenne, La Nuit Européenne des Chercheur.e.s est organisée en France par un consortium piloté par l’Université de Bourgogne-Franche Comté.Comme chaque année, les milliers de visiteurs peuvent déambuler au gré de leur curiosité à travers d’espaces scénographiés provoquant ainsi des rencontres simples et sans barrière de savoir. Ils ont la possibilité d’assister ou de participer à des mini-conférences et à des animations pétillantes. Les visiteurs prennent ainsi plaisir à s’immerger dans l’univers des chercheur.e.s.

 

Thème 2016 :

Comment naît une idée ? Comment est-elle diffusée ? Idées mortes, idées reçues, fausse bonne idée... toutes sont au coeur de la vie des chercheurs et chercheuses.

 

Et vous ? Quelles idées avez-vous sur la recherche ?!? Venez vous faire votre idée... vendredi 30 septembre 2016, sur le campus de Dijon.

 

En suivant ces liens, vous en saurez plus :

Communiqué de presse : //experimentarium.u-bourgogne.fr/blog/wp-content/uploads/2016/06/communique_presse_2016.pdf

 

Programme (bientôt accessible) : //experimentarium.u-bourgogne.fr/blog/index.php/le-programme-2015/

 


11/09/2016
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Grands évènements de l'histoire - Serment de Strasbourg - 843 - Naissance de deux futurs grands états : la France et l'Allemagne

Le Serment de Strasbourg en 843

La naissance de deux futurs grands états : la France et l’Allemagne

 

serment_strasbourg_lehugeur.jpgLe Serment de Strasbourg - Dessin de Paul Lehugeur - XIXème siècle

 

Charlemagne meurt en 814, laissant un immense empire à son fils Louis le Pieux, seul descendant masculin.

Il s’agit d’un empire sans réel homogénéité. Il réunit des populations aussi variées que les Saxons, les Bavarois, les Aquitains, Les Bretons ou les Romains. Beaucoup ne se reconnaissent pas dans leur nouveau souverain qui se trouve à Metz ou Aix-la-Chapelle.

 

De plus, au vu de la grandeur du territoire, les distances sont très longues à parcourir Il faut 28 jours pour aller de la ville du Mans dans l’ouest de la France à Padeborn au nord-ouest de l’Allemagne. Il faut 29 jours pour aller du plateau de Langres à la ville de Pavie en Italie. Cela donne la dimension de la gestion d’un empire comme celui de Charlemagne. Aussi, par obligation l’empereur délègue son pouvoir à des aristocrates locaux qui ont tout loisir d’agir sur les terres qu’ils dirigent. La tâche est facilitée par le fait que peu de menaces subsistent encore. Pourtant, la pression des nomades à l’est et des maures au sud refait surface.

 

L’Eglise défend l’idée qu’il ne faut qu’un seul Etat et une seule Eglise pour faire face aux menaces. La tradition des francs oppose l’idée que les héritiers se transmettent leurs biens et leurs terres, poussant ainsi au partage de l’Etat.

 

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Cela provoquera des déchirements et des guerres au sein de la famille. C’est ce que nous allons voir maintenant.

 

Après Louis le Pieux, la situation va changer puisque la génération suivante amènera trois fils, trois héritiers, puis quatre. l'empire ne peut conserver dans son intégralité. Les trois puis quatre héritiers auront à se partager l'immense territoire.

 

En 817, Louis le Pieux édicte une « Charte de partage » qui donne l’avantage au fils aîné Lothaire. Celui-ci est doté du titre impérial tandis que ses cadets, Pépin et Louis, seront des roitelets pourvus d’un territoire périphérique (à l’ouest et à l’est du territoire principal). A Pépin, l’Aquitaine, à Louis, la Bavière.

 

A priori, l’avenir semble assuré. Mais Louis devient veuf et se remarie. Le nouveau couple donne naissance à un fils Charles, plus tard Charles le Chauve. Cela remet en cause le compromis. En effet, l’empereur constitue un nouveau royaume pour son petit-fils, encore enfant. Cela provoque une première grave révolte des fils de premier lit qui s’estiment lésés.

 

Louis le Pieux est alors déchu par ses fils en 833-834. Puis, coup de théâtre, il est restauré sur le trône par l’aîné, Lothaire et le benjamin, Pépin qui font alliance contre Louis, le roi de Bavière.

 

Suite à de nouvelles révoltes en 840, Louis le Pieux trouve la mort. A partir de là, la guerre ne va pas cesser. A cette date ne survivent que trois fils, Lothaire qui réclame l’autorité suprême, Louis, roi de Bavière et Charles, quatrième fils de Louis  le Pieux (Pépin est mort en 838). Louis et Charles s’unissent pour refuser cet état de fait. Ils écrasent l’armée de Lothaire à Fontenoy-en-Puisaye le 25 juin 841.

 

En 842, ils confirment leur alliance à Strasbourg. Ils prêtent serment non pas en latin, mais dans deux langues dites vulgaires : le tudesque qui deviendra l’allemand et le roman qui deviendra le français. Ce serment constitue le premier document officiel dans ces deux langues.

 

 

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Serment de Strasbourg - 14 février 842

Ce texte en roman constitue symboliquement

l'acte de naissance de la langue française

 

 

En avril de la même année, Lothaire accepte le principe d’un partage.

Suite à un long sondage et inventaire sur les richesses, les biens du fisc, le partage de l’empire est signé en août 843 à Verdun. Cette rencontre est connue sous le nom de Traité de Verdun. 

Le Serment de Strasbourg (en date du 14 février 842) est souvent daté de 843 parce qu'il est à la base du Traité de Verdun entre les trois derniers petits-fils de Charlemagne, l'année qui a suivi.  

 

Par ce Traité de Verdun (dont le document officiel n'a jamais été retrouvé), conséquence directe du Serment de Strasbourg, Lothaire conserve le titre impérial  mais ne dirige qu’un long territoire tout en longueur qui correspondrait actuellement aux Pays-Bas, à la Belgique, la Lorraine, la Bourgogne, au Jura, aux Alpes, à la Provence et l’Italie du Nord jusqu’à Pavie. Ce territoire s’appelle la Francie Moyenne puisqu’elle se situe entre la Francie Occidentale dirigée par Charles le Chauve et la Francie Orientale dirigée par Louis le Germanique.

 

La Francie occidentale comprend les régions de la France actuelle à l’exception de l’est et de la Bretagne, aussi une partie de la Belgique, bref la partie de l’empire qui touche à l’océan Atlantique, la Manche et la Mer du Nord.

 

La Francie orientale comprend l’actuelle Allemagne, la Suisse, l’Autriche et l’Italie du nord-est.

 

Ce traité donne aux trois frères des parts égales en poids politique et économique. Mais surtout, avec le recul de l’histoire, on voit se pointer ce que sera l’Europe des siècles à venir et les guerres que cela va créer. Aux extrémités de l’Europe, la Francie occidentale deviendra la France et ses zones d’influence francophones dont l'actuelle Belgique et le Luxembourg, la Francie orientale deviendra l’Allemagne et ses zones d’influence jusqu’à l’Autriche et la Suisse germanophone.

 

La Francie intermédiaire, Francie moyenne dite Lotharingie, se disloque à la mort de son roi et deviendra l’enjeu d’un partage entre les héritiers. Ce sera le début d’une lutte acharnée pour le titre d’empereur, pour la domination de l’Italie et surtout de la Lorraine (nom issu de Lothaire et Lotharingie).

 

Le conflit franco-allemand qui se prolongera jusqu’en 1945, a déjà trouvé ses racines.

 

 

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Présentation plus précise des états nés du serment de Strasbourg

 

La Francie occidentale

 

Elle est à l’origine de la France. Ses frontières de l’époque correspondent à quatre rivières : l’Escaut, la Meuse, La Saône et le Rhône.

C’est une donnée essentielle pour une défense du territoire avec l’idée des « frontières naturelles ». Elle englobe la Bourgogne qui a failli devenir au XVème siècle  un état indépendant.

 

La Francie orientale

 

Elle deviendra la Germanie, appelée maintenant Allemagne. C’est un ensemble de frontières et de territoires qui trouveront leur cohérence par la pratique d’une même langue et un sentiment d’unité qui va se développer très rapidement au-delà des ruptures et remembrements de son espace.

 

La Francie moyenne

 

C’est le royaume de Lothaire, la Lotharingie. C’est un ensemble disparate qui a vécu peu de temps. Il est composé de territoires qui serviront de champs de bataille pour les puissances voisines, la future France et la future Allemagne.

Les guerres auront beaucoup vers l’Italie au sud et en Lorraine qui sera l’objet pendant des siècles d’une possession des français ou des allemands. L’historie de cette région dont le destin est aussi lié à l’Alsace conserve dans sa culture des restes de ces antagonismes, en particulier un droit local spécifique à la Lorraine et l’Alsace, droit mis en place par les autorités allemands du temps de leur domination, et transformé par l’état français.

 

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L’idée de cousins germains provient de cette période de l’histoire puisque ce sont des membres de la même famille qui ont régné sur la future France et la future Allemagne. Les cousins germains de la famille royale de Francie occidentale se trouvaient de l’autre côté du Rhin. 

 

 

 

 

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14/04/2016
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Histoire de la place de la République à Dijon -

Histoire de la Place de la République à Dijon

 

 

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Tous les dijonnais connaissent cette fameuse place où, chaque Noël, est installé le marché et sa grande roue. C’est maintenant une place qui vient d’être réaménagée pour les piétons autour du grand projet de nouveau tramway à Dijon.

Longtemps, un parking était installé en son centre entre deux squares. A présent, c’est le paradis des promeneurs pédestres, des familles et des amoureux en goguette. De petits kiosques permettent de casser la croûte et de se désaltérer autour de la statue de Sadi Carnot, président de la république d’origine dijonnaise, et ses nouvelles fontaines. De longs bancs en bois au design très moderne encadrent la place devant les arrêts de bus et les deux stations de tram (ligne 1 et ligne 2).

 

 

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A voir tout cela, peut-on imaginer qu’en 1880, ce n’était qu’un immense terrain vague en bordure des remparts et de la porte Saint-Nicolas. Ce lieu portait le nom de Place Saint-Nicolas car il faisait face à la porte du même nom. Il était utilisé les jours de foire ou pour des exercices militaires. Des casernes se trouvaient toutes proches.

C’est avec le débastionnement (destruction des remparts), travail de 17 municipalités successives pendant presque 75 ans, de 1824 à 1897, que Dijon connaîtra sa plus grande transformation urbaine depuis l’ouverture de la rue de la iberté en 1724.

Avant cela, Dijon était une cité ceinte de murailles à moitié en ruines. Cela provoquait des protestations des habitants des faubourgs proches qui étaient obligés d’emprunter ces passages réduits pour se rendre au centre ville. Les réclamations se sont accumulées et les remparts furent abattus. La porte Saint-Nicolas disparaîtra en 1840. Le nivellement de ce lieu laissera un important vide. L’obsession des municipalités qui vont se succéder sera d’aménager cet espace.

 

Des projets d’aménagement vont être présentés comme celui de Victor Marchand (1820-1909) qui se distingue des autres par sa modernité et son originalité. Elu maire de Dijon en 1886 sous l’étiquette radicale, il souhaitait la réalisation d’un monument « à la République Fraternelle des Peuples ». Il confia ce projet à l’architecte Félix Vionnois. Sur ce monument devaient figurer les effigies des grands hommes de l’histoire du monde comme Guillaume Tell, héros de l’indépendance suisse, Simon Bolivar surnommé le Libertador, icône politique et militaire de nombreux pays d’Amérique Latine, Giuseppe Garibaldi, considéré comme le père de la « patrie » italienne, Georges Washington,  premier président des Etats-Unis d’Amérique, Victor Hugo etc…

La souscription prévue à cet effet échouera suite à une polémique sur un lycée de garçons dont le coût et le luxe seront jugés exorbitants. Cette polémique amènera à la démission de Victor Marchand en 1890. De plus, la présence possible de Garibaldi sur le monument indisposait la frange conservatrice et catholique de Dijon qui lui avaient reproché son repli lors de la seconde bataille de Dijon du 21 au 23 mars 1871. L’état aussi n’apportera pas son soutien pourtant nécessaire pour ce projet.

Seule compensation qu’obtiendra Victor Marchand, la place prend le nom de Place de la République.

 

Un évènement tragique va débloquer la situation. Paradoxalement, cet évènement aura lieu à Lyon. Il s’agit de l’assassinat du président Sadi Carnot par un anarchiste italien le 24 juin 1894 durant l’exposition universelle et coloniale.

Au mois de juillet qui suit, le conseil municipal de Dijon vote le principe d’un monument en sa mémoire, situé au centre de la Place de la République.

Cela a aussi un autre but : répondre d’une façon républicaine à la statue de Saint-Bernard édifiée quelques centaines de mètres plus loin en 1853. Cette statue était jugée trop cléricale par les républicains.

Le monument dédié à Sadi Carnot est inauguré le 21 mai 1899 par le président de la république de l’époque Emile Loubet (1838-1906). Ce sera l’occasion pour lui de décerner la croix de la légion d’Honneur à la ville de Dijon pour son héroïsme pendant la guerre franco-allemande de 1870. Quatorze villes bénéficieront de cet hommage rare.

 

 

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La statue en marbre blanc de Sadi Carnot trône au pied d’un pylône central quadrangulaire. A son sommet, est érigée comme une coiffe la figure allégorique de la renommée. Celle-ci tend une couronne de lauriers au-dessus de la tête du président. Celui-ci est encadré par les allégories de l’Histoire. Ce sont des œuvres de Mathurin Moreau comme la statue de Sadi Carnot. La représentation de la douleur est par contre une œuvre de Paul Gasq.

 

 

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En 1919, un cinéma-théâtre ouvre ses portes au numéro 2 de la place de la République. Il s’agit de l’Alhambra. Le public s’y pressera pour voir de films courts et des attractions de music-hall. Dans les années 20-30, de nombreux concerts y seront organisés avec la présence des solistes célèbres de l’époque.

En 1930, Maurice Martenot (1898-1980), grand pédagogue de la musique, y présentera un instrument révolutionnaire qu’il a créé en 1928 : les « Ondes Martenot ». Le succès est immédiat. Cet instrument est considéré comme l’un des plus anciens de la musique électronique.

 

 

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Une rénovation de la Place est envisagée entre les deux guerres. Mal dessinée à l’origine, elle n’aboutira pas.

 

Le président Vincent Auriol plantera un arbre de la liberté le 15 mai 1948 . A part cela peu de choses bougeront mis à part la création d’espaces de détente aux extrémités de la place, des endroits avec des arbres imposants et isolés de la circulation automobile de plus en plus nombreuse.

 

En 1996, la chute d’un marronnier centenaire sur une voiture en stationnement va conduire au remplacement des arbres âgées ou malades par des érables planes. Aujourd’hui, en plus des pelouses et des fontaines, on trouve des essences arborées comme le Sophora dit du Japon même s’il est originaire de Chine. Cela reste un arbre très cultivé au Pays du Soleil Levant.

 

 

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La place de la République est aussi liée à l'historie des transports publics dijonnais. Cela remonte à 1888 avec l’omnibus ou « cars Ripert » du nom de leur inventeur, un carrossier marseillais du nom d’Antoine Ripert. Tractés par des chevaux, ils desservent 2 lignes. L’une d’elles rejoint la place de la République et le Port du Canal.

 

 

Omnibus parisien.jpg L'alter égo parisien de l'omnibus dijonnais

 

 

Plus tard, peu à peu, le tramway prendra le relais à partir de 1895 jusqu’en 1961.

 

Depuis 2012, avec le nouveau tramway Divia, la place de la République est devenue un point central du réseau dans son axe avec la place Darcy et la gare SNCF.

 

Les espaces verts ont redessinés par l’architecte-paysagiste strasbourgeois Alfred Peter, responsable des plantations du tramway. Une fontaine contemporaine a été construite au pied de la statue de Sadi Carnot et surtout mise en lumière. Trois systèmes d’éclairage valorisent la place à la nuit tombée.

La place est maintenant entièrement piétonne et reste encadrée par deux squares arborés. 5.500 pavés de pierre de Comblanchien de couleur beige recouvre l’esplanade centrale, le tout agrémenté de bancs et de kiosques.

 

 

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A l’occasion des travaux du tramway, des fouilles  ont révélé des voies médiévales et modernes ainsi que des maisons et d’autres voies de circulation du temps de l’ancien faubourg Saint-Nicolas, rasé au XVIème siècle pour bâtir la porte et le bastion du même nom. 

 

(d'après un article de David Richin dans "Vie Senior")

 

Lien avec d'autres articles sur Dijon

Henri Darcy, ingénieur Pont et Chaussées, concepteur du réseau d'eau potable de la ville de Dijon - 1840 

Dijon aux siècles passés - Autres grandes places dijonnaises 

Dijon au XIXème, XXème et XXIème siècles - Place François Rude 

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Dijon au XIXème, XXème et XXIème siècles - Place Darcy 

Dijon - Histoire de la rue de la Liberté


11/04/2016
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