Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

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Grands évènements de l'histoire

Dans cette rubrique, retrouvez le récit des grands évènements historiques qui ont marqué l'histoire de France et l'histoire du monde. 


Histoire de Besançon et de sa citadelle

Citadelle de Besançon

 

 

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En Bourgogne Franche-Comté, tout le monde ou presque connaît la forteresse de Besançon. Beaucoup y sont allés au moins une fois. C’est un haut lieu du tourisme régional.

 

 

VAUBAN

 

 

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La Citadelle a été construite de 1668 à 1683, d’abord par les espagnols puis par les français sous la direction de Vauban.  

Pour ce chef d’œuvre d’architecture militaire, Sébastien Le Prestre Vauban en fut le maître d’œuvre. C’est un ingénieur du roi Louis XIV, nommé en 1678 Commissaire  général des Fortifications de France. C’est un talentueux spécialiste de la poliorcétique, la technique du siège militaire, aussi bien celle de la défense que celle de l'attaque (du grec poliorketikos, qui désigne ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes, ou l'art et la technique du siège).

Ce grand homme du 17ème siècle a conçu et codifié une méthode de siège des places fortes en étudiant leur environnement pour en tirer les meilleures opportunités et, en conséquence, bâtir des forteresses idéalement conçues.

Sur l’ensemble de son existence, 130 places fortes ont vu le jour en France comme à l’étranger (au Luxembourg par exemple avec les casemates du Rocher du Bock). Il a participé à 48 sièges de ville et a été 7 fois blessé.

Au XIXème siècle, sa renommée est même devenue un dicton populaire : 

« Ville assiégée par Vauban, ville prise : ville défendue par Vauban, ville imprenable ».

C’est aussi à Vauban qu’on doit l’expression  de pré carré, une stratégie qui consiste à abandonner certaines places et se concentrer sur des places fortes en deux lignes de défense, le long des frontières du royaume, le fameux « Pré Carré ».

Vauban est décédé à l’âge de 74 ans après avoir été nommé maréchal de France quelques mois avant.

Son traité des sièges sur l’attaque et la défense des places de guerre (1704), resté secret, sera finalement publié en 1737 pour une édition posthume appelée « Traité d’attaque des places ».

 

Pour en revenir sur la Citadelle de Besançon, c’est une forteresse qui s’étend sur 11 hectares et qui dominent de 100 mètres de hauteur la vieille ville et les méandres du Doubs. Elle fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis juillet 2008.

Chaque année, elle accueille entre 250 .000 et 300.000 visiteurs.

 

 

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HISTOIRE DU MONT SAINT-ETIENNE

 

La couche sédimentaire originelle date de 170 millions d’années, issue d’une mer peu profonde.

La structure géologique qui soutient la citadelle date de la fin du Tertiaire au moment d’un plissement de la roche, il y a 10 millions d’années.

 

L’ancienne Vesontio, une  ville celte, s’est installée au bord de la rivière. Jules César s’est est emparé en 58 avant JC pour ne pas qu’elle tombe aux mains du chef de guerre germain Arioviste. L’occupation qui va suivre va couvrir la ville de monuments. Le sommet de la colline est alors pourvu d’une voie romaine et de premières fortifications.

 

Durant le haut Moyen-âge, des édifices religieux sont bâtis sur le flanc dont l’église métropolitaine Saint-Etienne. La ville se replie alors au pied du mont qui prend le nom de l’église. Le sommet de l’enceinte fortifiée reste encore vide excepté 4 colonnes romaines. Ces quatre colonnes se retrouvent sur les armoiries actuelles de la ville de Besançon.

Le mont, lui,  est voué à l’agriculture.

 

 

Blason_ville_fr_Besançon_(Doubs).svg.png Armoiries de Besançon

 

 

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A la Renaissance, la ville basse se pare de palais autant publics que privés. Ce sont de belles demeures de marchands qui se sont enrichis et de ce qui reste des grandes familles nobles issues du système féodal.

Charles Quint, empereur, roi d’Espagne, comte de Bourgogne et maître de la cité, renforce les défenses de la ville, l’enceinte de la rive droite et améliore les entrées.

Sur le mont Saint-Etienne l’ancienne muraille est consolidée, modernisée et garnie de tours.

La ville qui était une cité impériale libre depuis 500 ans passe sous la coupe du Roi d’Espagne en 1664, malgré l’opposition des bisontins qui ne voulaient pas appartenir à la Franche-Comté espagnole.

L’idée de fortifier le mont-Saint-Etienne, déjà émise en 1582, devient une priorité.

 

La guerre de Dévolution de la couronne d’Espagne (1667-1668) est l’occasion pour le jeune Louis XIV d’agrandir le royaume à l’est.

Le 8 février 1668, Condé, sur ordre du roi de France, pénètre avec ses troupes dans la ville. Le Magistrat de la Ville (conseil municipal de l’époque) capitule sans combattre.

Quinze jours plus tard, Louis XIV demande à Louvois d’envoyer à Besançon un jeune ingénieur du nom de Sébastien Le Preste, sieur de Vauban pour dresser les plans d’une future citadelle. Le projet ne prendra pas corps car le 2 mai de cette année, le traité d’Aix-la-Chapelle rend la Franche-Comté à l’Espagne et le 10 juin, les troupes françaises quittent Besançon.

 

 

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Traité d'Aix-la-Chapelle en 1668

 

 

Les espagnols reprennent cette idée de fortifications qu’ils veulent mettre en place autant à Besançon, qu’à Dole et Gray. Dans la cité bisontine, la première pierre est posée le 9 septembre 1668. Les espagnols n’auront pas le temps d’avancer beaucoup plus vite dans la construction, juste quelques renforcements de remparts, pas très hauts.

 

 

Besançon 05.jpgSiège de Besançon par Louis XIV en 1674

 

 

Les troupes françaises se lancent de nouveau à l’assaut de la Franche-Comté et sa ville phare.

Lors de cette seconde conquête à partir de février 1674, trois armées françaises convergent vers Besançon. Dans l’une d’elles se trouve Vauban lui-même. Louis XIV arrive le 2 mai de cette année-là et prend le commandement du siège de Besançon. La ville tombe le 15. Le siège de la citadelle commence alors. Ce seront des combats sanglants avec beaucoup de résistance sous la houlette du Prince de Vaudémont. C’est une lutte acharnée. L’assaut final est lancé le 20 mai. Le 22, la capitulation est signée.

Le roi de France confie alors à Vauban la mission de rendre la Citadelle et la ville imprenables. C’est le début de l’histoire de cette bâtisse militaire qui a depuis traversé les siècles jusqu’à nos jours.

 

 

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Citadelle - Gravure de 1710

 

 

LA CONSTRUCTION DE LA CITADELLE

 

De 1675 à 1695, Vauban reconstruit l’ensemble de l’enceinte urbaine de Besançon, ce qui inclue la Citadelle, la boucle du Doubs et la défense des quartiers Battant et Charmont.

Pour compléter la future Citadelle, il est édifié une seconde place forte qui lui fera face. Elle est appelée aujourd’hui Fort Griffon.

Plusieurs lieux ont été envisagés pour l’édification de la Citadelle. Finalement Vauban arrive à convaincre Louis XIV et Louvois de l’intérêt du mont Saint-Etienne. Il reprend son projet initial. Fort de son expérience du siège de la ville, il fait bâtir une Citadelle complexe, notamment côté sud la partie la plus vulnérable.

Il vient régulièrement à Besançon pour suivre l’avancée des travaux. Dans ses rapports on trouvera trace des difficultés pour faire respecter les consignes et les délais.

De nombreux corps de métiers vont intervenir sur le chantier : charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierres, laviers (fabrication de toits en pierre de lave)…

Le défi est relevé en moins de huit ans.

 

 

 

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LA CITADELLE MAINTENANT

 

A présent, la Citadelle est vouée au tourisme. Elle a été aménagée en plusieurs parties dont un zoo, des musées de toutes sortes (musée de la Résistance et de la Déportation, musée de la vie comtoise, insectarium, noctarium, aquarium, etc…). Le tout est régulièrement animé par des événements culturels qui donnent vie à la Citadelle : expositions temporaires, spectacles, toute une programmation culturelle à découvrir sur le site Internet de la Citadelle. 

 

La promenade sur les chemins de ronde côté roi et côté reine permet de découvrir en version panoramique la ville basse et les paysages magnifiques autour des boucles du Doubs, des vues splendides au demeurant qui expliquent pourquoi cette forteresse était quasi imprenable.

 

La Citadelle a  été aménagée pour faire en sorte qu’on puisse passer de longues heures à l’intérieur et toujours y découvrir quelque chose.

Ce lieu de guerre et de mort est devenu un centre d’art et de connaissance.

 

Pour y accéder, il est possible de monter en bus, en voiture ou en petit train touristique, mais le plus agréable est de monter à pied pour découvrir la vieille ville et sa fameuse église Saint-Etienne, les vestiges romains. On peut aussi se balader jusqu’au Pont Battant et profiter de l’aménagement des rives au bord du Doubs.

Besançon et sa Citadelle sont à découvrir absolument, en prenant le temps de flâner et se laisser emporter dans le tourbillon de l’histoire, aussi dans les lignes audacieuses de l’architecture contemporaine (Cité des Arts).

Peut-être que sans le savoir, sans que vous ne le voyiez, le fantôme de Vauban ne sera pas loin de vous.

 

 

 

 

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D'après "Universelle Citadelle", le petit livret de Pascal Schultz et Adeline Pasteur

Editions Citadelle patrimoine Mondial 2013

Imprimé en juin 2013 - Dépôt légal 3ème trimestre 2013

Imprimé à Ornans - Presses Simon Graphic

ISBN 978-2-9541505-2-9


03/08/2017
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Mille ans d'évolution de l'Europe en accéléré

 

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L'Europe n'a pas toujours ressemblé à ce qu'elle est aujourd'hui.

On croit souvent que le temps de notre vie (long pour nous, court à l'échelle de l'histoire) fige les territoires, les choses et les gens comme une éternité.

 

Le plus souvent, ce n'est qu'un épisode tout petit de la longue histoire de la Terre.

La vidéo qui suit montre justement comment l'Europe et l'idée qu'on s'en fait ne sont qu'une succession de changements, une évolution permanente en fonction des guerres, des mouvements de population. 

 

Dans la réalité, la France éternelle, l'Europe éternelle, le Terre éternelle, cela n'existe pas.

Le monde est en perpétuel changement et nous, dans tout ça, nous vivons un moment de cette évolution et nous y participons par nos manières de vivre.

 

Place maintenant à la vidéo !

 

 


11/03/2017
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Grands évènements de l'histoire - Serment de Strasbourg - 843 - Naissance de deux futurs grands états : la France et l'Allemagne

Le Serment de Strasbourg en 843

La naissance de deux futurs grands états : la France et l’Allemagne

 

serment_strasbourg_lehugeur.jpgLe Serment de Strasbourg - Dessin de Paul Lehugeur - XIXème siècle

 

Charlemagne meurt en 814, laissant un immense empire à son fils Louis le Pieux, seul descendant masculin.

Il s’agit d’un empire sans réel homogénéité. Il réunit des populations aussi variées que les Saxons, les Bavarois, les Aquitains, Les Bretons ou les Romains. Beaucoup ne se reconnaissent pas dans leur nouveau souverain qui se trouve à Metz ou Aix-la-Chapelle.

 

De plus, au vu de la grandeur du territoire, les distances sont très longues à parcourir Il faut 28 jours pour aller de la ville du Mans dans l’ouest de la France à Padeborn au nord-ouest de l’Allemagne. Il faut 29 jours pour aller du plateau de Langres à la ville de Pavie en Italie. Cela donne la dimension de la gestion d’un empire comme celui de Charlemagne. Aussi, par obligation l’empereur délègue son pouvoir à des aristocrates locaux qui ont tout loisir d’agir sur les terres qu’ils dirigent. La tâche est facilitée par le fait que peu de menaces subsistent encore. Pourtant, la pression des nomades à l’est et des maures au sud refait surface.

 

L’Eglise défend l’idée qu’il ne faut qu’un seul Etat et une seule Eglise pour faire face aux menaces. La tradition des francs oppose l’idée que les héritiers se transmettent leurs biens et leurs terres, poussant ainsi au partage de l’Etat.

 

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Cela provoquera des déchirements et des guerres au sein de la famille. C’est ce que nous allons voir maintenant.

 

Après Louis le Pieux, la situation va changer puisque la génération suivante amènera trois fils, trois héritiers, puis quatre. l'empire ne peut conserver dans son intégralité. Les trois puis quatre héritiers auront à se partager l'immense territoire.

 

En 817, Louis le Pieux édicte une « Charte de partage » qui donne l’avantage au fils aîné Lothaire. Celui-ci est doté du titre impérial tandis que ses cadets, Pépin et Louis, seront des roitelets pourvus d’un territoire périphérique (à l’ouest et à l’est du territoire principal). A Pépin, l’Aquitaine, à Louis, la Bavière.

 

A priori, l’avenir semble assuré. Mais Louis devient veuf et se remarie. Le nouveau couple donne naissance à un fils Charles, plus tard Charles le Chauve. Cela remet en cause le compromis. En effet, l’empereur constitue un nouveau royaume pour son petit-fils, encore enfant. Cela provoque une première grave révolte des fils de premier lit qui s’estiment lésés.

 

Louis le Pieux est alors déchu par ses fils en 833-834. Puis, coup de théâtre, il est restauré sur le trône par l’aîné, Lothaire et le benjamin, Pépin qui font alliance contre Louis, le roi de Bavière.

 

Suite à de nouvelles révoltes en 840, Louis le Pieux trouve la mort. A partir de là, la guerre ne va pas cesser. A cette date ne survivent que trois fils, Lothaire qui réclame l’autorité suprême, Louis, roi de Bavière et Charles, quatrième fils de Louis  le Pieux (Pépin est mort en 838). Louis et Charles s’unissent pour refuser cet état de fait. Ils écrasent l’armée de Lothaire à Fontenoy-en-Puisaye le 25 juin 841.

 

En 842, ils confirment leur alliance à Strasbourg. Ils prêtent serment non pas en latin, mais dans deux langues dites vulgaires : le tudesque qui deviendra l’allemand et le roman qui deviendra le français. Ce serment constitue le premier document officiel dans ces deux langues.

 

 

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Serment de Strasbourg - 14 février 842

Ce texte en roman constitue symboliquement

l'acte de naissance de la langue française

 

 

En avril de la même année, Lothaire accepte le principe d’un partage.

Suite à un long sondage et inventaire sur les richesses, les biens du fisc, le partage de l’empire est signé en août 843 à Verdun. Cette rencontre est connue sous le nom de Traité de Verdun. 

Le Serment de Strasbourg (en date du 14 février 842) est souvent daté de 843 parce qu'il est à la base du Traité de Verdun entre les trois derniers petits-fils de Charlemagne, l'année qui a suivi.  

 

Par ce Traité de Verdun (dont le document officiel n'a jamais été retrouvé), conséquence directe du Serment de Strasbourg, Lothaire conserve le titre impérial  mais ne dirige qu’un long territoire tout en longueur qui correspondrait actuellement aux Pays-Bas, à la Belgique, la Lorraine, la Bourgogne, au Jura, aux Alpes, à la Provence et l’Italie du Nord jusqu’à Pavie. Ce territoire s’appelle la Francie Moyenne puisqu’elle se situe entre la Francie Occidentale dirigée par Charles le Chauve et la Francie Orientale dirigée par Louis le Germanique.

 

La Francie occidentale comprend les régions de la France actuelle à l’exception de l’est et de la Bretagne, aussi une partie de la Belgique, bref la partie de l’empire qui touche à l’océan Atlantique, la Manche et la Mer du Nord.

 

La Francie orientale comprend l’actuelle Allemagne, la Suisse, l’Autriche et l’Italie du nord-est.

 

Ce traité donne aux trois frères des parts égales en poids politique et économique. Mais surtout, avec le recul de l’histoire, on voit se pointer ce que sera l’Europe des siècles à venir et les guerres que cela va créer. Aux extrémités de l’Europe, la Francie occidentale deviendra la France et ses zones d’influence francophones dont l'actuelle Belgique et le Luxembourg, la Francie orientale deviendra l’Allemagne et ses zones d’influence jusqu’à l’Autriche et la Suisse germanophone.

 

La Francie intermédiaire, Francie moyenne dite Lotharingie, se disloque à la mort de son roi et deviendra l’enjeu d’un partage entre les héritiers. Ce sera le début d’une lutte acharnée pour le titre d’empereur, pour la domination de l’Italie et surtout de la Lorraine (nom issu de Lothaire et Lotharingie).

 

Le conflit franco-allemand qui se prolongera jusqu’en 1945, a déjà trouvé ses racines.

 

 

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Présentation plus précise des états nés du serment de Strasbourg

 

La Francie occidentale

 

Elle est à l’origine de la France. Ses frontières de l’époque correspondent à quatre rivières : l’Escaut, la Meuse, La Saône et le Rhône.

C’est une donnée essentielle pour une défense du territoire avec l’idée des « frontières naturelles ». Elle englobe la Bourgogne qui a failli devenir au XVème siècle  un état indépendant.

 

La Francie orientale

 

Elle deviendra la Germanie, appelée maintenant Allemagne. C’est un ensemble de frontières et de territoires qui trouveront leur cohérence par la pratique d’une même langue et un sentiment d’unité qui va se développer très rapidement au-delà des ruptures et remembrements de son espace.

 

La Francie moyenne

 

C’est le royaume de Lothaire, la Lotharingie. C’est un ensemble disparate qui a vécu peu de temps. Il est composé de territoires qui serviront de champs de bataille pour les puissances voisines, la future France et la future Allemagne.

Les guerres auront beaucoup vers l’Italie au sud et en Lorraine qui sera l’objet pendant des siècles d’une possession des français ou des allemands. L’historie de cette région dont le destin est aussi lié à l’Alsace conserve dans sa culture des restes de ces antagonismes, en particulier un droit local spécifique à la Lorraine et l’Alsace, droit mis en place par les autorités allemands du temps de leur domination, et transformé par l’état français.

 

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L’idée de cousins germains provient de cette période de l’histoire puisque ce sont des membres de la même famille qui ont régné sur la future France et la future Allemagne. Les cousins germains de la famille royale de Francie occidentale se trouvaient de l’autre côté du Rhin. 

 

 

 

 

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14/04/2016
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La France et ses origines - 2.000 ans d'histoire ?

 

Certaines personnes évoquent la France comme une entité cohérente, deux fois millénaire, presque inamovible. Une conscience nationale qui se perpétuerait de génération en génération. 

Cette manière de penser a le mérite de simplifier la compréhension du monde mais a surtout le gros défaut de donner comme une réalité quelque chose qui n'a jamais existé de la sorte, en fait qui est complètement faux.

La conscience nationale française est une idée très récente à l'échelle de l'histoire des peuples.

Le territoire qu'on appelle la France est le fruit d'un long et perpétuel processus en mouvement permanent qui a amené des peuples et des personnes de toutes origines à modifier l'identité d'être français. Cette identité d'ailleurs continue à se modifier, à évoluer, année après année, comme cela a toujours été le cas depuis deux mille ans. 

 

 

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Un amateur éclairé d'histoire, Jean-Christophe Plot, a mis en avant cettte complexité dans un article passionnant. 

 

LA « FRANCE » EN L'AN 16 : DES TAS DE GAULES 

 

En 16 de notre ère, le territoire qui correspond aujourd’hui aux frontières françaises est entièrement placé sous l’autorité de Tibère, deuxième chef d’un Empire romain fondé par son prédécesseur Auguste.

Le nom même de France n’existe pas. Elle n’est pas un pays, ni une ambition politique, pas même une pensée et encore moins un État indépendant.

 

Ce que nous avons en 16, c’est une série de provinces de statuts différents :

  • La Narbonnaise, province romaine déjà ancienne, menée par un proconsul de Rome ;
  • Les provinces alpestres, qui appartiennent personnellement à Tibère, lequel les fait gérer par un procurateur ;
  • La Gallia Comata, ou Gaule chevelue, dirigée par un légat basé à Lyon. Elle englobe elle-même trois provinces – la Gaule Lyonnaise, la Gaule Aquitaine et la Gaule Belgique, elles-mêmes divisés en 60 cités qui correspondent peu ou prou aux territoires des anciennes tribus gauloises conquises par César.

 

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Notons la remarquable absence de France sur cette carte des provinces romaines en 14 de notre ère.

 

 

Tout cela bougera sous Dioclétien, sous Domitien et d’autres mais le fait est que l’Empire romain en a pour encore quatre ou cinq bonnes centaines d’années d’existence au bas mot avant de disparaître progressivement au 5e siècle.

Ajoutons qu’il n’y a pas non plus l’ombre d’un Français chrétien dans les Gaules. D’abord parce qu’il n’y a pas encore de Français, ensuite parce qu’il n’y a pas de chrétiens, et pour cause : le Christ, en 16 après lui-même, est encore un adolescent ou un jeune homme de Galilée.

Petite parenthèse à ce sujet : Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Jésus de Nazareth n'est pas né en l'an 0, mais vraisemblablement entre -4 et -7. Pour comprendre l'erreur, il faut savoir que ce n'est qu'à partir du VIe siècle après Jésus Christ que l'on a commencé à compter les années par rapport à sa naissance. Auparavant, c'était par rapport à la date de fondation de Rome, qui correspond à -754 de notre ère. 

L'erreur vient donc d'un moine, Denys le Petit, qui a calculé que Jésus était né en 754 après la fondation de Rome, date qui est donc devenue l'année 0 de notre ère. Mais cette date était erronée, car on apprit par un historien juif du Ier siècle que le roi Hérode est décédé en 750 après la fondation de Rome. Or selon l'évangile de Matthieu, Hérode est décédé peu après la naissance de Jésus. Jésus serait donc né autour de l'année 750 du calendrier romain, soit probablement entre -4 et -7 de notre ère.

La France a-t-elle une date de naissance ?

 

Mais du coup, quel âge a-t-elle ? Tout dépend de ce qu’on entend par France : un peuple ? Un État ? Une nation ? Une patrie ? Un régime ? Un sentiment d’appartenance ? Une identité commune ? Un drapeau ? Des valeurs ? Admettons, mais lesquelles ?

L’infinie complexité de ce processus est en soi une forme de réponse : il n’y a pas de date de naissance et pas d’anniversaire. La France n’est pas un être vivant inscrit à l’état-civil, il n’existe pas de date ou de symbole magique à partir de laquelle on pourrait se dire « pouf, ça y est, nous sommes en France, nous sommes Français et être français, c’est être ceci ou cela ». C’est de l’histoire-roman, cela ; du conte, une fiction, une lecture symbolique tant qu’on voudra – mais pas de l’Histoire.

 

Plusieurs dates-clefs peuvent être retenues comme une série d’étapes vers la constitution de notre pays. Là encore, elles ne sont pas un document certifié conforme mais une suite de marqueurs qu’on peut retenir comme autant de points de repères.

 

  • 24 décembre 496 : avant la France, les Francs et le plus connu d’entre eux, Clovis. Décembre 496, qui marque le baptême du roi franc, c’est LA date fondatrice pour les tenants d’une France qui serait à leurs yeux indissociables du christianisme. D’un point de vue plus politique, sa conversion est surtout pour Clovis une manière de s’assurer le précieux soutien de l’Église et de ce qui reste des élites gallo-romaines, christianisées depuis Constantin en 337. Donc de donner un peu de solidité aux conquêtes de son peuple, l’un des principaux groupes arrivés en Gaule vers le milieu du 5esiècle avec les Alamans, déjà christianisés. Ajoutons que baptisé ou non, Clovis n’est pas le roi de France mais rex francorum, roi des Francs. Pour être plus complet sur cet épisode de l'histoire de France, il faut préciser que Clovis s'est marié avec Clotilde, une princesse catholique burgonde. l'entourage royal est très chrétien même si lui est resté longtemps "payen". Sa conversion, en plus de lui donner une autorité très puissante, va être utilisée par l'église qui voyait en lui un pouvoir fort, capable d'imposer la chrétienté dans toutes les zones du royaume où elle n'était que vacillante. C'est une opération gagnant-gagnant pour Clovis et pour les autorités religieuses. Cela permettra aussi d'allier de nouvelles armées pour vaincre les wisigoths lors de la bataile de Vouillé en 507. Les fils de Clovis se chargeront d'anéantir le vieux royaume des burgondes, seule partie qui n'était pas encore sous la domination franque. 

 

  • 843 : c’est l’année du traité de Verdun, qui résout le problème posé par la mort de Charlemagne – un empereur dont les Allemands revendiquent autant l’héritage que les Français. Concrètement, l’ancien bloc est divisé en trois parts. La partie occidentale, qui couvre les deux-tiers environ de l’Hexagone actuel, désignée commeFrancia occidentalis, est dirigée par Charles le Chauve.

 

  • 987 : la dynastie capétienne s’installe sur le trône pour les 8 siècles qui suivent. Mais pendant belle lurette encore, les Capétiens successifs ne règnent en réalité que sur leurs propres terres. Certains de leurs vassaux sont plus puissants qu’eux, à commencer par les Plantagenêts.

 

 

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  • 1124 : Louis VI le Gros en appelle avec succès à ses vassaux contre les troupes de l’empereur germanique Henri V, qui entre en Champagne. C’est souvent à cette mobilisation qu’on associe la naissance d’un sentiment national commun chez les grands seigneurs féodaux, à nouveau sensible à Bouvines en 1214 quand Philippe Auguste a vaincu les troupes d’Othon IV.

 

  • 1190 : Le même Philippe Auguste est le premier à faire graver sur son sceau la mention Rex Franciae (roi de France) au lieu de Rex Francorum (roi des Francs). A partir de Louis IX (Saint Louis), l’expression est définitivement retenue.

 

  • La guerre de Cent Ans : la stratégie de pillage des armées anglaises fait beaucoup pour entretenir la haine des populations des campagnes, bien plus prononcée que dans les villes. c’est sans doute là, au cœur de ce conflit qui s’étend de 1337 à 1453, que se cristallise ce fameux sentiment national – entre le XIVe et le XVe siècle donc. Contre les Anglais qu’il s’agit de « bouter » donc mais aussi contre leurs alliés… Bourguignons.

 

Alors ?

 

Alors, avant la guerre de Cent Ans, il y a bien une France, mais y a-t-il des Français ? Les sujets du roi savent depuis longtemps qu’ils vivent dans le royaume de France mais il n’existe pas encore de conscience nationale, de patrie commune avant le début du conflit.

À son terme, ce sentiment est plus ou moins acquis – au moins sur le territoire français de cette époque, qui ne correspond pas au nôtre aujourd’hui.

 

Ce que nous explique là Jean-Christophe Plot, c'est que l'idée de France en tant que telle est comme tous les pays du monde : une entité changeante qui évolue au gré des sursauts des l'histoire, des invasions, des migrations, des découvertes. Pour la France, l'histoire moderne a amplifié ces phénomènes. 

 

L'histoire de la colonisation de territoires par la France sur d'autres continents va profondément modifier la notion d'identité française. Ces terres se trouvent en Afrique (Maghreb, Afrique Noire, Caraïbes, Asie du sud-est, Vietnam entre autres...). La langue française va s'installer dans ces pays et de nombreux habitants de ces pays vont se retrouver à vivre dans l'hexagone. Les populations de ces territoires vont amener avec elles leurs cultures, leurs façons de penser la vie, leur gastronomie, leurs musiques, leur savoir-faire, leur spiritualité. La nation française s'est enrichie de tout cela et l'identité française se définit avec ces approches nouvelles de l'existence.

 

Ajoutons pour être plus complet encore l'émigration massive d'italiens au sud et de polonais au nord (notamment dans les mines), tout cela au début du XXème siècle. Ces populations aussi feront évoluer l'identité française. 

Nous définissons par exemple l'accordéon comme un ferment de la musique populaire de France. Cet instrument, en fait, est venu d'Italie par les musiciens qui traversaient les Alpes. Le film "La trace" avec Richard berry relate très bien cette histoire des passeurs dans les montagnes alpines. 

 

Les équipes sportives nationales sont multicolores. On sait ce que doit l'athlétisme français aux Caraïbes, le handball à l'île de la Réunion et aux autres îles outre-mer, des exemples parmi de nombreux autres. Beaucoup de gens se rappellent encore de l'équipe de France de football 1998, championne du monde, les Black-Blanc-Beur. Cela a d'ailleurs servi d'exemple au métissage sportif de l'équipe d'Allemagne qui a ensuite intégré dans la mannschaft ses populations d'origine turque ou africaine comme les hollandais l'avaient déjà fait en intégrant ses habitants d'origine du Surinam, ancienne colonie du pays. 

 

Pourtant, de tous temps, ces peuples nouveaux ont connu des difficultés pour être reconnus. La peur de l'étranger a toujours suscité du rejet. La peur de perdre une identité reconnaissable et rassurante. 

Pourtant, l'histoire nous montre comment ces mouvements de population sont à la base de la nation française, à tous points de vue. 

L'identité d'un pays n'est pas une image figée pour l'éternité.

La science historique nous permet de l'analyser avec précision et surtout de constater comme les migrations à travers le monde ont enrichi chacune des sociétés qu'elles ont traversées. 

Le livre d'Amine Maalouf "Les identités meurtrières" évoque tout cela avec beaucoup d'acuité. 

(Lien direct vers l'article :  Livre - Essai / "Les Identités Meurtrières" par Amin Maalouf)

 

 

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L'identité française d'hier n'est plus celle d'aujourd'hui. Et celle d'aujourd'hui ne sera pas celle de demain.

Mais ce qui, de toute évidence, restera pour longtemps une constante, ce sont les valeurs ouvertes de la république, liberté, égalité, fraternité, qui devraient normalement permettre à tout un chacun de trouver sa place dans la société d'aujourd'hui et de demain, qui qu'il soit, d'où qu'il soit, quoi qu'il pense, quelles que soient les couleurs qu'il porte.

 

 

 

 

 

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10/04/2016
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Grands évènements de l'histoire - L'homme apprivoise le feu - 400.000 ans avant Jésus-Christ

L'homme apprivoise le feu - 400.000 ans avant Jésus-Christ

 

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Replongeons dans les profondeurs de l'histoire de la Terre, il y a 1.500.000 années. Quelque part sur la planète, un être qu'on a appelé Homo Erectus a plongé une branche d'arbre dans de la lave en fusion près d'un volcan. Un autre a peut-être récupéré une braise après un incendie de forêt, puis il a tout fait pour entretenir la flamme. Le feu après avoir été vécu comme une terreur devient un allié qu'on ne peut pas encore totalement maîtriser. 

Un million d'années plus tard, ses descendants ont appris à le fabriquer. La vie des hommes en sera complètement bouleversée. Voilà l'humanité en route vers une nouvelle modernité. 

 

 

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On a découvert que les plus anciennes utilisations du feu ont commencé dans les temps où les différences entre l'homme et le singe n'étaient pas encore très distinctes. Avant même de recueillir la flamme et ensuite de la maîtriser, l'homme consommait des viandes cuites d'animaux brûlés dans des incendies de forêt ou de brousse. 

Ceci dit, le feu ne représente alors qu'une force maléfique et dangereuse qui peut tuer comme elle brûle les animaux.

 

Personne ne peut dire exactement comment l'Homo Erectus a découvert le feu et surtout comment il a pu le reproduire. La seule chose que nous sachions à l'heure actuelle (si tant est que nous le sachions un jour), c'est que ce fut une découverte tardive, dans un moment de la Préhistoire où les hommes vivaient déjà en société (en clans ou en tribus). Ils savaient déjà fabriquer des outils. Nous savons également que cette conquête du feu se termine un peu partout sur Terre dans un intervalle de 100.000 à 200.000 ans, ce qui n'est rien en terme de durée historique. Il est donc clair que la conquête du feu a été très rapide sur l'ensemble de la planète. 

 

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Les premiers foyers apparaissent en Europe entre 450.000 et 380.000 ans avant JC (en Hongrie - Vértesszöllös, aussi en France - Terra Amata). Plus tard vers 300.000 ans avant JC, on en retrouve en Chine puis en Afrique. 

 

LE FEU CHANGE LA VIE DES HOMMES

 

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La conquête et la domestification du feu représentent un formidable "bond technologique" pour cette époque. En plus de stopper les guerres sanglantes pour s'approprier des foyers qu'on ne maîtrisait pas, cela va permettre de créer une nouvelle organisation sociale dans les tribus et les clans.

Le feu apporte la lumière et la chaleur. L'homme n'est plus condamné à vivre dans le noir, dans les ténèbres. 

Le soir, il peut continuer à fabriquer ses outils ou à travailler une peau pour en obtenir le cuir des vêtements, même après le coucher du soleil. 

Le feu représente aussi le lieu de regroupement de la tribu, un lieu apaisant après les difficultés de la journée. Le centre de l'habitat devient le foyer, l'endroit autour du feu, des veillées, où chaque membre du groupe peut raconter aux autres ses exploits de chasse et ceux de ses ancêtres. Cela crée de la cohésion autour de ce feu souvent placé à l'entrée du logis ou au cenrte de la hutte avec une ouverture au plafond pour évacuer la fumée. 

Cette domestification du feu amène aussi à une spécialisation des tâches. Allumer un feu reste une tâche difficile, surtout le maintenir en activité. Un des membres en a la responsabilité. Les autres sont chargés de veiller à son entretien, d'aller chercher du combustible (du petit bois, des herbes sèches mais aussi, dans des steppes glacées avec très peu de végétaux, des os et de la graisse animale). Les membres les plus costauds s'occupent souvent de chasser et de couper des grosses branches pour la construction des huttes. 

 

 

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Modification de la vie

 

Grâce au feu, l'homme n'aura plus à surveiller sans cesse son environnement très dangereux ; car le feu éloigne les animaux, notamment les prédateurs. 

Le feu permettra aussi aux hommes de conquérir de nouveaux territoires, de changer l'habitat car le feu se transporte par une branche d'arbre résineux enflammée, par une pierre enduite de graisse avec un tendon allumé en guise de mèche. Les hommes disposent ainsi de leurs premières torches, leurs premières "lampes". Grâce à elles, ils vont pouvoir s'enfoncer dans les grottes et même en faire leur domicile. 

Mais surtout, le feu va devenir une source d'énergie qui permettra de passer de l'alimentation de produits crus à des produits cuits (viande et végétaux). Viandes et poissons sont grillés sur la braise ou sur une pierre chaude. On peut mijoter des bouillons dans des récipients suspendus au-dessus du feu  à l'aide d'un trépied de branches. Les hommes vont ajouter à ces bouillons des racines cueillies, de la graisse animale, de la moelle et même des cervelles d'animaux. Le début de la triperie. 

 

 

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Le feu donne aussi la possibilité de fumer les viandes pour mieux les conserver. Cela permet de développer la conscience du lendemain, la perception envisagée du retour des saisons en sachant qu'un hiver rude demande de la préparation en amont. Cela crée un développement de l'intelligence humaine, une intelligence plus complexe qui intégre les besoins du futur. C'est ainsi que l'homme devient capable de mesurer le temps au lieu de se borner à rester dans le présent immédiat. 

 

"Allumer le feu" avant Johnny Hallyday

 

Pour faire un feu au temps de la Préhistoire, il suffit de principes simples  et d'un outillage élémentaire. 

 

Deux types d'objets existent pour faire un feu :

 

1/ Les briquets 

Dans ce cas, l'échauffement est obtenu par percussion. Les briquets sont constitués de pierres dures (souvent des sylex) ou d'une pierre et d'un morceau de minerai de fer (pyrite, marcassite). Il faut frapper violemment l'une contre l'autre tout près d'une matière sèche et inflammable (par exemple de l'amadou ou de l'étoupe). Une fois portée à incandescence, cette matière transmet le feu à des combustibles plus importants. 

 

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2/ Les allume-feu

 

Le feu est obtenu par friction. Cela consiste en deux morceaux de bois de dureté différente. Ils sont frottés l'un contre l'autre par rotation ou friction oblique, jusqu'à ce que l'échauffement se produise. Le bois surchauffé est immédiatement mis au contact d'une matière inflammable. 

 

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L'odyssée de l'espèce - Le feu

 

 

 

Coloriages à imprimer

 

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24/02/2016
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Grands évènements de l'histoire - La bataille de Marignan - 1515

Bataille de Marignan – 1515

 

 

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Marignan, 1515 !

Vous connaissez tous cette date apprise par cœur à l’école parce qu’elle est facile à retenir, parce qu’elle est emblématique d’un « savoir scolaire » sur l’histoire comme quelques autres comme l’an 800 (Couronnement de Charlemagne), 1610 (Assassinat d’Henri IV) ou encore 1715 (Mort de Louis XIV).

Mais que s’est-il passé à Marignan les 13 et 14 septembre 1515, au nord de l’Italie actuelle ? Que faisaient les troupes françaises dans cet endroit ? Quelle place a cette bataille dans le règne de François 1er ?

 

Tout d’abord, il faut savoir que l’Italie de cette époque est, avec les Pays-Bas, le pays le plus développé et le plus peuplé d’Europe. Mais surtout c’est un pays morcelé en une vingtaine de petits états dont seulement cinq ont un poids réel : Naples, Milan, Florence, Venise et les états du Pape.

Ces états sont en perpétuelle rivalité. Cela inspire les états voisins à intervenir pour ajouter quelques conquêtes à leur territoire. Quatre d’entre eux occupent le haut du pavé. Le Saint-Empire, théoriquement maître du nord de l’Italie. La France dont la famille royale a quelques liens avec des princes italiens. L’Espagne qui a déjà un pied à Naples. Les Suisses, régulièrement en vue dans leur tradition de mercenaires prêts à intervenir quand on les appelle. Ces derniers sont au service du Duc de Milan, mais leurs chefs commencent déjà à imaginer un autre plan plus proche de la conquête de ce territoire.

 

 

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C’est dans ce contexte qu’a lieu la bataille de Marignan.

Malgré l’accord et la somme de 150.000 écus pour qu’ils se retirent, les Suisses décident de rester, soutenus par le bouillant cardinal de Sion, Matthias Schiner, farouche partisan de la tradition militaire après deux siècles de lutte contre la domination des Habsbourg (importante famille royale d'Europe connue pour avoir fourni tous les empereurs du Saint-Empire entre 1452 et 1740, ainsi que les dirigeants de l'Espagne et de l'Empire d'Autriche, puis de la double monarchie austro-hongroise. La dynastie a pris le nom de « Habsbourg-Lorraine » en 1780.)

 

Le roi de France François 1er, alors âgé de 20 ans, a de la fougue à revendre. Sa jeunesse fait douter de sa capacité à diriger le pays. Il a besoin d’une action d’éclat pour prouver le contraire. Marignan se prête à cela. Aussi, il va revendiquer les prétentions françaises sur Milan. Il réussit à former une armée composée de soldats de tous bords : des aventuriers gascons et navarrais, des fantassins allemands (lansquenets), des baroudeurs de la « bande noire », originaires des Pays-Bas.

Grâce à l’augmentation des impôts, il peut payer la mise en place de cette armée et surtout la non-intervention d’un roi ambitieux, Henri VIII d’Angleterre.

 

 

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La bataille de Marignan par Fragonard

 

 

L’armée du roi de France franchit les Alpes dans l’après-midi du 13 septembre par des chemins difficiles  pour ne pas être repérés des troupes du pape, allié de Milan.  C’est un véritable exploit que d’y faire passer des canons.

Mais les Suisses vont charger. La bataille commence.

Le roi se mêle à ses soldats. Bayard, le « chevalier sans peur et sans reproches » est aussi présent. Ce dernier invective ses ennemis, leur lance un « Traîtres et vilains maudits ! Retournez dans vos montagnes manger du fromage ! »

Au coucher du soleil, des centaines de cadavres gisent sur le sol. L’issue de la bataille est encore très indécise. La nuit va être longue. Chacun surveille d’éventuelles attaques nocturnes. Tout le monde est sur le qui-vive.

 

Au petit matin, le combat reprend. C’est un carnage. Les Suisses reculent face à la puissance des canons. Ils essaient de contre-attaquer mais les Vénitiens viennent grossir les rangs de l’armée française.

Le 14 septembre à midi, François 1er vient de gagner sa première grande bataille. On compte 13.000 morts chez les Suisses, 2.000 chez les français (à cette époque une armée compte environ 30.000 hommes).

 

Cette défaite est traumatisante pour les Suisses. Cela stoppera leurs idées de conquête au nord de l’Italie. Le 29 novembre, ils signent un traité de « Paix perpétuelle » avec la France. C’est le début de leur célèbre neutralité. Une des nations les plus militaires du continent européen va devenir un modèle de pacifisme.

Cette victoire est surtout l’œuvre de l’artillerie. François 1er ne s’en rendra pas compte en restant ancré dans les traditions médiévales qui font armer les gentilshommes les plus vaillants. Lui-même sera adoubé par Bayard.

 

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Le roi voulait remercier la petite noblesse qui s’était dévouée sans compter à la cause royale.

Oubliant l’artillerie, il connaîtra à l’inverse une lourde défaite dix ans plus tard à Pavie (encore en Italie). 

 

En tous les cas, la venue de François 1er en Italie, c'est le début de la Renaissance en France.

 


"La Guerre (La bataille de Marignan)" de Clément Janequin (1458-1558)

 

Reconstitution de la Bataille de Marignan

 


La Bataille de Marignan - Musée de l'Armée

 

 

 

 

Coloriage François 1er

 

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11/02/2016
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Film documentaire / "Louise, une voix qui traverse le temps"

Film Documentaire 

"Louise, une voix qui traverse le temps"

1er prix du documentaire lors du Festival Européen du film scolaire en l'an 2000

à Semur-en-Auxois

 

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Cours métrage très émouvant lors d'une rencontre entre Nadia Kaluski-Jacobson, ancienne résistante juive pendant la Seconde Guerre Mondiale, soeur de Louise Jacobson, jeune déportée de 18 ans, et les enfants de l'école primaire de Chamboeuf, près de Gevrey-Chambertin dans les Hautes-Côtes, en 1998.

 

Nadia Kaluski Jacobson avait publié un livre des lettres de sa jeune soeur alors qu'elle était emprisonnée de 1942 à 1943 à Fresnes et Drancy avant de partir pour Auschwitz où elle mourra, comme sa mère. 

 

 

 

D'un entretien dont l'enregistrement a donné lieu à deux heures trente de film, le montage en a tiré 8 min 45 d'une grande intensité. Les élèves sont ensuite allés par groupe de trois en studio au CRDP (Centre Régional de Documentation Pédagogique) sur le campus dijonnais, une fois par semaine pendant un trimestre pour monter les images et le son. 

Le générique de fin a donné lieu à un travail sur la lecture d'images et deux jours de repérage et tournage dans Chamboeuf et ses environs.

 

Si le film est présenté ici sur ce blog, plus de dix ans après sa réalisation, c'est que son propos résonne encore dans l'idée de la tolérance et l'acceptation de toutes les différences. C'est la citoyenneté vue par des enfants pour des enfants, aussi pour des adultes.

 

Nadia Kaluski-Jacobson est décédée il y a quelques années. Suite aux relents révisionnistes des années 90, elle s'était donné comme but dans sa vie de faire connaître l'histoire de sa famille. Une forme de renaissance pour faire avancer l'idée de la paix. Elle a parcouru les écoles et les collèges en France et à l'étranger (en Allemagne entre autres) pour parler de ce livre et rencontrer les jeunes. 

A l'école de Chamboeuf, elle était devenue comme une mamie des enfants. Elle est revenue deux fois pour les revoir et partager avec eux jeux et goûters. C'était une femme formidable. 

 


05/11/2012
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