Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

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Oeuvres d'art du XIXème siècle (19ème siècle)

Oeuvres d'art du XIXème (19ème siècle)...


Histoire d'une oeuvre / "Le Cri" - Edvard Munch - 1893

Le Cri

Edvard Munch – 1893

Technique – Tempera sur carton (une des cinq versions)

Dimensions : 91 cm x 73,5 cm

Galerie Nationale d’Oslo (Norvège) – Nasjonalgalleriet, Oslo

 

 

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Le tableau (plutôt les tableaux)

 

Voici un tableau connu mondialement. L’expression du personnage central a donné lieu à des explications multiples qui ont encore des échos pour l’humain d’aujourd’hui.

 

Le Cri (Skrik en norvégien) est une œuvre qualifiée d’expressionniste. Edvard Munch, son auteur, est norvégien. Ce tableau existe en cinq versions dont trois à la peinture, une au pastel et une autre en lithographie.

 

Edvard Munch exécuta donc cinq versions de son œuvre majeure. La plus célèbre est la tempera sur carton.

Le terme tempera ou tempéra ou bien encore tempura (du latin : temperare, « détremper ») désigne une technique de peinture basée sur une émulsion, qu'elle soit grasse ou maigre : peinture « a tempera ». Pour préciser la nature de l'émulsion, on énonce simplement les composants : tempera à l'œuf, tempera grasse à la colle de peau, etc.

La version tempera du Cri de Munch se trouve au Musée Munch d’Oslo. Elle mesure 83,52 cm de haut sur 66 cm de large. La version peinture à l’huile, tempera et pastel se trouve à la Galerie Nationale, toujours dans la capitale norvégienne.

Une troisième version est une propriété du musée Munch.

Quant à la quatrième, elle appartenait au milliardaire norvégien Petter Olsen avant qu’elle ne soit vendue le 2 mai 2012 à un acheteur anonyme pour la somme rondelette de 119,92 millions de dollars (soit environ 102 millions d’euros). C’est un record qui dépasse le « Nu au plateau de sculpteur » de Picasso (106,5 millions de dollars).

La cinquième version du Cri est une lithographie de 1895  qui est exposée à Berlin.

 

Le paysage en arrière-plan représente le fjord d’Oslo, vu d’Ekeberg.

 

 

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Symbolique et interprétation

 

Cette œuvre  est donc classée comme expressionniste.

En réaction à l’impressionnisme, l’expressionisme est un courant artistique et pictural (né en Allemagne en 1905) qui se veut antinaturaliste et qui cherche à explorer les méandres de l’âme humaine avec une fascination particulière pour la mort, pour les complications de l’esprit dans des paysages angoissants avec des visages torturés.

La vie d’Edvard Munch peut expliquer en partie ce parcours artistique puisque le jeune enfant né en 1863 à Loten, a vu dés l’âge de 5 ans, sa mère et sa sœur mourir de la tuberculose. Et très tôt, il explorera, par le dessin, les faces les plus sombres de l’existence et la solitude humaine.

Le Cri symbolise l’angoisse existentielle de l’homme moderne, la difficulté de se trouver une place dans le monde contemporain. Ce cri tragique a été poussé dans la société scandinave, conformiste, puritaine et bourgeoise de la fin du XIXème siècle.

Si le tableau marque encore les esprits au XXIème siècle, c’est que la question qu’il aborde est encore d’actualité, autrement, dans des sociétés où la machine prend de plus en plus de place, où la place de l’humain est remise en question, autant dans ses rapports au travail que dans ses liens avec ses congénères. La question de l’oppression en opposition à la liberté de l’être prend son sens autant dans les sociétés d’hier que dans celles d’aujourd’hui.

En ce sens, entre autres, le tableau n’a rien perdu de sa modernité. On pourrait même dire qu’il est intemporel.

 

Quelques mots de Munch

 

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Le 22 janvier 1892, Edvard Munch a écrit ses quelques mots qui donnent un éclairage plus précis sur son œuvre :

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis – le soleil se couchait – tout à coup le ciel devint rouge sang. Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture – il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville – mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété – je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature. »

 

Contexte de l’époque

 

Un professeur d’astrophysique du Texas a analysé le rouge flamboyant de ce coucher de soleil. D’après lui, il aurait été vraisemblablement provoqué par les cendres émises lors de l’éruption du volcan Krakatoa en 1883, un volcan indonésien en forme d’archipel, situé dans le détroit de la Sonde entre Sumatra et Java. Ses études tendraient à montrer des liens de date entre ce phénomène naturel et les impressions exprimées de Munch.

 

Par ailleurs, on peut remarquer de grandes ressemblances du personnage central du tableau avec une momie chachapoyas du Pérou. L’historien d’art, Robert Rosenblum, rappelle que Munch  aurait découvert cette momie lors d’une exposition à Paris et  aurait pu s’en inspirer pour la première version de son Cri. Cette momie a aussi servi d’inspiration pour Paul Gauguin. 

 

Vol du Cri

 

Le tableau sera volé le 12 février 1994. Trois mois plus tard il est proposé au gouvernement norvégien contre une rançon de 1,2 million de dollars. L’offre est refusée. Finalement, il sera retrouvé le 7 mai 1994 lors d’une descente de la police norvégienne en collaboration avec la police britannique et le Getty Center (musée du milliardaire Jean-Paul Getty, situé à Brentwood, Los Angeles. Jean Paul Getty a fait fortune dans l’exploitation du pétrole avant de créer sa fondation artistique, la Fondation Getty et son musée doté d’un fonds de fonctionnement de 700 millions de dollars).

Les responsables de ce vol seront condamnés en août 2004 à des peines de prison allant de 5 à 10 ans. L’un d’entre eux est mort d’une surdose d’héroïne en 2006.

 

 

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Influence du Cri dans la peinture contemporaine

 

Le peintre islandais Erro (de son vrai nom, Guðmundur Guðmundsson) a fait plusieurs détournements de tableaux célèbres dont celui d‘Edvard Munch le Cri en 1967.

 

 

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Le personnage de Ghostface dans les films d’horreur Scream présente un masque inspiré du cri de Munch.

 

 

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Même la série télévisée Les Simpson montre à plusieurs reprises le tableau, surtout en parodie.

 

 

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On retrouve même le Cri dans un album récent d'Astérix

 

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On retrouve Le Cri dans le Street Art comme ici en Allemagne

 

 

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"Condamné à l'agonie" - Graffiti librement inspiré du tableau de Munch  près d'une voie de chemin de fer entre Sehnde et Lehrte  (Allemagne)

 

 

Le Cri se retrouve aussi dans la musique avec la célèbre image du l'album et du film The Wall des Pink Floyd

 

 

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Même la nature dans des ressemblances aléatoires nous parle du Cri, comme cet arbre photographié au début des années 2000.

 

 

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En fait, cette œuvre reconnaissable de tous a été moult fois détournée ou parodiée, montrant par là même son actualité toujours présente. Si, dans le détail, chaque interprétation des détournements ou parodies peut être différente, dans le fond, cela repose toujours la même question existentielle de la place de l’humain sur notre planète.

Voici donc une œuvre qui peut être à la source d’une multitude de réflexion, de débats et de questionnement sur l’avenir de l’homme.  

 

Autres parodies

 

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 Version Mickey

 

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 Version Le Chat

 

 

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 Version Joker

 

 

 

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 Version Minion

 

 

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 Version Tintin et Milou

 

 

 

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Et pour les petits et mêmes les grands enfants, même s'ils sont adultes, le coloriage à imprimer

 

 

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Deux films d'animation

 


 Un amusement cinématographique de Kris Léo

 

 


Un film de Sebastian Cosor (2010), 

réalisateur et créateur d'effets spéciaux pour le studio SafeFrame

sur une musique de Pink Floyd

 

 


22/10/2017
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Histoire d'une oeuvre / "Le Radeau de la Méduse" de Théodore Géricault - 1818-1819

Le Radeau de la Méduse

Théodore Géricault

1818-1819

Mouvement romantique

Peinture à l’huile, toile sur bois

Dimension 4,91 m sur 7,16 m

Musée du Louvre, Paris

 

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Ce tableau fit sensation au salon de 1819. C’était la première fois qu’un peintre reconstituait une scène réaliste d’un évènement qui avait réellement eu lieu, en l’occurrence le naufrage du navire La Méduse, survenu trois ans plus tôt au large du Cap Blanc.

 

Avec le retour de Louis XVIII sur  le trône pour la Restauration de la royauté, les anglais rendent le Sénégal à la France.

Le 17 juin 1816, La Méduse appareille de l’île d’Aix pour rejoindre le port sénégalais de Saint-Louis. Son objectif est d’entériner la restitution du Sénégal et d'installer la nouvelle hiérarchie dirigeante au nom de la France.

La flottille est composée de trois autres bateaux : le navire de combat Loire, le brick Argus, et la corvette Echo. A bord ce sont près de 400 passagers qui ont pris place dont le colonel Julien Schmaltz, gouverneur du Sénégal. Il est accompagné de sa femme Reine et de sa fille. Sont aussi présents des notables, des scientifiques, des soldats et bien sûr des colons, aussi des républicains que le pouvoir voulait éloigner de France.

C’est le commandant Hugues Duroy de Chaumareys, un vicomte limousin qui est nommé capitaine de la Méduse. Seul problème, il n’a pas navigué depuis 20 ans.

Il décide de prendre de l’avance sur les trois autres bateaux et les dépasse. Mal lui en prend, il dévie de sa trajectoire de 160 kilomètres et quitte la route prévue. C’est le 2 juillet 1816 qu’il s’échoue là où il ne fallait surtout pas passer, sur le banc d’Arguin, au large des côtes mauritaniennes.

 

Pour se sortir de ce mauvais pas, l’équipage construit un radeau avec les espars (éléments  de gréement longs et rigides, souvent en bois, jouant un rôle important dans la propulsion à voile et pour les manœuvres). Ces espars sont assemblés par des cordages. On cloue des planches qui forment un caillebotis glissant et instable. Le tout a pour but de délester la frégate de ses marchandises pesantes (exceptés les 44 canons), dans le but de la déséchouer.

 

Mais tout ne se passe pas comme prévu. Des avaries surviennent le 5 juillet tandis que la mer devient mauvaise. L’évacuation de la frégate apparaît comme nécessaire. 17 marins restent pourtant à bord dans l’espoir de la ramener à bon port. 233 passagers dont Chaumareys, Schmalz et sa famille embarquent dans les six canots et chaloupes  pour gagner la terre la plus proche à 95 km de là. Pour le reste, 149 marins et soldats dont une femme, prennent place tant bien que mal sur le radeau qui n’était pas prévu au départ pour transporter des personnes.

 

Le radeau est amarré aux canots puisqu’il est dans l’incapacité d’être manœuvré. Il mesure 20 mètres de long et 7 de large et menace à chaque instant d’être submergé par les flots. Finalement, le commandant Chaumareys prend la décision d’abandonner le radeau en laissant quelques maigres vivres à ses occupants.

Ceux-ci, sous les ordres de l’aspirant de première classe Jean-Daniel Coudein, n’ont à leur disposition qu’un paquet de biscuits trempés devenus une sorte de pâte, deux barriques d’eau douce et six barriques de vin.

 

La situation va se dégrader très vite. La peur aidant, les disputes se font de plus en plus nombreuses. Les barriques d’eau douce tombent à l’eau, compromettant davantage l’avenir des naufragés. Au septième jour, il ne reste que 27 survivants dont la moitié sont des agonisants.

 

Poussés par la faim, la colère, le délire suite aux consommations fortes d’alcool, quelques désespérés se livrent à des violences, des tueries et du cannibalisme de survie.

 

Les officiers décident de jeter les blessés à la mer pour conserver plus de rations pour les hommes valides.

13 jours plus tard, le 17 juillet 1816, le radeau est repéré par le brick Argus, envoyé par Chaumareys. Les 15 derniers rescapés ont survécu aux entretueries, au cannibalisme et à l’anthropophagie.  Les nombreuses victimes sont soit mortes de faim, soit passées par-dessus bord ou se seraient jetées à l’eau de désespoir. Ce naufrage a causé la mort de 150 personnes. Sur la quinzaine de rescapés, dix seulement sont restés en vie. Certains sont devenus fous. 

 

Les autres bateaux se sont séparés. Certains sont parvenus à Saint-Louis alors que les autres sont arrivés quelque part sur la côte avec des victimes de la chaleur et du manque de nourriture.

 

La marine anglaise retrouvera le radeau 42 jours plus tard

Cet « incident » va provoquer un grand scandale et une gêne considérable pour la monarchie nouvellement installée, nouvellement restaurée. La nomination d’un capitaine incompétent est de toute évidence due à ses relations avec le nouveau pouvoir en place.

 

Paroles de rescapés

 

"Sur cet étroit théâtre, où tant de douleurs se réunissaient, où les plus cruelles extrémités de la faim et de la soif se faisaient sentir, des hommes vigoureux, infatigables, exercés aux professions les plus laborieuses, succombèrent l'un après l'autre sous le poids de la destinée commune[...]"(Corréard-Savigny).

"Parmi les malheureux que la mort avait épargnés, les plus affamés se précipitèrent sur les restes inanimés d'un de leurs malheureux frères d'infortune, mirent le cadavre en pièces et se rassasièrent de ce mets horrible. A l'instant même, beaucoup de nous n'y touchèrent pas. Ce ne fut que quelques temps après, que nous fûmes tous obligés d'en venir à cette extrémité." (Coudein)

Après 13 jours de dérive, quinze hommes vivant furent recueillis par un navire envoyé à la recherche du radeau. Ils furent débarqués à Saint-Louis (Sénégal), les plus atteints transportés à l'hôpital ; cinq y décèdèrent. 

Ne survécurent que 10 hommes, parmi lesquels : Coudein (aspirant de marine), Corréard et Savigny (chirurgien de marine). Ces deux derniers relatèrent leurs émouvantes péripéties dans un récit publié un an plus tard.

 

 

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Le tableau du Radeau de la Méduse

 

En 1817, Théodore Géricault se trouvait en Italie pour un voyage d’étude.

En rentrant à Paris, il tombe par hasard sur une édition datée du 22 novembre 1817. C’est une publication de deux survivants du naufrage, l’aide-chirurgien Henri Savigny et un ingénieur géographe Alexandre Corréard.

Les horreurs du naufrage sont aussi parvenues aux oreilles et aux yeux du public par des indiscrétions du ministre de la police Elie Decazes qui a fait une entorse à la censure. Il laissa le rapport parvenir à la presse. Son intention était de mettre à mal le ministre de la marine François-Joseph de Gratet et de prendre sa place. 

Le scandale est tellement énorme que le commandant Chaumareys est sévèrement sanctionné par les instances de la Marine. Il est reconnu coupable, dégradé, radié de l’armée et emprisonné pendant trois ans.

 

L’effet médiatique de ce naufrage est considérable. Théodore Géricault se dit qu’un tableau représentant cet évènement pourrait aider à bâtir sa réputation de peintre.

Il prend la décision de réaliser ce tableau et commence des recherches  préparatoires. Il rencontre d’abord deux des survivants, Savigny et Corréard. Le récit qu’ils vont lui en faire va influencer de manière importante la tonalité finale du tableau.

Géricault installa son atelier près de l’hôpital Beaujon. Ce sera le début d’une sombre descente, un plongeon infernal dans le travail sur cette œuvre qui baigne dans la mort et la déchéance. Rien ne l’arrêtera.

 

Géricault avait déjà été confronté à des pestiférés ou des déments. Mais là, il s’agit d’une confrontation aux extrémités du comportement humain.

Son objectif de coller à la vérité historique va devenir une obsession. Il observera et dessinera des esquisses des phénomènes de rigidité cadavérique, la chair en décomposition, les différents aspects des cadavres par les dépouilles de la morgue de l’hôpital voisin.

Il travaillera aussi à l’étude des visages de patients  mourant. Son atelier deviendra un lieu qui ne ressemble plus à un atelier de peintre.

 

 

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Plan du radeau de la Méduse d'après Corréard et Savigny

 

 

Pour affiner  son approche du tableau, il construira un modèle réduit du radeau avec l’aide des survivants et d’un charpentier nommé Lavillette. Ce radeau sera reproduit dans ses moindres détails sur la toile. Même les espaces entre les planches seront représentés. 

Géricault se rendra aussi au Havre pour contempler la mer et le ciel.

 

 

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Reconstitution du Radeau de la Méduse au Musée de la Marine de Rochefort

 

 

Lors d’un voyage en Angleterre, traversant la Manche, il profite du temps sur le bateau pour étudier les éléments du paysage marin. Le travail sur ce tableau lui occupe totalement l’esprit.

Plusieurs esquisses préalables vont voir le jour. Mais la conception et la réalisation du tableau sont très lentes. Le peintre hésite sur le moment du drame que montrera le tableau. Il décide finalement de peindre l’instant où les survivants voient l’Argus au loin, le brick sera l’élément lointain au bout de la ligne qui tire le dessin du radeau vers l’horizon. L’Argus n’est qu’une petite forme grisâtre au centre-droit de l’œuvre.

Le peintre choisit de montrer le radeau dans une mer démontée pour accentuer la dramaturgie de la scène. 

 

 

La réalisation du tableau

 

Malgré le côté pesant et méthodique du travail, l’atelier reste très bien rangé. Géricault travaille dans le silence absolu. Il dit que même un bruit de souris dérangerait sa concentration. Son assistant, un jeune homme de 18 ans du nom de Louis-Alexis Jamar a voulu partir, mais Géricault l’a convaincu de continuer avec lui.

Le peintre utilisera plusieurs modèles dont Eugène Delacroix son ami, représenté par le personnage devant. Jamar servira de modèle à trois personnages dont le jeune homme mort au premier plan.

Les trois survivants qu’il a rencontrés apparaissent par les personnages en ombre au pied du mât.

Chaque modèle pose l’un après l’autre. C’est un travail méthodique, personnage par personnage. L’ensemble du projet nécessitera un an et demi.

 

 

Description du tableau

 

C’est un tableau monumental d’environ 7 m sur 5. Sa taille fait que les personnages en arrière-plan sont à échelle humaine.

Le radeau de fortune semble sur le point de sombrer, voguant dans une mer déchaînée, tandis que les naufragés sont représentés totalement anéantis et désemparés. Un vieil homme tient la dépouille de son fils sur ses jambes ; un autre pleure de rage, abattu ; un cadavre sans jambes à gauche évoque les pratiques anthropophages qui ont eu lieu sur le radeau réel tandis que des taches
 éparses
 de 
rouge
 sang rappellent
 les 
affrontements. Plusieurs corps jonchent le radeau, au premier plan, sur le point de tomber à l'eau en raison des vagues. Les hommes au milieu de l'embarcation viennent d'apercevoir un bateau au loin ; l'un d'entre eux le montre du doigt, tandis qu'un membre africain de l'équipage, Jean-Charles, se tient debout sur une barrique vide et agite sa chemise en l'air afin d'attirer l'attention du navire.

 

Le tableau est construit autour de trois structures pyramidales, d’abord le mât et les cordes qui mettent en valeur le deuxième, celle des corps devant. La troisième est formée par l’homme qui agite sa chemise pour faire signe au bateau au loin.  

 

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Le point jaune représente la position de l'Argus sur l'horizon

 

Par cette œuvre, Géricault critique la France d’alors, conservatrice et esclavagiste. Le héros du tableau est un métis, celui qui mêle les deux couleurs de ce drame, le blanc de la France qui récupère le noir du Sénégal. C’est un héros sans visage puisqu’on le voit de dos. De plus il n’a pas de nom. C’est le premier héros de la peinture occidentale.

Trois autres hommes noirs apparaissent sur le tableau. L’un d’eux tient des mains blanches symbole de la fraternité des races. Dans la réalité un seul homme noir se trouvait sur ce radeau.

En en peignant trois, le peintre crée ouvertement une œuvre politique et romantique.

 

Le tableau est construit sur la règle des tiers qui attire les yeux vers les éléments principaux du tableau. Ces trois tiers correspondent aux trois pyramides. L’œil est d’abord attiré vers la toile et le mât puis suit les survivants avant de revenir vers les mourants dans des lignes qui renforcent la tension dramatique.

 

On trouve des couleurs pâles pour la chair, des couleurs sombres pour les vêtements, le ciel et l’océan, aussi des contrastes de lumière entre la clarté et l’obscurité.

 

C’est ainsi que « Le Radeau de la Méduse » eut un effet saisissant sur le public de l’époque. Son réalisme cru montre une avance de 150 ans sur le cinéma et la télévision.

 

 

Théodore Géricault

 

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Il est né le 26 septembre 1791 dans une famille aisée de Rouen, en pleine Révolution Française.

Il commence à étudier la peinture avec Carle Vernet, un spécialiste des scènes de chasse. Il continuera avec Pierre-Narcisse Guérin.

En 1811, à l’âge de 20 ans,  il entre à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts.

Il espérait obtenir le Prix de Rome pour pouvoir partir en Italie. Ne l’ayant pas obtenu, il finance lui-même son voyage. Il s’y imprégnera de la Renaissance italienne mais aussi des œuvres du maître flamand Rubens.

En 1819, il expose son tableau immense et spectaculaire au salon du Musée du Louvre, le fameux « Radeau de la Méduse ». La critique le brisera. Aussi, il prend la décision d’aller en Angleterre. Il s’y exile deux ans. Revenu à Paris en 1821, il lui restera trois années à vivre avant de mourir de la tuberculose le 26 janvier 1824. 

 

Le plus impressionnant dans toute cette histoire, c'est l'ensemble de hasards qui ont amené à ce chef d'oeuvre de la peinture. Celle-ci a ensuite influencé d'autres oeuvres majeures qui ont utilisé la représentation de scènes réalistes en lien à des évènements qui ont vraiment eu lieu.

 

Pour la postérité du Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, il a fallu d'abord l'indiscrétion sur fond de pouvoir d'un ministre de la police,  puis le récit par la presse d'extraits volontairement terribles de cette aventure humaine. Il a fallu un livre de Corréard et Savigny dont l'écho a été considérable. Et puis il a fallu que Géricault tombe par hasard sur ce livre qui influencera toute la suite de sa carrière de peintre et aussi d'autres artistes par la suite. 

Ce qui est incroyable, c'est de constater comment une affaire qui aurait dû rester secrète, par sa médiatisation, a provoqué un séisme dans le monde de l'art. 

 

Comme pour d'autres cas, art et histoire sont souvent liés

 

 

 

  

Tableau animé du Radeau de la Méduse

 

 

Arte - La véritable histoire du Radeau de la Méduse - 2015

 

 

 

 

 

 

 

D'autres tableaux, dessins et photos

représentant le Radeau de la Méduse

 

 

  

 

 

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Avec des légumes

 

 

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La bande dessinée s'en est aussi emparée

 

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Astérix bien sûr

 

 

Geneviève Defaux - radeau de la Méduse façon moderne.jpg  Geneviève Defaux, façon moderne

 

 

radeau-meduse.jpg Radeau de la Méduse avec des Play-Mobil

 

 

 

 

 

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(D'après Wikipédia et D'art D'art)

 

 

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Livre de poche aux environ de 8 € en avril 2016

 

 

 

Deux des rescapés, Corréard et Savigny, racontent leur témoignage. Ils sont deux des trois survivants de ce drame. Ils écrivent avec une rage manifeste ce récit d'une des plus effroyables tragédies de l'histoire maritime.

Ils n'imaginent pas une seconde qu'ils vont provoquer une crise majeure au sommet de l'État français. Nous sommes au temps de la restauration et de l'installation de Louis XVIII sur le trône. Ils ne savent pas encore qu'ils vont être à la source d'un tableau géant, un des sommets de l'histoire de la peinture, Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault.

 

 

 

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Version originale dont on peut encore trouver des fac-similés en vente dans le commerce - Valeur en avril 2016 : environ 65 €


12/04/2016
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Histoire d'une oeuvre / "Les Glaneuses" - Jean-François Millet - 1857

Les Glaneuses de Jean-François Millet, 1857

Huile sur toile, 83,5 X 110 cm

Paris, Musée d’Orsay

 

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Voici un célèbre tableau qui date de 1857.  Son auteur Jean-François Millet a fait partie du groupe de peintres de l’école de Barbizon qui s’étaient installés dans le village du même nom, pas très loin de Paris.

Tous ces artistes voulaient développer un style de peinture qui évoque des paysages où la nature apparaît avec une forte présence, style appelé naturalisme. Millet fut l’un des plus célèbres d’entre eux. Ses représentations de scènes de la vie rurale ont marqué son époque (et plus encore après sa mort).

Malgré tout, les œuvres de Millet firent scandale, non pas par leur contenu, mais par leur taille de grande dimension qui, à l’époque, était réservée aux tableaux évoquant des scènes d’histoire.

 

Dans le tableau « les Glaneuses », le centre de l’œuvre est occupé par trois paysannes occupées à une tâche qui leur brise le dos. Pourtant, elles montrent une grande dignité dans leur travail. Deux d’entre elles ramassent les restes d’une récolte tandis que la troisième tient dans sa main une fine gerbe d’épis. Les traits épais du dessin, leur attitude figée montre la condition laborieuse de leur travail. On n’y voit aucune légèreté, même dans la position des mains aux doigts charnus.

 

Le contraste de couleur entre le premier et le second plan indiquent que les trois paysannes sont nettement situées au devant et à l’écart d’une autre scène, harmonieuse celle-ci, où la récolte abondante est ramassée par des paysans dans une autre partie du champ de couleur plus dorée. Par cette mise en situation, en jouant sur l’ombre et la lumière, Millet montre la différence de condition pour symboliser les divisions sociales. Celles qui ramassent les restes de la récolte sont isolées du lieu principal du travail, là les grandes quantités d’épis dorés sont en lien direct avec le groupe d’agriculteurs et les bâtiments de ferme, peints dans des couleurs chaudes, sous la surveillance du propriétaire à cheval.

« Glanant » les quelques épis encore éparpillés de la récolte, les trois femmes illustrent parfaitement le travail des plus pauvres : la recherche des restes, leur sélection pour en tirer une petite gerbe qui pourra encore servir.

Dés lors, il n’est pas étonnant que ce tableau ait suscité de multiples détournements, pour la plupart sur fond d’oppression sociale ou de dévalorisation de l’humain.

Pour sa part, Millet a cherché à comprendre les liens qui unissaient les paysans à leur terre. Pourtant, il n’a jamais peint d’œuvres ouvertement politiques. Il voyait davantage dans les Glaneuses une forme de mélancolie.

 

Le tableau fut exposé au Salon des peintres français en 1857. Il fut sujet à des critiques complètement divergentes. Pour les uns (les conservateurs), il s’agissait d’un tableau subversif, trop progressiste. Pour les autres (les Républicains), il s’agissait d’une représentation digne et réaliste des travailleurs de la terre.

Ce tableau de Millet a beaucoup touché Vincent Van Gogh qui avait en commun avec l’auteur des Glaneuses une sensibilité particulière pour les fermiers et les laboureurs.

 

 

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Jean-François Millet, Autoportrait, 1841

 

 

 

BIOGRAPHIE DE Jean-François MILLET

 

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Maison natale de Jean-François Millet dans le hameau de Gruchy à Gréville-Hague (Manche)

 

Il est né en 1814, l’année de l’abdication de Napoléon 1er après l’entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris.

Ses parents sont de riches fermiers du hameau de Gruchy dans la commune de Gréville-Hague, en Normandie. Enfant, il s’intéressera très tôt à la peinture. Dés l’adolescence il suivra les cours du portraitiste Paul Dumouchel et du peintre Langlois de Chèvrefeuille. C’est à cette époque qu’ouvre le musée Thomas Henry à Cherbourg. Jean-François Millet commencera par s’initier à la peinture en copiant des toiles de maîtres qui y sont exposées (maîtres hollandais et espagnols).

 

 

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Portrait de Paul Delaroche

 

 

En 1837, il quitte sa Normandie pour Paris. Il va étudier deux années aux Beaux-arts dans la classe de Paul Delaroche.

Sa création d’alors est surtout composée de portraits et de scènes pastorales. Il exposera pour la première fois en 1848 au Salon, grand rendez-vous parisien des peintres français.

A partir des années 1840, il fait la rencontre de plusieurs artistes qui, avec lui, formeront l’école de Barbizon. Parmi ces peintres, on peut noter Constant Troyon ((1810-1865), Narcisse Diaz de la Peña (1807-1876), également Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), Charles-François D'Aubigny (1817-1878), Théodore Rousseau (1812-1867), Théodore Caruelle d'Aligny (1798-1871) et Lazare Bruandet (1755-1804) qui sont considérés comme les précurseurs de cette école de peinture qui s’attachait à la réalisation d’un naturalisme dominant en utilisant des sujets simples avec beaucoup de soin dans l’observation des détails. Consciemment, ils choisirent de se diriger vers le réalisme dans une période où le romantisme était dominant.

 

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Portrait sculptés de Théodore Rousseau et Jean-François Millet dans la village de Barbizon (Seine-et-Marne)

 

Jean-François Millet s’installe à Barbizon en 1849. Il y peindra un grand nombre de paysages, et également des paysans au travail.

Trois œuvres marqueront l’évolution de sa peinture : « Le Semeur » en 1850, « Les Glaneuses » et « L’Angélus » de 1857 à 1859. Toutefois ces trois tableaux ne connaîtront une vraie consécration que beaucoup plus tard.

 

De 1860 à 1875, Jean-François Millet produira des œuvres pour une clientèle internationale. Malgré tout, il aura des soucis financiers jusqu’à la veille de sa mort.

 

Sa maison natale est maintenant un musée que l’on peut visiter.  

 

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Analyse du tableau à partir du losange des trois paysannes

 

 

OEUVRES CELEBRES DE Jean-François MILLET 

 

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Le Semeur 

 

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L'Angélus

 

 

 

Détournement des Glaneuses par d'autres artistes

 

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Les Glaneuses - 1857 d'après Jean-François MILLET 1890 - Cuivres et zincs par Boussod, Valadon & Cie

pour impression

 

Copies_van_gogh_echantillon.jpg Le semeur par Jean-François Millet et la copie par Vincent Van Gogh

 

 

Vidéo sur le travail de Jean-François Millet

 

 

Jean-François Millet - "L'ANgélus", "Les Glaneuses", la vie paysanne - Artracaille 05-03-2013

 

 

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09/01/2016
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Histoire d'une oeuvre / "Les Tournesols" de Vincent van Gogh - Août 1888

Les Tournesols

Vincent van Gogh

Août 1888

 

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« Les Tournesols » est le nom donné à une série de sept tableaux que Vincent Van Gogh a peints lorsqu’il séjournait à Arles pendant l’été 1888.

Les quatre premiers tableaux de la série sont appelés ainsi tandis que les trois derniers peints en janvier 1889 sont appelés « Les Répétitions ».

Il s’agit de natures mortes composées d’un vase dans lequel sont posées des fleurs de tournesol. Dans trois des peintures, ce sont quinze tournesols qui emplissent le vase et dans deux autres, ce sont douze. 

Le premier vase peint en août 1888 avec douze tournesols est exposé à la Neue Pinakothek de Munich en Allemagne. Le premier vase à quinze tournesols, quant à lui, est exposé à la National Gallery de Londres.

 

L’ensemble de ces œuvres de Van Gogh présentent les tournesols dans les différentes étapes de leur vie, de leur floraison à leur flétrissement.

A l’époque, Van Gogh a utilisé des techniques de peinture nouvelle par l’utilisation d’une large gamme de jaune, rendue possible par  l’invention de nouveaux colorants.

 

Dans un premier temps, les Tournesols devaient servir à la décoration de la chambre de son ami Paul Gauguin.

En 1891, l’écrivain Octave Mirbeau, auteur du « Calvaire » en 1886, et du « Journal d’une femme de chambre » en 1900, en acheta un au Père Tanguy, vendeur de tableaux des grands peintres de cette époque. Il le paya 300 francs (soit 900 € actuels).

En fait les toiles de Van Gogh prendront beaucoup de valeur après sa mort. D’ailleurs en mars 1987, le magnat japonais de l’assurance acheta aux enchères l’un des tableaux de la série pour la somme astronomique de 40,8 millions d’euros. Cela fera dire à Jean Ferrat dans sa chanson « Les Tournesols » en 1991 toute sa colère et son dégoût face à la somme mirobolante de cette œuvre quand on sait que van Gogh a vécu dans la misère. Jean Ferrat avait déjà écrit une chanson en hommage au peintre en 1962 : « L’homme à l’oreille coupée »

 

 

Jean Ferrat par Jacques Simon "Les Tournesols"

 

 

Jean Ferrat "L'homme à l'oreille coupée"

 

Les Tournesols ne laissent pas les spectateurs indifférents, notamment parce que les fleurs s’apparentent à des représentations humaines, ici une tête échevelée et barbue, là un œil, une bouche, des cœurs.

L’évolution de la vie de la plante rappelle celle de l’existence humaine. Chacun peut y trouver une parabole de sa propre vision de la vie, ce qui pourrait rendre certains mal à l’aise.

 

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Vase avec quinze tournesols (Arles, août 1888). National Gallery, Londres, Angleterre. 

 

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Vase avec douze tournesols (Arles, janvier 1889). Musée d'art de Philadelphie, États-Unis.

 

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Vase avec trois tournesols (Arles, août 1888). Collection privée, États-Unis.

 

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Vase avec quinze tournesols (Arles, janvier 1889). Musée van Gogh, Amsterdam, Pays-Bas. 

 

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Vase avec quinze tournesols (Arles, janvier 1889). Musée d'art Sompo, Tokyo, Japon.

 

Destruction d’un des tableaux de la série

 

Le 6 août 1945, le « Vase aux cinq tournesols » est détruit dans un incendie au Japon suite aux bombardements américains sur l’archipel nippon. Le tableau avait été acheté par Koyta Yamato en 1921.

 

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En 1922, le tableau est exposé à deux reprises, entre autres à Osaka. Lors de cette seconde exposition, il tombe lourdement, endommageant le châssis. Le propriétaire décidera de ne plus le présenter en exposition.

Ce lourd châssis est sans doute la cause de sa destruction car le tableau n’a pas pu être déplacé au moment des bombardements.

 

La vie de Vincent van Gogh

 

Le peintre est né le 30 mars 1853 à Groot Zundert. C’est le fils d’un pasteur calviniste. Peintre et dessinateur, il commence sa formation chez un marchand d’art à l’âge de 15 ans. Mais il choisit une autre voie. Il devient pasteur puis prédicateur laïc en Belgique en 1878.

Encouragé par son jeune frère Théo, il s’inscrit en 1880 à l’Académie des Beaux Arts de Bruxelles.

En 1886, il rejoint son frère à Paris. Grâce à lui, il fera la rencontre des peintres de cette époque,  des impressionnistes entre autres. Par eux, Seurat, Pissarro, Gauguin, Toulouse-Lautrec. Sur les conseils de ce dernier, il quitte la capital pour Arles où il s’installe en 1888 (l’époque des Tournesols).

Mais il ne va pas très bien. Il se coupe l’oreille et se fait interner. Théo, son frère viendra le chercher pour l’emmener à Auvers-sur-Oise où il se tirera une balle mortelle dans la poitrine. Il mourra inconnu et pauvre, mais surtout il ne saura jamais comment ses œuvres sont passées à la postérité et sont devenues célèbres dans le monde entier. Etrange paradoxe que ces artistes inconnus et misérables de leur vivant puis qui deviennent des mythes après leur mort.

 

Voici quelques œuvres de Vincent van Gogh

 

 

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Japonaiserie - Flowering Plum Tree after Hiroshige - by Vincent Van Gogh, dated Oct. 1887.

 

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Vincent van Gogh (1853-1890), Courtesan - after Eisen, 1887. Van Gogh Museum, Amsterdam.

 

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Autoportrait

 

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Vincent Van Gogh - Vincent's Bedroom in Arles (1889). - Chambre de Vincent à Arles

 

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La nuit étoilée

 

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Vincent van Gogh (1853-1890) Wheat Fields, 1890

 

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Vincent van Gogh. Spectators in the Arena at Arles, 1888

 

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Vincent Willem van Gogh (1853 - 1890) Rain, 1889 - Pluie

 

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Vincent van Gogh (1853-1890) View from the Window of Vincent's Studio in Winter, 1882-83

 

Vincent van Gogh (1853-1890) Plain near Auvers 1890.jpg 

Vincent van Gogh (1853-1890) Plain near Auvers, 1890

 

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Vincent van Gogh. Still Life with Oranges and Lemons, with Blue Gloves, 1889

 

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Van Gogh - Maison d'Avignon

 

Coloriage "Tournesols"

 

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21/07/2015
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Histoire d'une oeuvre / "Le Penseur" de Rodin - 1880-1881

Le Penseur  - 1880-1881

de Auguste Rodin (1840-1917)

 

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Cette sculpture parmi les plus célèbres, à l’origine, était prévue dans le cadre d’un ensemble plus complet, intitulé « La Porte de l’Enfer » pour un futur musée des arts décoratifs prévu à Paris. Cet ensemble devait être composé de plusieurs sculptures représentant les personnages de la Divine Comédie de Dante. Dans cet ensemble, le Penseur devait occuper le linteau (un élément architectural, qui sert à soutenir les matériaux du mur au-dessus d'une baie, d'une porte, ou d'une fenêtre). De cette place, il devait contempler les damnés (personnes condamnés aux enfers) et leur peine. Ces personnages devaient être placés plus bas en bas relief.

Malheureusement, le musée ne fut jamais construit. Aussi le Penseur fut-il exposé comme œuvre autonome sous le titre « le Poète ». Peut-être représentait-il Dante lui-même. Mais Rodin n’ajouta pas d’’éléments particuliers comme un vêtement du poète florentin (de Florence en Italie).

 

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Version en plâtre de "La Porte de l'Enfer" fondue en bronze après la mort de Rodin

 

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Version en bronze de "la Porte de l'enfer" à Zurich (Suisse)

 

Finalement, le penseur est une figure nue donnant une image de n’importe quel homme dans n’importe quel endroit. C’est peut-être cela qui fait du Penseur une œuvre extraordinaire qui dépasse les frontières de la culture occidentale.

Tous les éléments de ce bronze montrent la concentration de l’homme qui pense.

Rodin dira de son œuvre : «Il ne pense pas seulement avec son cerveau, avec son sourcil froncé, ses narines écartées et ses lèvres pincées, mais aussi avec chaque muscle de ses bras, de son dos et de ses jambes, ses poings serrés et ses orteils crispés."

Rodin avait une formidable capacité à faire s’exprimer une sculpture de nu. Le Penseur est un de ses chefs d’œuvre.

 

La Tête penchée

 

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Le menton est appuyé sur la main. Le personnage semble perdu dans ses pensées. Sa position laisse supposer qu’il réfléchit sur lui-même, sur ce que la vie lui propose. Son corps puissant aux traits rugueux montre un front proéminent et modelé.

 

Le contrapposto

 

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Le bras droit prend appui sur la cuisse gauche et la main gauche détendue  enveloppe le genou gauche. Cette pose tournante dite en contrapposto (hanchement : posture d'une statut de l'Antiquitémettant la hanche en valeur) donne beaucoup d’intérêt à l’œuvre sous tous les angles d’observation. Elle met en valeur les différents tons de la chair, les muscles et les veines. Rodin voulait que la statue donne une puissance émotionnelle importante. Pour cela, il faisait tourner la statue et le modèle en alternance.

 

Les orteils crispés

 

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Les orteils sont agrippés au rocher. Celui-ci est à peine dégrossi. Cela exprime une concentration soutenue montrant un combat mental intérieur. On peut ressentir cela jusque dans les muscles des mollets creusés en surface. Cela ajoute du mouvement malgré la position assise.

 

Le dos musclé

 

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L’éclairage met en évidence la musculature du dos. Les contrastes entre ombre et lumière sont spectaculaires, faisant écho à la touche brisée des peintres impressionnistes. Un spectateur peut constater tous ces aspects en tournant autour de l’œuvre.

 

AUGUSTE RODIN – Biographie

 

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Adolescent dans les années 1850, Rodin, fréquente l’école spéciale de dessin et de mathématiques (Eh oui ! Ces deux matières y sont associées !).

Bien qu’il gagne des prix en dessin et en modelé, par trois fois, il ratera l’entrée à la prestigieuse école des Beaux-Arts. Il gagne alors sa vie comme praticien.

En 1871, il s’installe en Belgique à la recherche d’un travail. Il organisera sa première exposition en tant que sculpteur indépendant à Bruxelles.

En 1875, il visitera l’Italie. Il s’influencera alors de Michel-Ange.

A son retour, sa première œuvre importante fera scandale à Bruxelles, aussi à Paris. C’était « L’Âge d’Airain ». Elle est si ressemblante qu’on l’accusera (à tort) de l’avoir moulée sur un corps vivant.

En 1880, il reçoit la commande de la Porte de l’Enfer. C’est au moment où il travaille sur cette œuvre que sa célébrité grandit en même temps que son atelier. Le côté extrémiste de ses œuvres comme Les Bourgeois de Calais (commandés en 1884) et le Monument à Balzac (commandé en 1891) lui amèneront plus de notoriété et de succès.

 

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"Les Bourgeois de Calais" d'Auguste Rodin

 

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"Monument à Balzac" par Auguste Rodin

 

En 1883, Rodin, alors âgé de 43 ans, fera la connaissance de Camille Claudel, 19 ans, sa plus brillante élève. Elle partagera son atelier et sera une réalisatrice active des Bourgeois de Calais (commandé en 1884 par la commune de Calais en souvenir de Eustache de Saint-Pierre).

Ils auront tous deux une relation artistique et amoureuse passionnée, aussi tumultueuse. Cette relation durera près de 15 ans. En 1884, il sculptera "L'Eternel Printemps", de toute évidence inspirée par sa muse de 25 ans sa cadette. Camille Claudel lui fera plusieurs demandes en mariage qu'il refusera toutes. Elle finira par s'éloigner avant qu'elle ne soit internée par sa famille au centre de santé de Montfavet à Montdevergues dans le Vaucluse (sud de la France) où elle décèdera en 1935. 

 

 

 

Malgré les controverses au sujet de ses sculptures, Rodin fut en son temps considéré comme le plus grand sculpteur vivant. En 1900, un pavillon de l’Exposition Universelle de Paris lui est entièrement consacré. Il épousera sa compagne de vie, Rose Beuret, seulement quelques mois avant sa mort. 

 

 

Auguste Rodin sculptant dans son studio en 1915

 

Liens avec des articles sur le même thème :

HISTOIRE D'UNE OEUVRE / "La Liberté guidant le peuple" d'Eugène Delacroix

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Ekaterina Panikova - Peinture sur livres

 

Le Penseur de Rodin - Coloriage

 

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19/01/2015
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HISTOIRE D'UNE OEUVRE / "La Liberté guidant le peuple" d'Eugène Delacroix

La Liberté guidant le peuple (1830)

Tableau d’Eugène Delacroix (1798-1863)

 

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C’est l’un des tableaux les plus célèbres de la peinture française, un symbole de l’idée de rébellion autant dans l’histoire de l’art que dans la pensée politique. Une opposition franche contre les injustices sociales, contre l’oppression d’un pouvoir méprisant le peuple.

Le thème du tableau est l’insurrection populaire parisienne de juillet 1830 qui mit un terme au pouvoir du roi bourbon Charles X pour le remplacer par Louis –Philippe, duc d’Orléans.

Ce tableau fut présenté au Salon de 1831 où il fit sensation.

En effet, dans une France monarchique, sur cette toile sont représentés les républicains perçant les barricades le 28 juillet.

La puissance du tableau est renforcée par la composition en forme de pyramide ascendante en haut de laquelle domine cette femme à la poitrine dénudée tenant le drapeau tricolore. Elle représente la Liberté soutenue à la base par des figures humaines nombreuses et armées.

Cette composition rappelle celle du Radeau de la Méduse, autre grand tableau de cette époque peint par Théodore Géricault en 1819.

Eugène Delacroix dira de sa toile : « J’ai entrepris de traiter un sujet moderne : une barricade. Et bien que je n’aie pas combattu pour mon pays,  j’ai au moins peint pour lui. »

On peut voir à la droite de la Femme-Liberté, un poulbot (petit gamin de Paris) qui agite ses pistolets. A sa gauche, on aperçoit un bourgeois coiffé d’un chapeau qui apparaît comme un autoportrait de Delacroix. Ces deux personnages sont suivis d’ouvriers d’usine (il faut rappeler que ce siècle est celui de la Révolution Industrielle), de soldats et d’étudiants. Cela ancre davantage encore le tableau dans le contexte historique de sa création. De plus, Paris y est représenté par la cathédrale Notre-Dame au fond à droite.

En opposition au traitement moderne des personnages et du décor, la Liberté et sa silhouette monumentale rappellent une tradition classique de la peinture.

On peut noter  des poils sous les aisselles de la femme au drapeau. Cela choqua des spectateurs à l’époque de la présentation du tableau au public.

Pour ce qui est du drapeau, on peut noter que le rouge est troué ce qui lui donne une tonalité vibrante. Les trois couleurs primaires qui composent le drapeau sont reprises de façon saisissante sur les vêtements de l’ouvrier qui se prosterne à ses pieds. Delacroix aimait rapprocher certains tons ou faire écho avec les couleurs pour amplifier le message et donner plus de force à l’atmosphère de la toile.

Pour ce qui du ciel, il est voilé par les fumées lumineuses qui rappellent les coups de feu, le chaos et le champ de bataille de la guérilla urbaine. Delacroix transmet ces émotions en croisant des techniques de peinture expressives du romantisme et une observation précise des détails. Ainsi il touche le spectateur tout en restant fidèle à la réalité historique.

Le pied de la Femme-Liberté n’est pas posé là par hasard. Il correspond à un moment essentiel de cette bataille urbaine. C’est le moment où la barricade cède définitivement, entraînant un basculement de l’histoire avec un changement de roi à venir. On note l’ourlet qui tourbillonne au-dessus du pied, créant ainsi la sensation du mouvement inéluctable de l’histoire.

Ce qui apparaît également dans ce tableau, c’est le remarquable travail sur l’ombre et la lumière que Delacroix maîtrisait parfaitement. On y voit de forts contrastes qui, ajoutés à l’audace des couleurs, renforcent l’intensité du drame. Cela met d’autant en relief les principaux personnages.

Le roi Louis-Philippe acheta le tableau pour commémorer son accession au pouvoir. Paradoxalement, la toile ne sera pas présentée au public pendant plusieurs années car elle fut considérée comme trop subversive par ce même roi. Toujours avec autant de paradoxe, Delacroix était l’un des peintres favoris de Charles X, le roi déchu par la Révolution représentée sur « La Liberté guidant le peuple ».

En fait Delacroix avaient des amis dans les deux camps et n’afficha pas clairement ses opinions en public, en dehors de ses peintures.

 

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Eugène Delacroix - Autoportrait (1837)

 

Delacroix a fait ses études entre 1806 et 1815 au lycée impérial de Paris de l’âge de 8 ans à l’âge de 17 ans. Il remporta plusieurs prix de dessin et de lettres classiques.

En 1815, Géricault et lui participèrent à l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin. Un an plus tard, Delacroix entre à l’Ecole des Beaux-Arts. C’est en 1822 qu’il présente le tableau « La Barque de Dante », inspiré du Radeau de la Méduse de Géricault. Il s’ensuivra plusieurs toiles qui créeront la controverse comme « Les Massacres de Scio » en 1824 ou « La Mort de Sardanapale » en 1827.

En 1832, il accompagnera une mission diplomatique en Afrique du Nord d’où proviendront ses fameux carnets de voyage intitulés « Voyage au Maroc – Aquarelles ».

 

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Galerie d'images - Carnet d'Afrique du Nord par Eugène Delacroix

 

 

En 1838, sa « Médée » fera sensation. La cote de Delacroix montera en flèche et les commandes vont se faire nombreuses.

Son grand rival Ingres lui opposera longtemps l’entrée à l’Institut. Il finira par y être accepté en 1857.  C’est en 1862, qu’il sera l’un des cofondateurs de la Société Nationale des Beaux-Arts.

Ses premiers tableaux d’histoire ont été acquis par le musée du Luxembourg. 

 

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A l'Assemblée Nationale à Paris, il existe une version contemporaine et stylisée de cette oeuvre, une fresque inspirée de la culture Graffiti réalisée par JonOne, un peintre et graffeur new-yorkais vivant et travaillant à Paris.

Il avait déjà réalisé une fresque pour la Fondation Abbé Pierre sur le mur du square des Deux-Nèthes dans la capitale. Les toiles de JonOne sont des explosions de couleurs. JonOne se définit lui-même comme un "peintre graffiti expressionniste abstrait".

 

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Fresque de JonOne pour la Fondation Abbé Pierre à Paris

 

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La Liberté guidant le peuple - Version Playmobil - par Richard Unglik

 

Et pour vous un coloriage imprimable de "la Liberté guidant le peuple"

 

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D'Art d'Art - "La liberté guidant le peuple" 

 

Eugène Delacroix (1798-1863) -- Chasse aux lions (equisse) - 1854.jpg 

Eugène Delacroix "Chasse au lion" (esquisse) - 1854

 

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Eugène Delacroix, La mer vue des hauteurs de Dieppe, musée École du Louvre

 

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Eugène Delacroix

 

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HISTOIRE D'UNE OEUVRE / "LA VAGUE" de HOKUSAI


17/01/2015
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HISTOIRE D'UNE OEUVRE / "LA VAGUE" de HOKUSAI

HISTOIRE D'UNE OEUVRE / "LA VAGUE" de HOKUSAI

 

A l’occasion de la catastrophe nucléaire de Fukushima, une œuvre d’art du 19 siècle est revenue dans les mémoires, c’est « La vague » de Katsushika Hokusai (1760-1849).
Cette œuvre datée des années 1829-1833 porte le nom complet de « La grande vague (près de la côte de Kanagawa) ».

 

 

 


  
Elle fait partie de la série de ce grand maître de l’estampe japonaise : « Trente-six vues du Mont-Fuji ». Car, effectivement, si petit qu’il apparaisse sur le tableau, c’est bien du Mont Fuji qu’il s’agit. C’est l’une des images les plus célèbres  de l’art japonais en Occident.

 

Dans les estampes appelées ukiyo-e au début du XIXème siècle, les paysages sont devenus l’un des sujets principaux de la peinture japonaise, entre autres sous l’influence de Hokusai. Au siècle précédent, ils n’étaient que des arrières plans.

 

Dans « La vague », c’est la nature qui tient le premier rôle. Les humains minuscules sont réduits à de petits personnages impuissants face à l’immense vague qui va les submerger. Ils sont malmenés par la mer. Au fond, le ciel inquiétant juste derrière le Mont Fuji enneigé annonce une aggravation comme un signe de tempête.

Il est clair pour Hokusai que l’existence humaine est fragilisée face aux forces de la nature.

Ce n’est pas étonnant que cette estampe soit ressortie au moment du tsunami qui a provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima. Des dessinateurs de presse comme Plantu l’ont utilisée pour évoquer les menaces qui pèsent sur la planète au XXIème siècle.

 

 

 

 

Sur l’œuvre originale, l’écume de la vague ressemble à des griffes  vivantes qui forment un contraste avec la sérénité lointaine du mont Fuji. Le ciel menaçant  est peint par un dégradé subtil qui crée une atmosphère troublante autour de la montagne. Ce type de dégradé s’appelle le bokashi. Il est obtenu en essuyant en partie la couleur sur le bois gravé avant qu’ait lieu l’impression. Ce fut l'une des inventions qui ont fait évoluer la xylographie au XIXème siècle, procédé de reproduction multiple d'une image sur un support plan, papier ou tissu, en utilisant une tablette de bois gravé comme empreinte pouvant être reproduite par estampage (ou impression).

 

Pour ce qui est de la signature du grand maître, elle se trouve en haut à droite du cartouche de titre. On peut y lire « Hokusai aratame litsu hitsu » (en français « du pinceau d’litsu, autrefois Hokusai"). Le peintre a utilisé une trentaine de noms différents  pendant dans sa carrière. De nombreuses œuvres sont signées « Gakiojin Kokusai », en français « Hokusai, fou de dessin ».

 

 

Katsushika Hokusai, autoportrait / Musée du Louvre

 

 

La place de Hokusai dans l’art japonais du XIXème siècle et dans l'art japonais en général est très importante, encore plus par le contexte artistique et historique, à une époque où les occidentaux ont fait connaître cet art chez leurs congénères : grande exposition de Londres en 1851, exposition internationale de 1862. Les estampes japonaises, ukiyo-e, y connurent un très grand succès. Elles influencèrent des tendances artistiques comme le Mouvement  esthétique. Des magasins londoniens comme celui de Regent street  et Tiffany & Co à New-York proposèrent des marchandises en provenance du Japon ramenés par Christopher Dresser (1834-1904), designer et entrepreneur passionné d’art japonais.

Cet art du pays du soleil levant fut aussi accueilli en France avec beaucoup d’enthousiasme, entre autres par l’intermédiaire d’Edmond de Goncourt (1822-1896). Tout cela participa à l’émergence du japonisme. Tadamasa Hayashi, marchand d’art à Paris, vendit à cette époque plus de 150 000 ukiyo-e entre 1890 et 1901. Les jeunes peintres français des cercles impressionnistes et post-impressionnistes s’intéressèrent de près aux effets visuels dynamiques des estampes.  Ils reprirent certaines approches comme l’exagération de la perspective, l’asymétrie de la composition, les à-plats de couleurs unies et le cadrage des personnages.

L'art de Hokusai influença Monet, Van Gogh, et Gauguin entre autres.

Un marchand d’art allemand, Siegfried « Samuel » Bing (1838-1905) publia même une revue  mensuelle illustrée sous le titre « Le Japon artistique » qui joua un rôle important  dans la diffusion en Europe de l’art japonais. Il ouvrit aussi un magasin à Paris, la Maison de l’Art Nouveau en 1895.

 

On dit de Katsushika Hokusai qu'il serait le père du manga, mot qu'il a inventé et qui signifie "esquisse spontanée".

 

Voici d’autres estampes de la série "Trente-six vues du Mont-Fuji" par Hokusai.

 

 

 

 

 

 

 

 

 36 vues du Mont Fuji

 

 

Tony White ~ "Hokusai - An Animated Sketchbook"

 

un dessin à imprimer et à colorier

 

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D'autres coloriages

 

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