Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

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Oeuvres d'art du XXème siècle (20ème siècle)

Oeuvres d'art du XXème siècle...


Histoire d'une photo célèbre / "Lunch atop a Skyscraper" - 1932

"Lunch atop a Skyscraper"

(déjeuner en haut d'un gratte-ciel)

 

 

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C’est un des plus célèbres photos des Etats-Unis d’Amérique. Tout le monde l’a vu au moins une fois si ce n’est un des innombrables détournements qui ont été réalisés pour des publicités ou autres visées médiatiques.

 

On y voit 11 ouvriers tels des funambules assis sur une poutre au 69ème étage d’un gratte-ciel en construction à New-York en 1932. Nous sommes exactement le 20 septembre. Au-dessous, le vide vertigineux et la ville à 260 mètres plus bas.

 

Huit décennies plus tard, cette image n’a rien perdu de sa force, de son mystère. Elle apparaît comme le cliché du rêve américain, un pays qui construit toujours et toujours, et de plus en plus haut.

 

Ces célèbres travailleurs de l’acier, une cigarette à la bouche, sont restés longtemps anonymes. On ne connaît même pas avec certitude le photographe qui a immortalisé cette scène. C’est d’autant plus étonnant que c’est l’archive la plus demandée auprès de l’agence Corbis, bien avant le cliché d’Einstein tirant la langue. Depuis presqu’un siècle, tous les fantasmes circulent sur le nom des ouvriers et du photographe.

 

En fait, même si la situation est bien réelle et sans trucages, il s’agit d’une publicité pour le futur building du Rockefeller Center (cela n’a été dévoilé qu’en 2012). Certains ont pensé à tort qu’il s’agissait de la photo de l’Empire State Building.

C’est dans le New-York Herald Tribune que la photo est parue le 2 octobre 1932. L’objectif ? Vendre des espaces de bureau dans ce futur grand complexe au style Art déco.

 

Sa construction a nécessité la présence de 4.000 ouvriers qu’on payait alors 1,50 $ de l’heure. L’Amérique était dans une grande dépression suite au krach de 1929 et malgré le risque évident de ce travail, il était difficile de refuser un tel emploi. Statistiquement, cette construction a comptabilisé un mort par tranche de 10 étages.

 

Qui a pris cette photo ? A un certain moment, elle a été attribuée à Charles Clyde Ebbets.

Le patron de ce projet de construction, le magnat du pétrole John Davison Rockefeller, avait envoyé un groupe de photographes sur la tour pour faire la promotion d’un rêve immobilier nommé « city within a city », en gros « une ville dans la ville ».

Trois photographes étaient présents sur les lieux : Charles C. Ebbets, Thomas Kelley et William Leftwich. Plusieurs clichés de cette époque les montrent en train de cibler le bâtiment. Donc, de toute évidence, l’un des trois doit être l’auteur de ce « Lunch atop a Skyscraper ».

 

Le cliché n’était pas personnellement crédité quand l’agence Corbis a racheté les archives de l’agence Bettman/Acme, notamment parce que dans les années 50, ce n’était pas dans les habitudes de créditer les photos.

En fait, d‘autres images prises à ce moment par ces photographes attestent avec un grand degré de certitude que l’un d’eux est l’auteur du cliché, entre autres un montrant des ouvriers nonchalamment endormis sur une poudre de métal avec un pied et une main dans le vide. Cette photo provient d’une agence concurrente International News Photo.

 

 

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La fascination que provoquent ces images est considérable car, en plus du cadrage et de la puissance qu’elle dégage, elle raconte aussi une histoire, celle de la construction de l’Amérique qui cherche à se relever du krach de 1929, une image positive pour remonter le moral en berne. L’historien Ken Johnstone dit : « "N’oubliez pas que nous sommes à l’époque de la Grande Dépression. L’image devait capturer l’imagination du public, et aussi peut-être faire penser que le pire de la crise était passé."

Dans un certain sens, derrière le cliché publicitaire, c’est une image de « propagande » sur le rêve de l’Amérique qui a fait traverser l’Atlantique à des milliers d’émigrants. Le succès planétaire de cette photo porte aussi cette part d’explication.

 

 

 

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Il y a une autre question qui a traversé l’esprit de nombreux curieux.

Qui sont ces funambules sans nom qui semblent si à l’aise sur leur poutre ?

De nombreux enfants ou petits-enfants d’émigrants irlandais ont cru reconnaître un parent ou un grand-parent. Mais ils n’ont jamais pu le prouver.  

 

Deux documentaristes d’origine irlandaise, Sean O Cualain et son frère Eamonn se sont lancés dans une enquête à ce sujet : mettre un nom sur chaque visage des ouvriers de ce Lunch atop a Skyscraper.

Ils ont commencé en 2011 alors que Sean tombe sur une image de ce fameux Lunch sur le mur d’un vieux pub, le Whelan, à Shanaglish dans le comté de Galway en Irlande. Il est indiqué en dessous que deux des ouvriers s’appellent Sonny Glynn et Mathy O’Shaughnessy. Le patron du bar leur explique que les deux hommes en question sont originaires du village de Shanaglish, qu’ils ont émigré à New-York  dans les années 20 et que cette photo lui a été envoyée par Pat Glynn, résidant actuellement à Boston.

 

Les deux frères O Cualain partent aux Etats-Unis d’où ils reviendront un an plus tard avec un documentaire sur le sujet et intitulé « Men at Lunch » comme pour paraphraser l’expression Men at work. Le documentaire a été présenté au Festival du film de Toronto en 2013.

 

Les frères irlandais ont ainsi farfouillé dans les archives du Rockefeller Center, aussi en Pennsylvanie, dans les archives de l’agence Corbis, un entrepôt situé à 70 mètres sous terre. Là, ils y découvriront la photo originale des ouvriers endormis sur la poutre avec leurs noms écrits au dos à la mine de plomb. Ce sont aussi ceux apparaissant sur la photo du Lunch. Le troisième homme en partant de la gauche (en salopette) s’appelle Joseph Eckner et le troisième an partant de la droite, Joe Curtis.

Au jour d’aujourd’hui, sept ouvriers sur les onze restent encore non identifiés malgré les appels à témoin lancés par les deux frères irlandais.

 

Mais, en fait, pour ces derniers comme pour tout le monde, cela permet de garder la magie de cette photo qui a fait le tour du monde. Elle hante l’imaginaire collectif au point d’avoir copiée, reproduite en sculpture à New-York par l’artiste Sergio Furnari, détournée aussi de multiples fois. Vous trouverez en dessous plusieurs exemples de ce type.

 

 

 

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Version sculptée de Sergio Furnari à New-York

 

 

 

Quelques détournements de ce cliché

 

 

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Publicité pour Volskwagen

 

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La Cène à Manhattan

 

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Version personnages Lego

 

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                                          Version sans poutre

 

 

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Vidéos 

 

 


Construction du Rockefeller Center - 1932

 

 


Bande Annonce du documentaire "Men at Lunch"

 

 


Documentaire Men at Lunch

 

 

(D’après un article du Nouvel Obs)


28/08/2017
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Histoire d'une oeuvre / "Oiseaux de nuit" - Edward Hopper (1942)

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Huile sur toile, 84 x 152 cm, Chicago, Art Institute

 

Edward Hopper est considéré comme un des principaux représentants du courant naturaliste ou de la « scène américaine ».

 

Au début du XXème siècle, Edward Hopper fit plusieurs visites à Paris où il découvrit de nombreux artistes comme les maîtres néerlandais (Rembrandt par exemple et sa « Ronde de Nuit » qu’il appréciait tout particulièrement). Il choisira de ne pas suivre ses contemporains dans leurs expériences cubistes et préfèrera l’idéalisme de peintres réalistes comme Gustave Courbet ou Jean-François Millet. On note cette influence dés ses premières œuvres.

 

Son célèbre tableau « Oiseaux de nuit », lui, a été très influencé par deux autres peintres impressionnistes Edgar Degas (dont il était un grand admirateur) et Edouard Manet. Grâce à eux, il mit en œuvre la tension dramatique qu’on perçoit dans la distance entre les différents éléments du tableau. Cette distance laisse un espace mental au spectateur pour qu’il puisse y placer ses propres interprétations.

 

Entre 1913 et 1923, l’artiste travaille comme illustrateur de magazines. Il n’aime pas du tout ce travail. Cependant cela lui permet de perfectionner ses capacités de composition des éléments d’un tableau. Il apprend aussi à épurer ses traits.

 

« Oiseaux de nuit » est un tableau réaliste d’une grande sobriété. En dehors de la multitude discrète de détails dans le bar allumé, le reste ressemble à un vide apparent.

 

Le spectateur concentre naturellement son regard sur le « dîner » inspiré d’un restaurant de Greenwich Avenue à New-York. Les néons fluorescents constituent l’unique source de lumière du tableau. Ce bar est décalé sur la droite de l’œuvre, donnant ainsi à penser qu’il n’est pas au centre de l’intérêt de la peinture. Car le centre du tableau attire plutôt le regard vers la rue sombre, déserte, vide de mouvement, éteinte dans tous les sens du terme. Et si on considère que l’intérieur du bar représente la vie, alors celle-ci apparaît dans une profonde solitude. En dehors du barman qui regarde un des clients, les trois personnages ne se parlent pas, ne se regardent pas. Ils semblent absorbés et plongés dans leur pensée, comme si l’autre n’existait pas.

On retrouve ce type de personnages dans d’autres tableaux d’Edward Hopper, l’image d’une certaine Amérique où les gens sont étrangers l’un à l’autre, un monde moderne marqué par la solitude et l’isolement, par l’individualisme.

 

On qualifie souvent le travail d’Hopper de « cinématique » en raison du fort contraste entre la lumière et l’ombre qui rappelle l’atmosphère des films noirs de cette époque.

Le sociologue Richard Sinnett parle à ce sujet du « paradoxe de la solitude en pleine visibilité ». L’Amérique des années 30-40 vue par Hopper est emplie de gens qui se côtoient sans vraiment communiquer ensemble. Le travail d’Edward Hopper touche encore aujourd’hui, nous émeut parce qu’il dit en précurseur le monde du XXIème siècle où la communication par portable, écrans et messageries nous replonge dans l’isolement et le vide de chacun, pourtant côte à côte en pleine lumière. Cette Amérique des années 30-40 préfigure notre Occident d’aujourd’hui.

 

Les détails du tableau

 

La partie gauche du tableau représente la rue vide et les magasins fermés. On remarque quelques ombres dans les vitrines dont une caisse enregistreuse à peine éclairée. De même, on devine des formes aux fenêtres. Un objet ? Une personne ? Un vêtement ? Difficile à dire. Juste l’idée qu’il y a une vie endormie derrière cette fenêtre.

 

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Hopper aimait travailler les effets de lumière sur les objets. On retrouve ce type d’approche dans « Nuit dans le parc » (1921) et « Fenêtres nocturnes » (1928)

 

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Edward Hopper – Nuit dans le parc (1921)

 

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Edward Hopper - Fenêtres Nocturnes (1928)

 

Les deux clients

 

Même s’il n’y a pas beaucoup d’intimité entre l’homme et la femme, tous les deux semblent proches du fait du vaste espace qui les entoure. Ils sont proches et éloignés à la fois, comme deux étrangers qui ne savent pas communiquer entre eux. Ce sont peut-être les « Oiseaux de Nuit » qui donnent le titre au tableau, des clients insomniaques (maladie du monde moderne)  ou des rapaces en quête de proie.

 

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Les deux percolateurs

 

Ils constituent le pendant inanimé aux deux personnages qui sont assis derrière le zinc. Deux humains comme deux machines. L’éclat vif des percolateurs comme le rouge vif de la robe de la femme. Les percolateurs semblent, par leur taille et leur positionnement, avoir autant d’importance que les personnages.

 

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Salière et poivrier…

 

C’est avec un réalisme très minutieux qu’Edward Hopper a peint la salière, le poivrier et les serviettes, le sandwich et les tasses. Ce sont peut-être ces éléments qui donnent la vie dans ce bar. Posez vos doigts sur ces petits détails et remarquez comme le débit de boissons devient d’une tristesse absolue, presqu’un musée de cire.

 

Le troisième client

 

Il a le dos tourné. Son regard est fixé droit devant, à demi plongé dans l’obscurité. Cet homme passe presqu’inaperçu au premier regard sur le tableau. Et pourtant il est un élément important de l’œuvre, lui donnant une part supplémentaire de mystère, l’impression d’une réalité opaque. On imagine sans vraiment voir.

 

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"Oiseaux de Nuit" - Parodies et détournements

 

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Version Tintin et Milou

 

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Version Star Wars - La Guerre des Etoiles

 

 

53d960044e2c42bfd795f564a9661780.jpg Version Science-Fiction

 

 

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 Version prédateur

 

 

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Version Play-Mobil

 

 

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Version fantastique

 

 

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Version religieuse

 

 

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Version Espace

 

 

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Version Star Trek

 

 

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Version Simpsons

 

 

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Version Super Héros

 

 

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Version Animaux

 

 

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Version requins

 

 

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Version Fin du Monde

 

 

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Intégration dans une photo

 

 

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Version Cinéma - Wim Wenders "The End of violence"

 

 

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Nighthawks au théâtre

 

 

 

Coloriages

 

 

 

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"Oiseaux de nuit" animé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Autres tableaux d’Edward Hopper

 

 

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Chambre à New-York (1932) - Edward Hopper

 

 

 

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Compartiment C (1958) - Edward Hopper 

 

 

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Conférence nocturne

 

 

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"Gayle in the train" - Edward Hopper

 

 

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Route dans le Maine (1914)

 

 

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Port de Gloucester (1912) - Edward Hopper

 

 

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Summertime ( Edward Hopper)

 

 

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"Jeune fille à la machine à coudre" (1921) - Edward Hopper

 

 

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Portrait d'Orleans - Edward Hopper

 

 

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Autoportrait - Edward Hopper

 

 

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Soir bleu (1914) - Edward Hopper

 

 

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"Sunlight in a cafeteria" (1958) - Edward Hopper

 

 

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Là où se trouvait l'atelier d'Edward Hopper à Washington


07/01/2017
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Histoire d'une oeuvre / "20 Marylin" - Andy Warhol -1962

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"Andy Warhol "20 Marylin" - Sérigraphie - 197 X 116 cm - Collection Particulière

 

 

Marylin Monroe (née en 1926) meurt en 1962, à l'âge de 36 ans, devenant par là même une icône intemporelle du cinéma mondial et même au-delà du cinéma.

Son décès intervient en pleine période de  développement du Pop Art, ce courant artistique qui surfe sur les valeurs de l’Amérique nouvelle, ses produits de consommation de masse, son American Way of Life, ses icônes comme Marylin et Elvis.

(voir article :  Le Pop Art, un courant artistique des années soixante)

Aussi, tout naturellement, un des grands concepteurs du Pop Art, Andy Warhol va-t-il entamer plusieurs sérigraphies de la star. Il prendra appui sur des clichés en noir et blanc pris par Gene Korman en 1953 pour le film Niagara.

 

Andy Warhol utilise la technique de la sérigraphie en transférant l’image de Marylin sur une toile. La sérigraphie permet de reproduire la même image avec, à chaque fois une légère différence. Les variations peuvent provenir de l’encrage, du déplacement de l’écran. Les techniques utilisées par l’artiste sont partiellement maîtrisées par lui mais pas complètement, donnant lieu ainsi à une part d’aléatoire.

Le transfert de l’image a lieu par l’intermédiaire d’un écran de soie sur lequel s’applique l’encre en dosages différents provoquant ainsi des tâches ou des ombres noires qui modifient l’image et lui suggèrent la présence de la mort.

D’autres parties sont retravaillées avec des couleurs criardes (cheveux, lèvres, paupières). Le côté artificiel est amplifié sans que cela ne supprime le réalisme de l’image.

 

Pendant quatre mois, il réalisera ainsi 20 tableaux  inspirés de cette photo, en retouchant à la peinture chaque cliché pour en signifier les différences.

 

En apparence, la répétition du visage de l’actrice, sujet unique de la toile, pose la question de savoir où se trouve la distinction entre une toile de peinture plus traditionnelle et un simple travail de retouche d’image, c’est-à-dire entre une culture savante de la peinture et une culture populaire.

 

Il y a certainement beaucoup d’ambigüité dans la démarche d’Andy Warhol. Comme beaucoup de gens, il est fasciné par la beauté, le strass et les paillettes de ces stars hollywoodiennes. En même temps, il cherche à supprimer cette idée de la star idéalisée en la montrant dans une série d’images quasi semblables tel un produit de consommation de masse.

Pourtant, il réintroduit l’acte artistique par le jeu des multiples variations qui différencient chaque visage même d’un détail, d’une petite modification d’encrage, d’un léger ombrage supplémentaire ici ou là.

Au final, l’œuvre n’a plus rien à voir avec les images de papier glacé des magazines. Elle est devenue une toile à part entière.

On a même souvent rapproché ces Marylin d’Andy Warhol des icônes byzantines (l’art ancien du temps de la Constantinople catholique, site de l’ancienne cité grecque de Byzance). L’exemple le plus frappant en est la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul et la flamboyance de son dôme, mais surtout les couleurs brillantes et la présence permanente du symbolisme qui crée une atmosphère mystique. Andy Warhol connaissait parfaitement cette culture, lui qui avait été éduqué et baigné dans la culture byzantine-catholique.

A présent ces Marylin sont devenues à leur tour des icônes.

 

Au lieu d’abolir les frontières de l’art, elles sont devenues des chefs d’œuvre de l’art occidental à part entière.

 

Au-delà de l'oeuvre, ces techniques de travail sur la photo a beaucoup été utilisées dans les établissements scolaires, réalisant en partie l'objectif du Pop Art : rendre l'art populaire...

 

 

 

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Biographie d’Andy Warhol

 

Naissance en 1928 dans une famille d’ouvriers immigrés de Pittsburgh (Pennsylvanie)

 

Il suit une formation d’illustrateur publicitaire au Carnegie Institute of Technology

 

En 1949, il s’installe à New-York. Il y devient un illustrateur de renom.

 

En 1962, il présente sa première exposition à Los Angeles. 32 tableaux de ses fameuses boîtes de conserve Campbell’s Soup Can.

 

 

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A partir de cette année-là, il devient l’un des grands noms du Pop Art. Il se tourne vers le procédé de la sérigraphie.

 

En novembre 1962, il expose ses tableaux sur Marylin Monroe.

 

En 1963, il fonde The Factory (« L’Usine »), un atelier situé à Manhattan au 231 East 47th Street. Ce lieu de création devient très vite un endroit de regroupement d’artistes, d’acteurs, de musiciens underground (dont le Velvet Underground de Lou Reed) et toute une faune d’exclus et de drogués.

Dans ce lieu il conçoit de nombreux tableaux basés sur la reproduction en série. La plupart sont réalisés par ses assistants.

Il réalise aussi des films expérimentaux  dans lequel apparaissent ses amis (dont Lou Reed).

 

En juin 1968, une féministe extrémiste Valerie Solanas tire trois coups de feu sur lui. Il en réchappe de justesse. Les séquelles de cette tentative d’assassinat le marqueront jusqu’à sa mort.

 

Il rompt  petit à petit avec la contre-culture radicale et anticapitaliste des années 60.

 

A partir de 1970, Andy Warhol vend des tableaux aux plus riches et affirme sans honte que l’art consiste à faire des affaires. Enorme provocation sans doute. Mais elle sème le trouble chez ses admirateurs. 

Les critiques sont alors divisés sur cette dernière partie de sa carrière : pour les uns, c’est un jeu moqueur, une satire provocatrice de l’art moderne comme du monde moderne. Les autres y voient une dérive impardonnable de ce qui fut son art premier.

 

Il meurt en 1987 d’une attaque cardiaque après une opération de la vésicule biliaire. 

 

 

 

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Coloriages à imprimer

 

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D'autres articles d'histoire de l'art - XXème siècle

 

Histoire d'une oeuvre / "Guernica" de Pablo Picasso - 1937

Histoire d'une oeuvre / "Les Nymphéas" de Claude Monet - 1915-1926

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Le Pop Art, un courant artistique des années soixante

 

 


Andy Warhol


21/12/2016
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Le Pop Art, un courant artistique des années soixante

Naissance du Pop Art

 

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"Campbell's Soup Can", célèbre sérigraphie d'Andy Warhol (1964)

 

 

Quand on parle de Pop Art, on pense tout de suite à Andy Warhol dans les années 60.

Mais d’où vient ce courant artistique ?

Pour cela, revenons en Grande-Bretagne dans les années 50

 

3463.jpg Richard Hamilton

 

La première fois que le mot Pop apparaît, c’est sur un montage photo de 1956 à la Whitechapel Gallery de Londres, un collage intitulé « Just What Is It that Make’s Today’s Homes So Different, So Appealling ? » ("Juste ce qui fait nos maisons d'aujourd'hui si différentes si attrayantes ?") dans lequel apparaît une sucette avec le mot Pop dessus.

 

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Ce collage est composé d’images issues de magazines américains.

 

 

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L’auteur de ce collage s’appelle Richard Hamilton (né en 1922). Il appartient à un groupe de critiques, peintres, architectes, sculpteurs, et universitaires britanniques appelé « Independent Group ». Depuis 1952, ils se réunissent régulièrement à l’Institute of Contemporary Arts de Londres. Ensemble ils discutent de la fascination que leur inspire la culture de masse américaine  avec ses publicités flamboyantes, sa musique populaire, ses magazines complètement différents, aussi ses bandes dessinées truffées de super héros.

 

Nous sommes dans une période où les USA voient se développer le rock (Bill Haley and the Comets, Elvis Presley, Chuck Berry), les chansons des crooners comme Franck Sinatra (The Voice), Dean Martin, aussi les musiciens noirs comme Louis Prima,  Nat King Cole et Harry Belafonte. C’est l’époque royale de la consommation de masse, le monde et de l’image et de la publicité, l’accès à davantage de confort. C’est l’après-guerre flamboyante des Etats-Unis, nouveaux rois du monde. 

 

 

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L’exposition qui a lieu à la Whitechapel Gallery de Londres en 1956 présente des œuvres qui célèbrent cette culture américaine. D’ailleurs l’accueil de l’expo se fait avec la musique d’un juke-box. Les œuvres présentées (comme celle d’Hamilton) se veulent l’héritage d’une tradition et en même temps une source qui trouve son inspiration dans l’iconographie et les techniques de la culture de masse. En clair : un art populaire (dans le sens « conçu pour un large public »), éphémère (des solutions à court terme), jetable et facilement oublié, bon marché, produit en masse, jeune, spirituel, sexy, plein d’astuces et surtout qui rapporte beaucoup d’argent.

 

En 1956, à l’époque de cette exposition, le temps du Pop Art n’est pas encore connu. Un critique anglais Lawrence Alloway l’utilisera en 1958.

Mais le monde artistique reste encore indifférent à ce courant marginal dans un univers des arts dominé par l’univers radical et triomphant de l’expressionnisme abstrait américain avec des artistes comme Jackson Pollock, Frantz Kline, Willem de Kooning et Mark Rothko qui nourrissent leurs œuvres de concepts psychanalytiques concernant le mythe, la mémoire et l’inconscient tirés des textes de Carl Jung (1875-1961) ou Sigmund Freud (1856-1939). Ce mouvement artistique a pris de l’ampleur dans les années 40 aux USA à la recherche du geste spontané de l’artiste sur la toile. La façon de peintre a autant d’importance que la toile elle-même. Ce sont souvent d’immenses toiles (Jackson Pollock par exemple) où l’acte de peindre (Action Painting) peut donner lieu à des danses autour de la toile posée au sol, de la peinture qui gicle et qui dégouline.

 

 

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Jackson Pollock - Convergences

 

Dans cette atmosphère artistique dominante, les membres de l’Independent Group de l’Institut d’Art Contemporain de Londres passent encore au second plan.

 

Pourtant aux Etats-Unis, quelques œuvres nouvelles dans le style Pop remettent en question l’hégémonie de l’expressionnisme abstrait. Il s’agit de tableaux de Jasper Johns (né en 1930) dont une série de drapeaux des années 50,

 

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Three Flags by Jasper Johns

 

ou encore Robert Rauschenberg (1925-2008) avec ses œuvres où s’intègrent des collages de magazines ou des symboles de la société de consommation comme des bouteilles de Coca. Un nouveau langage apparaît ainsi aux USA.

 

Robert-Rauschenberg-Signs.JPG Robert Rauschenberg

 

Au début des années 60, le Pop Art devient un phénomène culturel incontournable autant en Grande-Bretagne qu’aux Etats-Unis.

En 1961, l’exposition anglaise « Young Contemporaries » fait découvrir de jeunes artistes encore quasi inconnus : David Hockney, Peter Blake, Patrick Caufield ou Derek Boshier.

 

 

Young Contemporaries 1961.jpg L'exposition Young Contemporaries en 1961 avec David Hockney et Derek Blake

 

De l’autre côté de l’Atlantique, en 1962, on voit se tenir les premières expositions de Pop Art. On découvre alors des artistes comme Tom Wesselman, Roy Lichtenstein et surtout un certain Andy Warhol.

 

Lichtenstein peint d’immenses images inspirées de la bande dessinée, Andy Warhol conçoit des sérigraphies  comme Campbell’s Soup Can qui provoquent d’abord l’incompréhension, reposant la question de ce qu’est l’art. Est-ce qu’une boîte de conserve reproduite en série avec des variations de couleurs, c’est de l’art ?

 

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Les amoureux des beaux-arts (qu’ils soient pour ou contre le capitalisme) sont déroutés par cet art nouveau qui colle aux images de la société triomphante de l’argent, un artiste remettant plutôt en question la société alors qu’on se trouvait là dans un concept de proximité extrême avec les supports et les objectifs de cette société matérialiste.

 

Yoko Ono (femme de John Lennon) disait : « Nous rejetions avec conviction et détermination Elvis et le rock’n roll… Nous nous intéressions à l’art."

Le critique Lawrence Alloway ajoutait : « Nous n’éprouvions pas de dégoût pour la culture commerciale, comme c’était l’usage chez les intellectuels, mais nous l’acceptions comme telle, nous en discutions avec passion et nous la consommions avec enthousiasme. »

 

Paradoxalement, il arrivera que les tableaux de Pop Art deviennent des critiques de la société de consommation, une dénonciation de la publicité et de ces nouveaux modes de vie « The American Way of Life ».

 

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Les aspects les plus sombres de cette société vont apparaître dans des sérigraphies d’Andy Warhol sur des chaises électriques et des accidents de la route. Ce ne sont encore que des exceptions dans cet univers artistique où les idoles des jeunes (Elvis, Marilyn Monroe) et les objets de consommation sont beaucoup utilisés par ces artistes, une façon de se révolter contre la culture dite « savante » et élitiste, contre le bon goût décidé par les tenants de la pensée dominante.

 

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Clairement, petit à petit, le Pop Art se développera dans l’idée d’une opposition à l’ordre établi avec ce paradoxe d’être une culture plus facile d’accès et qui permet aussi de s’enrichir, à l’image du monde dans lequel ils vivent.

De plus l’iconographie qu’ils pillent pour créer leurs œuvres suscite chez eux respect et admiration, d’autant plus que beaucoup d’entre eux sont à l’origine des photographes, des illustrateurs, des dessinateurs publicitaires.

Andy Warhol, par exemple, a débuté comme illustrateur de magazine. James Rosenquist concevait des affiches publicitaires avant de se tourner vers les Beaux-Arts.

Malgré l’ambition affichée de détruire la barrière entre culture populaire et culture savante, ces artistes n’en restent pas moins des représentants de la seconde catégorie. Leurs œuvres sont exposées dans des galeries, achetées par des gens fortunées et célébrées comme des chefs d’œuvre uniques.

Ces contradictions se retrouvent dans les liens fréquents avec la contre-culture au début des années 70, notamment Andy Warhol avec le Velvet Underground le groupe new-yorkais de Lou Reed. 

 

Il y aura quelques incursions dans la culture populaire comme la couverture de l’album des Rolling Stones « Sticky Fingers » en 1971 par Andy Warhol avec la célèbre braguette (une vraie fermeture éclair dans les premières éditions) ou le collage de Sergent Pepper’s Lonely Heats Club Banden 1967 des Beatles par Peter Blake et sa femme.

 

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En fait le Pop Art ne fut jamais un mouvement cohérent, seulement un mouvement qui réunit des artistes de sensibilités très différentes, aux parcours très variés.

 

Certains refusent même de se revendiquer comme artistes. C’est le cas d’Andy Warhol soulignant avec provocation que la seule valeur de ses œuvres se trouve dans la valeur monétaire sur le marché surévalué de l’art. Il utilisait cette célèbre formule qui veut tout dire et rien dire : « L’art commercial est de l’art véritable, et l’art véritable est de l’art commercial. »

Le critique Morse Peckham ajoutera en 1967 au sujet du travail d’Andy Warhol : « L’œuvre ne laisse rien à faire au critique, et rien à faire au public, à part l’acheter, s’ils sont assez bêtes pour cela, et ils le sont sans aucun doute. »

 

Au début des années 70, le Pop Art commence à décliner même s’il reste encore productif. Ses œuvres restent des témoignages éloquents d’un monde du début de la consommation de masse.

 

Ce fut la première tentative de réflexion sérieuse sur le rôle de l’artiste et de l’œuvre d’art dans un monde saturé par les médias de masse. Marcel Duchamp avait déjà posé la question en 1917 avec  son urinoir et son commentaire associé : « Ceci n’est pas un urinoir ».

 

Les questions posées par le Pop Art à cette époque sont encore pertinentes aujourd’hui, peut-être même encore plus du fait de l’extrême concentration du pouvoir économique.

 

Le développement très américain de ce courant artistique a presque fait oublier qu’il est né en Angleterre.

 

 

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Oeuvre de Richard Hamilton 

 

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Mao Tsé Toung par Andy Warhol

 

 

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Sérigraphie Elvis par Andy Warhol

 

 

ten lizes.jpg Sérigraphie Elisabeth Taylor par Andy Warhol

 

 

Les techniques du Pop Art ont aussi beaucoup influencé les créateurs du XXIème siècle et l'approche des arts visuels à l'école avec notamment le travail sur le collage, l'assemblage peinture et images photos, le travail sur le portrait. 

 

(D'après "Tout sur l'Art, panorama des mouvements et des chefs d'oeuvre")

 

 

 

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20/12/2016
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Histoire d'une oeuvre / "Le Baiser " de Gustav Klimt (1907-1908)

Gustav_Klimt_Le Baiser.jpgHuile sur toile - 180 x 180 cm - Vienne, Österreichische Galerie Belvedere

 

 

La version définitive du tableau occupa plusieurs années de la vie de Gustav Klimt. L’œuvre représente deux humains enlacés.

Il fut d’abord inclus dans la frise intitulée : « Frise Beethoven » dans la section « Un baiser pour le monde entier ».

Le peintre ajouta un autre baiser en 1904 dans une série de peintures murales pour une salle à manger bruxelloise du Palais Stoclet dans un section appelée « Epanouissement ».

 

Le tableau définitif a été peint à l’apogée de sa période dite « dorée ».

Les motifs décoratifs abstraits représentent des formes autant géométriques que florales. Ils prédominent sur la toile, bien au-delà des deux personnages.

 

En 1907-1908, le tableau arrive dans une période difficile de la carrière de l’artiste. Il vient de quitter la Sécession viennoise, un courant artistique de la capitale autrichienne qui a connu son heure de gloire de 1892 à 1906. La scission a lieu entre les « naturalistes » (autrement les académiques) et les symbolistes dont faisait partie Gustav Klimt.

 

Avec plusieurs de ses collègues qui ont quitté le groupe, il organise en 1908 une exposition appelée « Kuntschau » (« Exposition d’art »). Elle est très mal accueillie et c’est une catastrophe financière. Les critiques sont très féroces à son égard.

 

Juste avant sa fermeture, le gouvernement fait acquisition de la toile du Baiser, jugée d’intérêt national.

Depuis ce temps, « Le baiser » de Klimt est considéré comme un chef d’œuvre de la peinture.

 

 

Sa composition

 

Dans toutes les variations sur le baiser peintes par Klimt, le visage de l’homme reste caché. Le regard est porté quasi exclusivement sur la femme, ici aux yeux clos. Celle-ci semble d’une grande pâleur. Elle rappelle des tableaux représentant des têtes coupées, thème très apprécié des symbolistes.

 

L’homme épris est debout tandis que la femme est agenouillée (pied saillant). L’homme semble la dominer. Au vu de la mesure des jambes, si la femme était debout, c’est elle qui le dominerait. C’est une des ambigüités du tableau.

 

Des serpentins s’échappent sous le corps de la femme et couvrent la partie droite du parterre de fleurs. Ces serpentins font peut-être partie de son habillement, mais plus logiquement il semblerait qu’ils représentent des tresses stylisées qui seraient la suite de sa chevelure.

Dans l’art symboliste, les femmes fatales sont souvent représentées avec une longue chevelure pour prendre au piège leurs victimes.

 

La seule note réaliste du tableau est le parterre de fleurs. Gustav Klimt adorait les fleurs. Il les laissait pousser librement dans son jardin. Il aimait aussi les peindre. Toutefois, sur ses toiles, elles ne sont jamais incluses dans des paysages plus conventionnels. Elles accompagnent les sujets symboliques du tableau.

 

 

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L’or et la mosaïque

 

Klimt avait une grande connaissance des arts appliqués. Cela eut des effets indéniables sur son travail de peintre. Son père étant orfèvre, cela lui permit de se familiariser avec ce métier même sans le pratiquer vraiment.

Dans l’œuvre du Baiser, l’artiste utilise un revêtement de poudre dorée pour obtenir cet arrière-plan si particulier, très chatoyant.

Ce goût de Klimt pour les couleurs dorées riches et flamboyantes vient de son intérêt pour la mosaïque. Il l’étudia à Vienne. Sa passion redoubla quand il visita Ravenne en 1903 avec entre autres ses éblouissantes mosaïques byzantines.

A son retour, il adapta ces techniques à son travail de peintre. Cela transparaît évidemment dans « Le Baiser » par ce cocon doré dans lequel sont enveloppés les amants, les séparant du monde extérieur. Les motifs et les riches incrustations évoquent de toute évidence la mosaïque.

 

 

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Biographie de Gustav Klimt

 

1876-1892

Klimt a quatorze ans quand il commence son apprentissage à l’Ecole des arts décoratifs de Vienne. C’est au sein même de l’école qu’avec son frère Ernst (1864-1992) Franz Matsch (1861-1942), il crée une société qui réussit à obtenir des commandes pour la décoration de bâtiments à Vienne.

 

En 1893, leur société a tellement de succès qu’elle décroche une commande pour un ensemble de peintures murales à l’université.

Pourtant en parallèle, Klimt se sent de plus en plus attiré par l’avant-garde.

En 1897, il fait partie des fondateurs de la Sécession, un nouveau courant artistique viennois. Son style nouveau n’est pas du tout apprécié des autorités et il finira par abandonner le projet de décoration de l’université.

 

Il quitte la Sécession en 1905 suite à des dissensions entre les artistes du mouvement.

Il est à l’apogée de son art. C’est à ce moment qu’il produira ses chefs d’œuvre comme « Le Baiser ».

En 1910, il est à l’honneur de la Biennale de Venise avec une exposition monographique.

Il concevra aussi l’ensemble le plus spectaculaire de sa carrière au palais Stoclet à Bruxelles.

 

A partir de 1912, il se consacrera surtout à des portraits de jolies femmes, également des paysages.

Il meurt en 1918 d’une pneumonie avant la fin de la première guerre mondiale. 

 

 

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Quelques coloriages à imprimer

 

 

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"Le baiser " revu et corrigé 

 

 

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Sur une zone de guerre, la tableau prend une toute autre dimension politique et humaniste

 

 

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Le Baiser, Gustav Klimt

 

 

 

 

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22/12/2016
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Histoire d'une oeuvre / "Les Nymphéas" de Claude Monet - 1915-1926

NYMPHEAS

Le matin clair aux saules (1915-1926)

de Claude Monet

 

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Les nymphéas occupèrent 25 années de l’existence de Claude Monet.

En 1890, le peintre acheta la maison et le terrain adjacent qu’il louait auparavant à Giverny dans l’Eure (Normandie). Ce terrain fut transformé en jardin. Celui-ci était composé d’un grand bassin avec des nymphéas près duquel fut installé un énorme atelier de peinture.

Claude Monet peindra environ 250 tableaux de nymphéas isolés.

 

Claude_Monet_-_Water_Lilies_-_1906_Ryerson.jpg Nymphéas 1906

 

Mais surtout, l’œuvre majeure des nymphéas est composée d’un immense ensemble décoratif dans le but d’envelopper la vue du spectateur.

Le peintre créa ce qu’on appela la Chapelle Sixtine de l’impressionnisme, un ensemble de peintures murales de grande taille montrant différents aperçus du bassin.

Il fut soutenu dans ce projet par son ami Georges Clémenceau, alors premier ministre.

Claude Monet mourut en 1926. Un an après sa mort, les huit toiles de cet immense ensemble mural furent exposées au Palais de l’Orangerie à Paris dans deux salles ovales à l’extrémité du jardin des Tuileries, tout près du musée du Louvre. Cette toile gigantesque  est le fruit d’une observation fine et répétée du bassin et de souvenirs d’instants que Monet avait peints  en vitesse au début de l’impressionnisme.

 

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L’inspiration reste la même : l’eau et ses reflets changeants, ce qu’il appelait son « enveloppe », cette atmosphère lumineuse qui varie selon les scènes et les heures du jour.

Monet disait à propos de son bassin de nymphéas :

« L’essence du motif est un miroir d’eau qui change d’aspect à chaque instant. »

 

Claude_Monet_-_Water-Lilies_(Bridgestone_Museum) 1907.jpg  Nymphéas 1907

 

 

Présentation de l’artiste

 

280px-Claude_Monet_1899_Nadar_crop.jpg Claude Monet en 1899

 

Claude Monet est né le 4 novembre 1840 à Paris. Il grandit dans la ville du Havre (Normandie).

 

1851-1857

Le peintre vécut très tôt de son art, notamment en vendant des caricatures au fusain dans la ville de son enfance, Le Havre. Il va apprendre la technique de la peinture à l’huile auprès d’Eugène Boudin (1824-1898). Tous les deux vont s’inspirer des travaux en plein air du hollandais Johan Barthold Jongkind (1819-1891).

 

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Johan Barthold Jongkind - 1875

 

1858-1872

Monet va s’installer à Paris. Il est encore un jeune homme de 18 ans quand il commence à étudier dans l’atelier de Charles Gleyre (1806-1874). Il y fera la connaissance de Renoir, Bazille et Sisley. L’impressionnisme naîtra de leurs expériences pour capter les effets fugitifs de la lumière lors de séances de travail en plein air.

Claude Monet épousera son modèle Camille Doncieux en 1870.

 

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Camille Doncieux , Portrait - par Claude Monet - 1877

 

Le critique d’art Louis Leroy dira de son tableau intitulé « Impression, soleil levant » qu’il représente la baptême du mouvement impressionniste.

 

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Impression, soleil levant - 1872

 

1873-1880

Camille Doncieux meurt en 1879. Suzanne Hoschedé élèvera ses deux fils avec ses propres enfants à Paris. En 1880, les deux familles s’installent ensemble dans l’Eure.

 

1881-1926

A partir de cette période, les œuvres de Monet commencent à atteindre des prix élevés. En 1890, le peintre acquiert la propriété de Giverny.

Il meurt à Paris le 8 décembre 1926 à l’âge de 86 ans. 

 

Claude_Monet_038.jpg Nymphéas

 

1280px-Claude_Monet_044.jpg Nymphéas

 

Claude_Monet_Nymphéas 02.JPG Nymphéas 

 

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Coloriages - Les Nymphéas

 

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Article d'après les livres "D'art d'Art" de Frédéric et Marie-Isabelle Taddéi

 

et "Tout sur l'art - panorama des mouvements et des chefs d'oeuvres" sous la direction de Stephen Farthing

 

 


16/07/2015
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Histoire d'une oeuvre / "Guernica" de Pablo Picasso - 1937

GUERNICA (1937)

De Pablo Picasso (1881-1973)

 

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Cette œuvre a été commandée par la République espagnole pour l’exposition universelle de Paris. Le tableau dénonce la violence du régime fasciste en place, notamment pendant la guerre civile espagnole de 1936 à 1939. Il s’agit du bombardement de la petite ville basque de Guernica.

Très vite, cette œuvre va dépasser cette simple représentation pour devenir une dénonciation universelle des horreurs de toutes les guerres.

La force de cette œuvre provient de la combinaison d’une forme épique et symbolique avec des éléments abstraits.

On peut noter l’absence de couleurs. C’est une œuvre monochrome en noir, blanc et jaune. Cela donne un réalisme et une violence accrus.

Par sa peinture, l’artiste s’indigne de la souffrance causée à la population de Guernica. La violence apparaît par la figure du Minotaure ou des corps qui agonisent. On retrouve cette thématique dans d’autres tableaux de Picasso.

De toute évidence, Guernica est chargé de symboles. Mais Picasso n’en dira rien avec précision. La seule qu’il ait exprimé à ce sujet, c’est : « Les idées et les conclusions auxquelles vous êtes parvenus, j’y suis aussi parvenu, mais instinctivement, inconsciemment. »

Au centre de la toile, le cheval piétinant la femme représente les dictateurs d’Europe de cette époque (Franco en Espagne, Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie), devenus incontrôlables.

Officiellement, Pablo Picasso n’a jamais fait partie du mouvement surréaliste (mouvement littéraire, culturel et artistique du xxe siècle, pour une création et une expression libre utilisant le rêve et l’inconscient sans contrôle de la raison et s’opposant aux idées reçues). Pourtant, on en mesure cette influence dans la toile par la représentation d’images cauchemardesques et de personnages aux corps désarticulés. Ces éléments sont utilisés en lien avec une approche cubiste (mouvement artistique créé par Pablo Picasso et Georges Braque où les corps et les objets sont fragmentés afin d’en voir toutes les parties). Ce lien du surréalisme et du cubisme permet un regard unique sur la souffrance.

Le tableau est construit sous la forme d’une pyramide descendante au contraire de celle du tableau d’Eugène Delacroix « La Liberté guidant le peuple » qui, elle, est ascendante. Dans Guernica, la dynamique meurtrière vient du ciel puis écrase le peuple qui finit gisant sur le sol. Alors que dans le tableau de Delacroix, la Liberté remonte de la douleur.

 

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Le Minotaure 

 

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C’est un être mi-homme mi-taureau qui exprime le combat entre l’humain et le bestial, entre l’empathie nécessaire à la vie humaine et la sauvagerie de certains comportements de l’homme. Ici, sur cette toile, il représente la violence des dictateurs qui ne soucient pas de l’importance de la vie. Le Minotaure se tient immobile et froid au-dessus d’une femme pleurant son bébé mort qu’elle tient dans les bras. Une image de la violence aveugle qui s’est abattue sur Guernica.  

 

L’ampoule

 

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Au-dessus du cheval au milieu de la toile, on voit une ampoule solitaire au centre d’un œil maléfique dont la lumière semble aveugler l’ensemble du tableau. Cette ampoule symbolise le soleil qui empêche l’Espagne de voir la catastrophe en cours. Pus crûment, elle évoque la lumière froide d’une salle de torture.

 

La figure terrifiée

 

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A droite du tableau, sous le minotaure, c’est une femme qui semble tomber ou qui semble être prisonnière d’un bâtiment en feu. Son visage exprime la douleur. Son cri paraît s’adresser au spectateur.

 

L’épée et la fleur

 

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Au centre du tableau, vers le bas, apparaît le bras d’un soldat mort, peut-être sous les décombres d’une maison bombardée. La main reste serrée sur l’épée cassée. Un fantôme de fleur pousse de cette main, comme un unique signe d’espoir de ce tableau tragique.

 

Le cheval

 

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Il représente la mort en marche qui écrase tout sur son passage, la tragédie du peuple espagnol pendant la Guerre Civile infligée par le dictateur Franco et par les bombardements allemands. Une tête de mort apparaît avec les naseaux et les dents du cheval.

 

La figure du Minotaure chez Picasso

 

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Couverture du premier numéro de la revue "Le Minotaure" (1933)

 

L’image du Minotaure provient de la mythologie grecque, la fameuse histoire du Roi Egée et son fils Thésée qui partit en Crête pour tuer le Minotaure. Pablo Picasso est hantée par cette histoire bien avant qu’il ne commence à peindre « Guernica ». Il utilisera cette image ppour le premier numéro de la revue surréaliste « Le Minotaure » publiée de 1933 à 1939. Cette monstrueuse créature a jailli de l’esprit de Picasso en raison de tracas sentimentaux dans son couple.  

 

Quelques versions de "Guernica" colorisées

 

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D'autres oeuvres de Picasso

 

 

Et pour finir un coloriage à imprimer 

 

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également une vidéo

 

 

Projet TICE d'une classe de CM2 sur le thème de "Guernica" de Pablo Picasso

 


 

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21/01/2015
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