Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

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Histoire d'une oeuvre / "Le Radeau de la Méduse" de Théodore Géricault - 1818-1819

Le Radeau de la Méduse

Théodore Géricault

1818-1819

Mouvement romantique

Peinture à l’huile, toile sur bois

Dimension 4,91 m sur 7,16 m

Musée du Louvre, Paris

 

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Ce tableau fit sensation au salon de 1819. C’était la première fois qu’un peintre reconstituait une scène réaliste d’un évènement qui avait réellement eu lieu, en l’occurrence le naufrage du navire La Méduse, survenu trois ans plus tôt au large du Cap Blanc.

 

Avec le retour de Louis XVIII sur  le trône pour la Restauration de la royauté, les anglais rendent le Sénégal à la France.

Le 17 juin 1816, La Méduse appareille de l’île d’Aix pour rejoindre le port sénégalais de Saint-Louis. Son objectif est d’entériner la restitution du Sénégal et d'installer la nouvelle hiérarchie dirigeante au nom de la France.

La flottille est composée de trois autres bateaux : le navire de combat Loire, le brick Argus, et la corvette Echo. A bord ce sont près de 400 passagers qui ont pris place dont le colonel Julien Schmaltz, gouverneur du Sénégal. Il est accompagné de sa femme Reine et de sa fille. Sont aussi présents des notables, des scientifiques, des soldats et bien sûr des colons, aussi des républicains que le pouvoir voulait éloigner de France.

C’est le commandant Hugues Duroy de Chaumareys, un vicomte limousin qui est nommé capitaine de la Méduse. Seul problème, il n’a pas navigué depuis 20 ans.

Il décide de prendre de l’avance sur les trois autres bateaux et les dépasse. Mal lui en prend, il dévie de sa trajectoire de 160 kilomètres et quitte la route prévue. C’est le 2 juillet 1816 qu’il s’échoue là où il ne fallait surtout pas passer, sur le banc d’Arguin, au large des côtes mauritaniennes.

 

Pour se sortir de ce mauvais pas, l’équipage construit un radeau avec les espars (éléments  de gréement longs et rigides, souvent en bois, jouant un rôle important dans la propulsion à voile et pour les manœuvres). Ces espars sont assemblés par des cordages. On cloue des planches qui forment un caillebotis glissant et instable. Le tout a pour but de délester la frégate de ses marchandises pesantes (exceptés les 44 canons), dans le but de la déséchouer.

 

Mais tout ne se passe pas comme prévu. Des avaries surviennent le 5 juillet tandis que la mer devient mauvaise. L’évacuation de la frégate apparaît comme nécessaire. 17 marins restent pourtant à bord dans l’espoir de la ramener à bon port. 233 passagers dont Chaumareys, Schmalz et sa famille embarquent dans les six canots et chaloupes  pour gagner la terre la plus proche à 95 km de là. Pour le reste, 149 marins et soldats dont une femme, prennent place tant bien que mal sur le radeau qui n’était pas prévu au départ pour transporter des personnes.

 

Le radeau est amarré aux canots puisqu’il est dans l’incapacité d’être manœuvré. Il mesure 20 mètres de long et 7 de large et menace à chaque instant d’être submergé par les flots. Finalement, le commandant Chaumareys prend la décision d’abandonner le radeau en laissant quelques maigres vivres à ses occupants.

Ceux-ci, sous les ordres de l’aspirant de première classe Jean-Daniel Coudein, n’ont à leur disposition qu’un paquet de biscuits trempés devenus une sorte de pâte, deux barriques d’eau douce et six barriques de vin.

 

La situation va se dégrader très vite. La peur aidant, les disputes se font de plus en plus nombreuses. Les barriques d’eau douce tombent à l’eau, compromettant davantage l’avenir des naufragés. Au septième jour, il ne reste que 27 survivants dont la moitié sont des agonisants.

 

Poussés par la faim, la colère, le délire suite aux consommations fortes d’alcool, quelques désespérés se livrent à des violences, des tueries et du cannibalisme de survie.

 

Les officiers décident de jeter les blessés à la mer pour conserver plus de rations pour les hommes valides.

13 jours plus tard, le 17 juillet 1816, le radeau est repéré par le brick Argus, envoyé par Chaumareys. Les 15 derniers rescapés ont survécu aux entretueries, au cannibalisme et à l’anthropophagie.  Les nombreuses victimes sont soit mortes de faim, soit passées par-dessus bord ou se seraient jetées à l’eau de désespoir. Ce naufrage a causé la mort de 150 personnes. Sur la quinzaine de rescapés, dix seulement sont restés en vie. Certains sont devenus fous. 

 

Les autres bateaux se sont séparés. Certains sont parvenus à Saint-Louis alors que les autres sont arrivés quelque part sur la côte avec des victimes de la chaleur et du manque de nourriture.

 

La marine anglaise retrouvera le radeau 42 jours plus tard

Cet « incident » va provoquer un grand scandale et une gêne considérable pour la monarchie nouvellement installée, nouvellement restaurée. La nomination d’un capitaine incompétent est de toute évidence due à ses relations avec le nouveau pouvoir en place.

 

Paroles de rescapés

 

"Sur cet étroit théâtre, où tant de douleurs se réunissaient, où les plus cruelles extrémités de la faim et de la soif se faisaient sentir, des hommes vigoureux, infatigables, exercés aux professions les plus laborieuses, succombèrent l'un après l'autre sous le poids de la destinée commune[...]"(Corréard-Savigny).

"Parmi les malheureux que la mort avait épargnés, les plus affamés se précipitèrent sur les restes inanimés d'un de leurs malheureux frères d'infortune, mirent le cadavre en pièces et se rassasièrent de ce mets horrible. A l'instant même, beaucoup de nous n'y touchèrent pas. Ce ne fut que quelques temps après, que nous fûmes tous obligés d'en venir à cette extrémité." (Coudein)

Après 13 jours de dérive, quinze hommes vivant furent recueillis par un navire envoyé à la recherche du radeau. Ils furent débarqués à Saint-Louis (Sénégal), les plus atteints transportés à l'hôpital ; cinq y décèdèrent. 

Ne survécurent que 10 hommes, parmi lesquels : Coudein (aspirant de marine), Corréard et Savigny (chirurgien de marine). Ces deux derniers relatèrent leurs émouvantes péripéties dans un récit publié un an plus tard.

 

 

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Le tableau du Radeau de la Méduse

 

En 1817, Théodore Géricault se trouvait en Italie pour un voyage d’étude.

En rentrant à Paris, il tombe par hasard sur une édition datée du 22 novembre 1817. C’est une publication de deux survivants du naufrage, l’aide-chirurgien Henri Savigny et un ingénieur géographe Alexandre Corréard.

Les horreurs du naufrage sont aussi parvenues aux oreilles et aux yeux du public par des indiscrétions du ministre de la police Elie Decazes qui a fait une entorse à la censure. Il laissa le rapport parvenir à la presse. Son intention était de mettre à mal le ministre de la marine François-Joseph de Gratet et de prendre sa place. 

Le scandale est tellement énorme que le commandant Chaumareys est sévèrement sanctionné par les instances de la Marine. Il est reconnu coupable, dégradé, radié de l’armée et emprisonné pendant trois ans.

 

L’effet médiatique de ce naufrage est considérable. Théodore Géricault se dit qu’un tableau représentant cet évènement pourrait aider à bâtir sa réputation de peintre.

Il prend la décision de réaliser ce tableau et commence des recherches  préparatoires. Il rencontre d’abord deux des survivants, Savigny et Corréard. Le récit qu’ils vont lui en faire va influencer de manière importante la tonalité finale du tableau.

Géricault installa son atelier près de l’hôpital Beaujon. Ce sera le début d’une sombre descente, un plongeon infernal dans le travail sur cette œuvre qui baigne dans la mort et la déchéance. Rien ne l’arrêtera.

 

Géricault avait déjà été confronté à des pestiférés ou des déments. Mais là, il s’agit d’une confrontation aux extrémités du comportement humain.

Son objectif de coller à la vérité historique va devenir une obsession. Il observera et dessinera des esquisses des phénomènes de rigidité cadavérique, la chair en décomposition, les différents aspects des cadavres par les dépouilles de la morgue de l’hôpital voisin.

Il travaillera aussi à l’étude des visages de patients  mourant. Son atelier deviendra un lieu qui ne ressemble plus à un atelier de peintre.

 

 

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Plan du radeau de la Méduse d'après Corréard et Savigny

 

 

Pour affiner  son approche du tableau, il construira un modèle réduit du radeau avec l’aide des survivants et d’un charpentier nommé Lavillette. Ce radeau sera reproduit dans ses moindres détails sur la toile. Même les espaces entre les planches seront représentés. 

Géricault se rendra aussi au Havre pour contempler la mer et le ciel.

 

 

Radeau de la Méduse reconstitué à l'échelle 1 visible dans la cour du musée de la Marine à Rochefort..jpg 

Reconstitution du Radeau de la Méduse au Musée de la Marine de Rochefort

 

 

Lors d’un voyage en Angleterre, traversant la Manche, il profite du temps sur le bateau pour étudier les éléments du paysage marin. Le travail sur ce tableau lui occupe totalement l’esprit.

Plusieurs esquisses préalables vont voir le jour. Mais la conception et la réalisation du tableau sont très lentes. Le peintre hésite sur le moment du drame que montrera le tableau. Il décide finalement de peindre l’instant où les survivants voient l’Argus au loin, le brick sera l’élément lointain au bout de la ligne qui tire le dessin du radeau vers l’horizon. L’Argus n’est qu’une petite forme grisâtre au centre-droit de l’œuvre.

Le peintre choisit de montrer le radeau dans une mer démontée pour accentuer la dramaturgie de la scène. 

 

 

La réalisation du tableau

 

Malgré le côté pesant et méthodique du travail, l’atelier reste très bien rangé. Géricault travaille dans le silence absolu. Il dit que même un bruit de souris dérangerait sa concentration. Son assistant, un jeune homme de 18 ans du nom de Louis-Alexis Jamar a voulu partir, mais Géricault l’a convaincu de continuer avec lui.

Le peintre utilisera plusieurs modèles dont Eugène Delacroix son ami, représenté par le personnage devant. Jamar servira de modèle à trois personnages dont le jeune homme mort au premier plan.

Les trois survivants qu’il a rencontrés apparaissent par les personnages en ombre au pied du mât.

Chaque modèle pose l’un après l’autre. C’est un travail méthodique, personnage par personnage. L’ensemble du projet nécessitera un an et demi.

 

 

Description du tableau

 

C’est un tableau monumental d’environ 7 m sur 5. Sa taille fait que les personnages en arrière-plan sont à échelle humaine.

Le radeau de fortune semble sur le point de sombrer, voguant dans une mer déchaînée, tandis que les naufragés sont représentés totalement anéantis et désemparés. Un vieil homme tient la dépouille de son fils sur ses jambes ; un autre pleure de rage, abattu ; un cadavre sans jambes à gauche évoque les pratiques anthropophages qui ont eu lieu sur le radeau réel tandis que des taches
 éparses
 de 
rouge
 sang rappellent
 les 
affrontements. Plusieurs corps jonchent le radeau, au premier plan, sur le point de tomber à l'eau en raison des vagues. Les hommes au milieu de l'embarcation viennent d'apercevoir un bateau au loin ; l'un d'entre eux le montre du doigt, tandis qu'un membre africain de l'équipage, Jean-Charles, se tient debout sur une barrique vide et agite sa chemise en l'air afin d'attirer l'attention du navire.

 

Le tableau est construit autour de trois structures pyramidales, d’abord le mât et les cordes qui mettent en valeur le deuxième, celle des corps devant. La troisième est formée par l’homme qui agite sa chemise pour faire signe au bateau au loin.  

 

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Le point jaune représente la position de l'Argus sur l'horizon

 

Par cette œuvre, Géricault critique la France d’alors, conservatrice et esclavagiste. Le héros du tableau est un métis, celui qui mêle les deux couleurs de ce drame, le blanc de la France qui récupère le noir du Sénégal. C’est un héros sans visage puisqu’on le voit de dos. De plus il n’a pas de nom. C’est le premier héros de la peinture occidentale.

Trois autres hommes noirs apparaissent sur le tableau. L’un d’eux tient des mains blanches symbole de la fraternité des races. Dans la réalité un seul homme noir se trouvait sur ce radeau.

En en peignant trois, le peintre crée ouvertement une œuvre politique et romantique.

 

Le tableau est construit sur la règle des tiers qui attire les yeux vers les éléments principaux du tableau. Ces trois tiers correspondent aux trois pyramides. L’œil est d’abord attiré vers la toile et le mât puis suit les survivants avant de revenir vers les mourants dans des lignes qui renforcent la tension dramatique.

 

On trouve des couleurs pâles pour la chair, des couleurs sombres pour les vêtements, le ciel et l’océan, aussi des contrastes de lumière entre la clarté et l’obscurité.

 

C’est ainsi que « Le Radeau de la Méduse » eut un effet saisissant sur le public de l’époque. Son réalisme cru montre une avance de 150 ans sur le cinéma et la télévision.

 

 

Théodore Géricault

 

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Il est né le 26 septembre 1791 dans une famille aisée de Rouen, en pleine Révolution Française.

Il commence à étudier la peinture avec Carle Vernet, un spécialiste des scènes de chasse. Il continuera avec Pierre-Narcisse Guérin.

En 1811, à l’âge de 20 ans,  il entre à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts.

Il espérait obtenir le Prix de Rome pour pouvoir partir en Italie. Ne l’ayant pas obtenu, il finance lui-même son voyage. Il s’y imprégnera de la Renaissance italienne mais aussi des œuvres du maître flamand Rubens.

En 1819, il expose son tableau immense et spectaculaire au salon du Musée du Louvre, le fameux « Radeau de la Méduse ». La critique le brisera. Aussi, il prend la décision d’aller en Angleterre. Il s’y exile deux ans. Revenu à Paris en 1821, il lui restera trois années à vivre avant de mourir de la tuberculose le 26 janvier 1824. 

 

Le plus impressionnant dans toute cette histoire, c'est l'ensemble de hasards qui ont amené à ce chef d'oeuvre de la peinture. Celle-ci a ensuite influencé d'autres oeuvres majeures qui ont utilisé la représentation de scènes réalistes en lien à des évènements qui ont vraiment eu lieu.

 

Pour la postérité du Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, il a fallu d'abord l'indiscrétion sur fond de pouvoir d'un ministre de la police,  puis le récit par la presse d'extraits volontairement terribles de cette aventure humaine. Il a fallu un livre de Corréard et Savigny dont l'écho a été considérable. Et puis il a fallu que Géricault tombe par hasard sur ce livre qui influencera toute la suite de sa carrière de peintre et aussi d'autres artistes par la suite. 

Ce qui est incroyable, c'est de constater comment une affaire qui aurait dû rester secrète, par sa médiatisation, a provoqué un séisme dans le monde de l'art. 

 

Comme pour d'autres cas, art et histoire sont souvent liés

 

 

 

  

Tableau animé du Radeau de la Méduse

 

 

Arte - La véritable histoire du Radeau de la Méduse - 2015

 

 

 

 

 

 

 

D'autres tableaux, dessins et photos

représentant le Radeau de la Méduse

 

 

  

 

 

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Avec des légumes

 

 

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La bande dessinée s'en est aussi emparée

 

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Astérix bien sûr

 

 

Geneviève Defaux - radeau de la Méduse façon moderne.jpg  Geneviève Defaux, façon moderne

 

 

radeau-meduse.jpg Radeau de la Méduse avec des Play-Mobil

 

 

 

 

 

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(D'après Wikipédia et D'art D'art)

 

 

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Livre de poche aux environ de 8 € en avril 2016

 

 

 

Deux des rescapés, Corréard et Savigny, racontent leur témoignage. Ils sont deux des trois survivants de ce drame. Ils écrivent avec une rage manifeste ce récit d'une des plus effroyables tragédies de l'histoire maritime.

Ils n'imaginent pas une seconde qu'ils vont provoquer une crise majeure au sommet de l'État français. Nous sommes au temps de la restauration et de l'installation de Louis XVIII sur le trône. Ils ne savent pas encore qu'ils vont être à la source d'un tableau géant, un des sommets de l'histoire de la peinture, Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault.

 

 

 

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Version originale dont on peut encore trouver des fac-similés en vente dans le commerce - Valeur en avril 2016 : environ 65 €



12/04/2016
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