Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

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Parlement des Enfants - Rencontre avec Kheira Bouziane, députée - Classe de CM1-CM2 - Jeudi 12 février 2015

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Parlement des enfants 2015

RENCONTRE avec Kheira Bouziane,

député de la circonscription

Jeudi 12 février 2015

 

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Dans le cadre du parlement des enfants 2015, les élèves de la classe de CM1-CM2 de l’école des Cèdres ont rencontré Kheira Bouziane, députée de la 3ème circonscription de Côte d’Or dont dépend la ville de Quétigny.

Cette rencontre fait partie des démarches de chaque classe participant au parlement des enfants dans l’ensemble des départements français. Une manière de mieux connaître les élus et leur travail au quotidien, une manière aussi de mieux préparer le projet de loi que chacune des classes sélectionnées doit faire parvenir à l’Assemblée Nationale avant le 18 mars.

Kheira Bouziane est venue, accompagnée de son assistante Valérie Paupert. Elle a montré aux enfants son écharpe tricolore que portent les députés et les maires. Elle a même précisé cette particularité du port de l’écharpe : les députés font en sorte que la bande rouge se trouve côté cou alors que les maires mettent la bande bleue vers l’intérieur.

 

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Les enfants avaient préparé une trentaine de questions à lui poser.

Par les réponses données, ils ont pu découvrir de multiples aspects de la vie d’une députée de la république.

Kheira Bouziane a précisé en premier lieu qu’elle est une élue, représentante d’un territoire appelée circonscription. Cette circonscription est composée de 42 communes dont 30 en secteur rural pour une population totale de 103.000 habitants. Il s’agit de la 3ème circonscription de Côte d’Or.

Elle se rend toutes les semaines à l’Assemblée Nationale à Paris, le plus souvent du mardi matin au mercredi ou jeudi soir. Parfois elle y reste toute la semaine.  Son emploi du temps est très variable et ses activités aussi. Quand elle se trouve à Quetigny, elle peut autant recevoir à son bureau des personnes ou des familles que participer à des évènements locaux ou des réunions (rencontre avec des associations, des syndicats, des personnalités locales, des personnes âgées, des enfants, des invitations à des rencontres sportives…).

A Paris, il s’agit plus généralement du travail législatif (vote des lois), de commissions et de réunions politiques, complémentaires au travail de l’assemblée, parfois même avec le Président de la République. En tant que député, elle a aussi participé à une réunion en Algérie dans le cadre de l’ONU (Organisation de Nations Unies dont le siège se trouve à New-York). Prochainement elle doit se rendre en Egypte pour un voyage au Caire sur le thème de la scolarisation des filles.

D’un point de vue matériel, en plus de son bureau à Quétigny, elle a aussi deux  bureaux dans les bâtiments de l’Assemblée Nationale (avec un lit où elle peut dormir quand elle se trouve dans la capitale). Député, c’est un travail d’équipe puisqu’elle est accompagnée de trois assistantes, une à Quetigny (Valérie Paupert) et deux à Paris (Alexandra Lestringuez et Pierre Lamborot).

En plus de son salaire, elle bénéficie d’une réserve parlementaire qui lui permet de participer au financement de projets à l’échelle locale comme l’achat d’un bus pour Koulikoro au Mali dans le cadre du jumelage entre Quétigny et cette ville africaine.

 

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A la question de savoir s’il faut un diplôme pour devenir député, elle a répondu que cela n’est pas du tout nécessaire. Il suffit d’avoir la volonté de défendre des idées et de s’engager dans la vie publique. Elle a ajouté qu’elle a commencé son engagement dans le monde associatif, notamment dans la défense des locataires, dans la représentation parentale dans les écoles puis à la mairie de Quétigny où elle a été conseillère municipale et maire-adjointe, chargée de la solidarité et de la famille. C’est alors qu’elle a ressenti l’envie de défendre ses idées à un échelon plus élevé que l’échelon local. Elle a été élue au second tour avec 53 % des voix.

Quand elle était petite, elle ne pensait pas devenir députée. Elle ne savait même pas ce que c’était. Elle rêvait plutôt au métier d’institutrice et de médecin. Mais elle s’intéressait déjà à ce qui se passait dans le monde. Elle écoutait beaucoup les informations. Ses parents ne savaient pas lire. Finalement, elle est devenue professeure d’économie gestion au lycée Le Castel (poste qu'elle occupait avant son élection), métier qu’elle a mis entre parenthèses le temps de sa mandature. On ne peut pas être en même temps professeur et député. Pour d’autres métiers le cumul est possible, les professions libérales par exemple pour lesquelles les députés peuvent sur une petite partie de leur temps continuer à exercer (avocat et médecin par exemple).

Elle a expliqué que pour être député, il faut aimer les gens, avoir envie de s’occuper des autres. Son but : respecter la parole donnée aux électeurs, poursuivre dans l’idée de la solidarité et de la défense des plus fragiles. Elle aime ce qu’elle fait même si c’est fatigant et prenant. Se représentera-t-elle pour les prochaines élections ? Elle n’en sait rien et ne se pose pas la question. Cela viendra en temps voulu. Pour le moment, elle est complètement occupée à ce qu’elle fait. 

 

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Les enfants lui ont demandé précisément comment se votait une loi. Kheira Bouziane a alors expliqué que cela part d’une idée, d’un constat que quelque chose ne marche pas bien. Ce constat peut provenir autant du gouvernement et du président que d’un député, aussi d’un citoyen venu rencontrer un député et lui exposer un problème qu’une loi pourrait régler. Le Parlement des Enfants également a proposé des lois qui sont devenues des lois de la république.

Cette idée est discutée, des solutions sont proposées, écrites sous forme de projet de loi. Des commissions vont affiner le tout. La loi sera alors votée à l’Assemblée Nationale, puis une seconde assemblée va en débattre : le Sénat, qui proposera aussi des modifications à apporter. La loi au final retournera à l’Assemblée Nationale où elle sera discutée encore, puis votée définitivement. Puis viendra le temps des décrets d’application. Il s’agit de mettre en place pratiquement les conditions d’application de la loi. Cela prend un certain temps car parfois, matériellement, il manque certains éléments à mettre en place pour que la loi puisse être appliquée.

La loi est promulguée par l’accord du Président de la République. Cela s’appelle la promulgation. La loi est alors publiée au Journal Officiel. Concernant le président, Kheira Bouziane a précisé qu’il n’avait pas le droit d’aller à l’Assemblée Nationale en vertu de la séparation des pouvoirs (pouvoir législatif – faire les lois - et pouvoir exécutif – faire appliquer les lois -).

Concernant les droits de l’enfant, les députés ont eu à voter des lois sur les prestations familiales, les droits de la famille, le droit des enfants porteurs de handicap (comment mieux les accueillir).

Il a aussi été question de la place des femmes à l’Assemblée Nationale, seulement  152 sur 577 députés, soit un peu plus de 25 % (26,34 % exactement), environ un quart de l’Assemblée Nationale. Une situation qui tend à s’améliorer avec le temps, avec les lois qui obligent à la parité (égalité femmes-hommes) et avec l’engagement de plus en plus important des femmes en politique. Cet aspect des choses a été relévée par Eléonore après le départ de Kheira Bouziane et Valérie Paupert, à savoir pourquoi les femmes et les filles ont été (et sont encore souvent) reléguées au second rang. Cela a permis une discussion sur l'histoire des relations femmes-hommes dans l'histoire de France et dans l'histoire du monde, occasion d'évoquer les suffragettes du XIXème et XXème siècle, le droit de vote aux femmes d'abord au Nouvelle-Zélande au début du XXème siècle  (1919), puis petit à petit dans le monde.  Ce droit sera obtenu en France en 1945, seulement après la Seconde Guerre Mondiale. Durant cette discussion d'après rencontre avec Kheira Bouziane, il sera aussi question de l'émancipation féminine avec l'occupation de postes de travail masculin durant la Première Guerre mondiale (quand les hommes étaient à la guerre), postes qu'elles ont voulu conserver après 1918. 

Par ailleurs, les enfants ont listé avec l'enseignant l'ensemble des idées reçues sur les filles et les garçons, idées qui ne correspondent pas à la réalité de la vie des gens, par exemple le rose pour les filles, le bleu pour les garçons, ou encore des métiers ou activités qui ne seraient que masculins (travaux publics, rugby, football, bricolage, mécanique...) ou que féminins (infirmières, sage-femme, la danse, le ménage, la cuisine...). Une manière de déculpabiliser les uns et s'affirmer d'autres. 

Revenons-en à la rencontre avec la députée. 

Pour ce qui de l’ambiance à l’Assemblée Nationale, elle a expliqué aux enfants que c’est une atmosphère de travail avec des bons moments mais aussi parfois des relations difficiles, comme dans tout groupe y compris dans une école entre enfants. Quelques sujets tendus (par exemple le mariage pour tous) donnent lieu à des débats très animés et d’autres permettent un accord général de l’ensemble des députés.

 

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A la question de ses vacances, elles sont calquées sur celles de la région parisienne mais surtout deux fois moins longues. La députée a aussi été questionnée sur sa famille. Elle a ainsi parlée de ses deux enfants, une fille kinésithérapeute et un garçon footballeur professionnel, qui a commencé à jouer enfant à l’AS Quétigny. Cela a beaucoup intéressé les élèves de la classe, surtout les garçons.

Après cet entretien, les enfants ont posé des questions à son assistante Valérie Paupert qui leur a expliqué qu’elle venait des métiers de la communication avant de travailler pour une autre députée avant Kheira Bouziane. Elle travaille quasi exclusivement à Quetigny. Elle aime accompagner la députée pour rencontrer des enfants et des personnes âgées.

L’entretien s’est terminé autour de verres de jus de fruits pour les élèves et de café pour les adultes, avec un échange de cadeaux, gommes crayons et petits fascicules sur l’Assemblée Nationale pour les enfants, verres floqués au nom de l’école pour les invitées du jour.

Cette rencontre a permis à la classe de mieux comprendre la fonction de député et son importance dans le processus démocratique du pays. Cela permettra aussi de mieux s’investir dans la rédaction d’un projet de loi pour le 18 mars 2015. 

 

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Galerie-Photos

 



14/02/2015
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