Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

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Spectacle pour les CM - "Erik Satie, un petit piano dans la tête" au Petit Théâtre des Prairies

 

Article à lire en écoutant la musique d'Erik Satie

 

 

Erik Satie

Un petit piano dans la tête

par la Compagnie en Noir et Blanc

Mise en scène de Philippe Journo

avec Bénédicte Ressot et Céline Bruand Depret

 

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Les classes de Cours Moyen de l'école des Cèdres ont eu l'occasion de pénétrer l'univers d'Erik Satie, ce musicien atypique né à Honfleur (Normandie) le 17 mai 1866 et mort à Paris le 1er juillet 1925. 

 

Un personnage hors du commun qu'on aurait considéré comme fou aujourd'hui. C'est cette folie qui en a fait son génie, cette capacité à être en phase avec les fulgurances qui ont traversé son esprit à chaque instant, cette déconnection de la réalité fonctionnelle qui le rendait capable d'entendre les sons de l'indicible, de voir les images de l'invisible et de les transformer en notes pour des oeuvres qui sont restées dans l'histoire de la musique. 

 

Restituer cet univers si étrange est une gageure qu'ont réussi les comédiens de la Compagnie en Noir et Blanc, tant cela devait sembler si peu évident au départ. Ils se sont basés sur l'histoire racontée dans l'album "M. Satie, l'homme qui avait un petit piano dans la tête", un texte de Carl Norac avec des illustrations d'Elodie Nouhen. 

 

Le jeu des deux actrices est soutenu par un superbe et simple décor composé d'un véritable piano et d'un faux, donnant au noir et blanc de l'instrument les teintes dominantes de la scène d'où jaillissent des éclats de couleurs vives comme ces enveloppes jaunes, rouges ou roses que l'on voit voler sur scène, à l'image des plumes blanches du début de la pièce.

Ajoutons à cette mélodie des couleurs, ce ballon de baudruche tout rose lui aussi qui monte et descend comme dans un rêve, au gré des mouvements de son support, une flûte traversière jouant du Erik Satie. Nous pénétrons ainsi dans les rêves de ce grand musicien par petites touches volontairement désordonnées commme son esprit, soigneusement agencées comme sa musique. 

 

 

 

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Le spectacle apparaît comme une perdition à accepter pour le plaisir. L'accès à la quintessence de sa musique passe par ce chemin tortueux et pourtant si simple qui laisse la part belle à l'instant juste présent dans lequel chaque détail devient une note de piano. Car, avant de devenir une partition, ce furent d'abord des notes d'un petit piano dans sa tête, ce petit piano qui a produit tant de mélodies dont certaines sont très connues sans qu'on sache pourtant que ce soit d'Erik Satie. 

 

Difficile pour les enfants de tout capter de cette explosion folle d'images et de musique, tant ce fut un foisonnement  dense d'idées. Pourtant restent bien gravés son petit oiseau en papier dans sa cage car Satie ne voyait les vrais oiseaux qu'en liberté, son amour d'à peine six mois avec Mme Valadon dont il ne se remettra jamais, son parapluie qui était son ami et qu'il ne sortait que par jour de beau temps pour ne pas l'abîmer, sa manière si particulière d'entrer dans le monde musical comme un être capable de faire parler les chiens et de comprendre les borborygmes de bébés. 

 

 

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Autoportrait de Suzanne Valadon, l'amour d'Erik Satie

 

 

Ce spectacle nous fait plonger dans l'univers de la création en général. Pourquoi une idée vient-elle ou ne vient-elle pas ? Que fait-on ou non de ces fulgurances dans la tête ? Comment nous confrontons-nous ou non à la société bien réglée qui tend à nous rendre conformes ? Comment regardons-nous l'être différent qui nous dérange autant qu'il nous attire ? 

C'est tout cela qui apparaît en filigrane dans ce spectacle sans que ce soit forcément dit, le lien à la création, notre rapport à la différence. 

La création ne vient-elle pas justement des écarts qu'on s'autorise à la conformité du monde établi ?  

 

Ce fut donc un beau spectacle poétique et musical, drôle parfois et peuplé de ces silences si pleins des rêves qui nous habitent sans qu'on en soit réellement conscients. 

 

 

Galerie-Photos

 

 

 

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06/11/2016
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