Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

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Atelier-Philo - Les humains et les animaux - La Maltraitance animale - Débat entre les CM2 - 1er avril 2019

Débat

« Les humains et les animaux »

Classe de CM2 – Ecole des Cèdres – Quétigny

Lundi  1er avril 2019

 

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PRESENTATION DU DEBAT

 

La classe de CM2 de l’école des Cèdres s’est regroupée pour son deuxième débat de l’année (après celui sur la violence), sur le thème des rapports entre les humains et les animaux, en particulier la maltraitance dont sont souvent victimes ces derniers.

 

Les élèves étaient placés autour de tables installées en rectangle afin que tout le monde puisse se voir. Comme pour les autres débats, la discussion était dirigée par un président qui donne la parole aux interlocuteurs. Ce jour-là, il s’agissait de Rachid. Pour pouvoir intervenir, les élèves comme l’enseignant devaient lever la main et se faire inscrire auprès de la secrétaire, en l’occurrence Maïssane. 

 

 

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Dans les règles instituées, personne ne peut parler sans l’autorisation du président ou de la présidente de séance ; aucun interlocuteur ne peut être interrompu dans ce qu’il dit, même si cela peut sembler choquant pour d’autres. Le principe est alors de s’inscrire à nouveau pour donner une réponse ou exprimer son désaccord avec ce qui a été dit, ou même approuver une précédente intervention, voire même la compléter. L’enseignant lui-même se trouve dans le même cas sauf pour une exception : rappeler les règles d’écoute pour les enfants qui dérangent la discussion. Les enfants doivent impérativement prendre des notes, d’une part pour ne pas oublier les choses qui ont été dites, au moins celles qu’ils considèrent importantes, et surtout pour ne pas oublier ce qu’ils ont à dire car ils peuvent attendre plusieurs minutes avant d’intervenir si leur nom est inscrit après une dizaine d’autres.

 

 

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A la fin de la séance, on fait un tour de tables pour que chacun puisse dire un point qui lui a semblé important dans ce qui a été exprimé dans le débat.

 

 

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Ainsi, avec de telles garanties, la discussion peut s’installer dans de bonnes conditions de respect et d’écoute des uns et des autres.  Ce lundi 1er avril, c’est ainsi que 18 élèves sur 26 ont pris part directement aux échanges pour 84 interventions sur une durée d’une heure. Les 8 autres se sont exprimés dans le tour de table final.

 

 

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CONTENU DU DEBAT

 

 

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Le premier point abordé a été l’étonnement des enfants face à la maltraitance des animaux, en particulier leur abandon (interventions d’Adem et Lina).  Mathias pense que cette maltraitance est souvent liée au fait de gagner de l’argent. Cette idée a réveillé des envies de s’exprimer chez d’autres enfants. Yannis a parlé de la vente des peaux et plus tard dans la discussion, le groupe a parlé des trafics de défense d’éléphants et de cornes de rhinocéros. Si ces trafics se poursuivent, c’est sans doute parce que des gens achètent ces produits issus du braconnage des animaux sauvages. S’il n’y avait pas d’acheteurs, le trafic s’arrêterait de lui-même faute de clients, d’où l’idée de ne pas participer à ce commerce pour simplement le stopper et ainsi protéger ces animaux dont certains en voie de disparition.

 

Alice a eu des mots très forts, voire très bruts : « L’humain est la pire race sur la Terre». 

 

Cela a provoqué une suite d’interventions sur ce thème, d’abord pour relativiser le propos. Tout le monde n’est pas à mettre dans le même sac, même s’il est vrai que les humains font partie d’une des rares espèces vivantes qui peut tuer non par besoin vital, mais pour le plaisir. Ont alors été évoquées les vidéos violentes d’Internet où des animaux (souvent chats ou chiens) sont maltraités et les images font le buzz sur la toile (interventions de Lina, Anissa, Alice, Célia, Aloïs, Valentin…). Si personne n'allait les regarder, elles n'auraient plus lieu d'être. 

Ilhan a ajouté que pour certaines personnes, tuer ou maltraiter des animaux procure du plaisir et que ce n’était pas normal. Célia a poursuivi avec l’exemple de ceux qui attirent les animaux avec de la nourriture  pour ensuite les maltraiter.

Valentin a fait un rappel à la loi en disant que la maltraitance d’un animal peut être condamnée par la justice à une amende pouvant aller jusqu’à 30.000 € et une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans.

 

 

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Choquée de tout cela, Marine va jusqu’à affirmer qu’au lieu de tuer des animaux, il vaudrait tuer des humains. Propos repris par Naël  qui exprime l’idée que ceux qui tuent des animaux devraient être tués. Plusieurs interventions ont alors rappelé que les humains étaient aussi victimes de massacres (rappel de la Shoah, de l’esclavage et de ses conséquences, des guerres multiples où les humains en sont les victimes en très grand nombre). Puis, il a été discuté de l’idée de la peine de mort. L’enseignant a rappelé la réalité des sociétés où existe la peine de mort, celles où l’état se donne le droit de tuer un citoyen, même si ce qu’il a fait est horrible. Ce droit de tuer est aussi une permission donnée de le faire. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : ce sont les sociétés où la peine de mort existe qui sont les plus violentes. A l’inverse, dans celles où elle est abolie, même si les meurtres existent, ils sont moins nombreux.  La violence des actes des dirigeants agit comme une permission pour les citoyens, et pas seulement en ce qui concerne la peine de mort. D’où l’idée d’agir autrement pour changer la façon d’être avec les animaux.

 

 

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Anissa est ensuite intervenue sur un autre sujet brûlant : « Il faudrait être végétarien, à cause de la maltraitance des animaux». Et Aloïs pose la question de savoir si c’est méchant de tuer un animal.

 

Cela a provoqué bien évidemment une vive discussion sur le fait de manger de la viande. L’humain est omnivore. Il a des canines pour cela. Il consomme des protéines qui lui sont nécessaires comme pour d’autres animaux. Peut-on compenser les protéines animales par des protéines végétales ? Ont-elles la même valeur ? Ce sujet débattu dans la classe reprenait ce qui se dit en général sur l’évolution de la consommation des ménages. Le problème est-il de manger de la viande ou l’impact de la surconsommation de viande sur l’équilibre de la planète ? Pour beaucoup d’enfants, manger de la viande est normal et légitime. Ce n’est pas de la maltraitance. Pour certains autres, visiblement, la maltraitance animale pose la question de continuer ou non à manger de la viande. Marine pense qu’il ne faudrait plus manger de viande mais utiliser seulement ce que les animaux produisent : lait, œufs, laine… Elle ajoute que « la vie des beaucoup d’animaux, c’est de finir dans les assiettes des gens ».

 

 

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Valentin a évoqué ensuite la tauromachie et la tradition de tuer l’animal dans l’arène comme un spectacle. Pour mieux comprendre cette question toujours vive, même en Espagne, l’enseignant a rappelé l’histoire de cette tradition amenée par les Maures il y a plusieurs siècles avec des pratiques autour du taureau avec l’humain à cheval. Quand les Maures ont envahi le sud de l’Espagne, ils ont amené avec eux leurs traditions dont celles de la tauromachie. Année après année, l’humain est alors descendu du cheval pour affronter le taureau en face à face, avec les picadors à cheval autour. La tradition dit que le taureau qui meurt dans une arène est un taureau courageux (« toro bravo »), qu’il restera dans la mémoire des humains. Les défenseurs de la cause animale expriment l’idée qu’il n’y a rien de courageux de tuer un taureau dans une arène, lui qui n’a rien demandé et de plus qui n’a aucune chance de s’en sortir vivant. La seule exception à cela est une vieille histoire qui traîne dans le monde de la corrida d’un taureau qui avait été élevé par une famille dont la petite fille était devenue son amie. Lors de la mise à mort dans l’arène, elle serait alors entrée. Le taureau se serait apaisé et ils seraient sortis ensemble sous les applaudissements du public. Est-ce une légende ou une histoire vraie ? Difficile de savoir. De toute façon, cela ne change rien au débat entre tradition et maltraitance autour de la question de la corrida. Chacun avec les arguments des uns et des autres pourra trouver son point de vue.

 

 

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Yannis a ensuite ouvert un autre débat : «  Pourquoi  on emprisonne les animaux pour les mettre dans des parcs animaliers ? ». La discussion a alors porté sur les différents rôles des zoos et surtout leur évolution depuis des siècles. Si au départ, il s’agissait de montrer aux gens des animaux du bout du monde qu’ils ne connaissaient pas, peu à peu, avec la question de la condition animale, les parcs animaliers se sont orientés vers la préservation des espèces. Ilhan pense que les animaux dans les parcs ne sont pas forcément malheureux. Naël raconte à l’inverse que dans des cages des animaux ne sont pas en bonne santé et qu’ils manquent de soin (vu sur Internet). La discussion a permis de mettre en évidence des pratiques nouvelles où des parcs situés à proximité de grands espaces naturelles (en Afrique par exemple), des humains réapprennent à des animaux à se trouver seuls de la nourriture, à chasser et à redevenir sauvages, tout l’inverse de la pratique des zoos traditionnels.

 

 

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En toute logique, cette question de l’animal dans son milieu naturel a mis à jour la destruction des habitats sauvages, la dégradation de la planète, le dérèglement climatique, la pollution comme sources de violence envers les animaux. Naël a évoqué le sort des ours blancs au nord du monde, là où la banquise disparaît peu à peu, mettant en péril l’avenir de cette espèce animale. Adam a dit qu’il fallait arrêter de polluer la planète pour le bien-être des animaux. Valentin a ajouté que ce n’était pas bien de détruire l’habitat des animaux, entre autres les forêts coupées comme en Indonésie où les arbres sont les « maisons » des orang-outans.

 

 

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La question de la vie animale a amené à des prises de position très clairement exprimées. Lina dit « qu’on n’enlève pas une vie comme ça ». Valentin dit que « maltraiter un animal, c’est maltraiter un humain » ou encore « Tuer un animal, c’est tuer un humain ». Melina dit qu’on maltraite aussi les animaux en les faisant « travailler jusqu’à la mort ». Pour Maïssane, « sans les animaux, on ne serait pas là ». Est ainsi évoqué le sort des insectes butineurs qui permettent aux plantes de pousser, notamment celles que les humains consomment. Cette pollution est aussi une forme de maltraitance des animaux. Pour Valentin, « chaque animal a une place sur Terre ». Sofia, positive, explique que « des gens se battent pour empêcher l’utilisation de produits chimiques », ceux qui tuent la vie animale. Adam pense qu’on devrait arrêter de maltraiter les animaux. Ils sont libres, égaux, ils ont une famille dont ils doivent s’occuper. Cette idée à beaucoup plu aux enfants de la classe. Lina explique que des gens ne sont pas « conscients qu’une vie s’arrête sur Terre » quand on tue un animal. Anissa ajoute que « les chats noirs ne portent pas malheur ».

 

 

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Et bientôt, les comptes-rendus des élèves...



03/04/2019
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