Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

Ecole Primaire Les Cèdres Quetigny

Théâtre - Disputes à Gogo - CM1-CM2 - M. Marchand - Juin 2014

DISPUTES à GOGO - Création 2014

 

Affiche - Disputes à Gogo.jpg

Affiche de Ilona Drut

 

Dans le cadre de la Fête des Arts, la classe de CM1-CM2 de M. Marchand a présenté sa dernière création théâtrale issue des ateliers de travail hebdomadaire tout au long de l'année. 

Intitulée "Disputes à Gogo", il s'agissait d'une série de saynètes sur l'idée du conflit autour de personnages divers : des voisins, des bébés, des chiens, des enfants, des voyageurs, des papis... 

 

Le spectacle était inscrit en deux fois trois saynètes dans la programmation de la Fête des Arts le 20 juin, avant d'être joué devant les classes de CP de Mme Laurent et Mme Bergogné le 26 juin. 

 

Une façon joyeuse de regarder les conflits...

 

Et maintenant voici les textes de la pièce :

 

Les bébés

 

(Laurent et Baptiste, deux bébés, jouent aux petites voitures.)

Laurent : - Agueu Agueu…

Baptiste : - Agueu Agueu…

(Deux personnages entrent en scène et se placent devant les spectateurs tandis que Laurent et Baptiste continuent à jouer en ne disant que des Agueu Agueu)

Mathis : - Mesdames et Messieurs, ces deux bébés en train de jouer aux voitures ne maîtrisent

                pas encore toutes les finesses de la langue.

Medhi : - Donc, pour une meilleure compréhension  de la scène, nous traduirons les dialogues

                en français.

(Medhi s’installe à côté de Laurent, Mathis s’installe à côté de Baptiste. Laurent et Baptiste continuent à jouer aux voitures.)

Mathis : - Traduction !

Laurent : - Agueu Agueu !

Medhi : - Espèce de chauffard ! En France, on roule à droite !

Baptiste : - Agueu Agueu

Mathis : - Où avez-vous eu votre permis de conduire ? Dans un paquet de céréales ?

Laurent : - Agueu Agueu

Medhi : - Monsieur, quand on ne sait pas conduire, on ne fait pas le malin en voiture.

Baptiste : - Agueu Agueu

Mathis : - Monsieur, au lieu de critiquer l’autre, vous feriez mieux de mettre des lunettes et de

                regarder devant vous.

Baptiste (à Mathis, interrompant le jeu) : - Pardon, excusez-moi, ce n’est pas la bonne

                                                                     traduction. Je n’ai pas dit : « des lunettes ». J’ai

                                                                     dit : « une PAIRE de lunettes !!! »

Laurent : - Effectivement, ce n’est pas tout à fait la même chose.

Mathis : - Excusez-moi, je suis désolé, je n’avais pas bien entendu le premier Agueu. Ce sont

                 les risques du direct.

Medhi (à Mathis) : - Effectivement, « Agueu », comme il a été prononcé, signifie bien « Paire

                                  de lunettes » et non « lunettes » tout court.

Baptiste : - Sinon j’aurais dit « Agueuuu ».

Mathis : - Ah oui ! Je comprends la nuance !

Laurent : - Il y a une grande différence.

Medhi : - C’est vrai, quand on traduit la langue bébé en français, il faut être très attentif.

Mathis (au public) : - Excusez-nous pour cette interruption.

Medhi : - Reprenons là où nous en étions.

Baptiste : - Il n’en est pas question. Pas avec des traducteurs qui ne font pas la différence entre

                   Agueu et Agueu.

Laurent : - Il nous faut des traducteurs excellents.

Mehdi : - On est désolés. On fait de notre mieux.

Mathis : - Vous savez, le bébé est une langue difficile à apprendre.

Baptiste : - Eh bien, quand on ne maîtrise pas le langage bébé, on ne le traduit pas.

                  Sur ce, messieurs, bonsoir. Allez viens Laurent, nous allons jouer ailleurs.

(Baptiste et Laurent sortent de la scène d’un pas décidé.)

Mathis : - Eh ben, nous voilà au chômage maintenant.

Medhi : - On n'a plus qu'à apprendre une autre langue

Mathis : - La langue Chien par exemple...

Médhi : - Peut-être qu'on trouvera une pièce où on aura besoin de nous...

(Ils sortent)

 

Crémaillère

 

(On frappe à la porte. Hannah  va ouvrir)

Hannah : - Ah ! Chers voisins ! Entrez !

(Florian et Hugo entrent, suivis de leurs chiens, Selma et Chloé F.) 

Hannah : - Quel plaisir de vous accueillir chez moi !

Florian : - C’est aussi un plaisir pour moi de pendre votre crémaillère.

Hugo : - Ce n’est pas tous les jours que nous fêtons l’arrivée d’un voisin.

Hannah : - Ah ! Mais ce sont vos chiens ?

Hugo (montrant Chloé F.) : - Oui, c’est mon bon gros toutou très gentil.

Florian (montrant Selma) : - Oui, c’est un caniche très mignon et très câlin.

Hannah : - Ils sont magnifiques ! Ils ont le poil brillant.

Selma (à Chloé F.) : - ça fait toujours plaisir qu’on dise du bien de nous.

Chloé F. (à Selma) : - Tu as raison. N’empêche, ils causent, ils causent. Mais en promenade,

                                    quand ils nous tirent la laisse pour ne pas qu’on s’éloigne, ce ne sont

                                    pas eux qui ont mal au cou.

Selma : - En fait, ils ont du mal à nous comprendre. Ils ne parlent pas le chien.

Hannah (à Hugo et Florian) : - Je suis heureuse que vous soyez là.

Florian : - Entre voisins, c’est important de se connaître et de se rendre service.

Hugo : - Et un petit apéro de temps en temps chez l’un ou chez l’autre, ça ne fait pas de mal.

Selma (à Chloé F.) : - Dés qu’il s’agit de boire, ils sont les premiers.

Chloé F. (à Selma) : - Nous, on n’a droit qu’à de l’eau.

Selma (à Chloé F.) : - Nous ne sommes que des chiens. Ces messieurs ont des privilèges.

Chloé F. (à Selma) : - Mais quand il s’agit d’aller nous emmener en promenade, c’est autre

                                    chose.

Selma : - Surtout quand il pleut ou qu’il neige, ces messieurs nous inventent n’importe quel

                prétexte pour écourter la promenade.

(Les chiens s’assoient par terre)

Chloé F. : - Heureusement qu’on est des chiens propres et qu’on ne fait pas pipi sur la

                   moquette.

Selma : - Nous avons de l’éducation !

Hugo (à Hannah) : - Alors ça vous plaît le quartier ?

Hannah : - Oui. Beaucoup. Il y a de la verdure. C’est très agréable. Un très beau quartier. En

                  plus très tranquille.

Florian : - La nature apaise les gens. Tout le monde s’entend bien ici.

Hugo : - Nous avions eu quelques ennuis avec une personne en moto qui traversait

              bruyamment le quartier. Mais ce n’était pas quelqu’un d’ici.

Florian : - C’est vrai. Une personne très indisciplinée qui roulait à cent à l’heure dans nos rues

                 sans se soucier de tous ces enfants qui jouaient dehors...

Hugo : - Et de nos chiens en promenade. Il a failli écraser le mien. Je lui ai même crié :

              « Tueur de chien ! »

Chloé F. : - Ah oui ! Je me rappelle la fois où tu as failli passer sous cette moto. J’ai aboyé

                   comme jamais.

Selma : - C’est sans doute le jour où j’ai eu le plus peur de ma vie. Ce gros engin à deux roues

               a failli me transformer en carpette. Triste fin pour un chien.

Florian : - Cette moto passait par là environ tous les deux jours. Sans doute une de ces

                 personnes qui ne respectent rien, qui n’a aucun sens de ce qu’est la vie avec les

                 autres.

Hugo (en colère) : - Un malade qui faisait son malin dans les rues du quartier !

Florian (en colère) : - Le genre de personne chez qui je ne mettrai jamais les pieds !

Hugo (en colère) : - Si je savais qui c’était, je lui dirais ses quatre vérités sur le champ !

Florian (en colère) : - Je lui ferais comprendre qu’elle n’a même pas à me regarder en face et

                                    qu’elle dégage tout de suite de ma vue !

Hugo : - On ne l’a plus revue depuis votre arrivée. Vous avez de la chance.

(Hannah les écoute avec attention)

Florian : - Ces motards transforment nos rues en champ de bataille.

Hugo : - Des fous dingues ces gens-là.

Hannah (froidement) : - J’ai une moto.

(Silence brutal. Moment de gêne. Hugo et Florian se regardent, embêtés)

Hugo (gêné) : - Mais… euh.. on ne… parlait pas de… vous.

Florian (gêné) : - Vous… vous êtes un voisin… formidable.

Hannah (froidement) : - Avant d’emménager, je venais tous les deux jours dans le quartier pour voir les appartements à louer. Un mercredi, un type s’est précipité hors des passages cloutés avec son chien. J’ai failli tomber. Le type a hurlé « Tueur de chiens ! ». (enragée) J’étais dans une rage…

(Hannah dévisage sévèrement Hugo et Florian. Elle s’avance lentement vers eux avec le regard en chien de faïence. Florian et Hugo reculent vers la sortie.)

Hugo : - Mais… Euh… Je… Quand…

Florian : - Parce… que… le… mais…

(Ils sortent en courant, poursuivis par Hannah très en colère. Les chiens allongés par terre, restent là, tranquilles.)

Selma : - Nos maîtres, comme tous les humains, ont la maie de se mettre toujours dans des

               situations impossibles.

Chloé F. : - Ce sont des gens compliqués.

Selma : - Pour nous les chiens, la vie est plus simple : on mange, on joue, on se promène et on

               dort.

Chloé F. : Pour rien au monde, je ne voudrais être un humain.

Selma : - En plus, ils n’ont pas de poils !

Chloé : - Quelle horreur !!!

 

Le Voyage en avion

 

(Sur la scène, quatre chaises font face au public, deux à gauche et deux à droites séparées par un passage. Il s’agit d’un avion)

Annabelle (aux spectateurs) : - Rendez-vous au bord du Nil !

Alizée – Valentin – Marie (très fort) : - …déserte !

Annabelle (vers les trois autres) : - Mais non !

                  (vers le public) : - … au bord du… Nil !

Alizée – Valentin – Marie (très fort) : - …déserte !

Annabelle (soupirant) : - Ils n’ont rien compris.

Marie (brusquement) : - Ah oui ! Le fleuve ! Au bord du Nil !

Annabelle : - Voilà !

Alizée : - Au bord d’une île ?

Valentin : - Quelle île ?

Alizée : - Dans quel océan ?

Marie : - Mais, c’est pas une île !

Valentin : - Ben si, tu l’as dit !

Annabelle : - Non elle n’a pas dit une île, elle a dit au bord du Nil.

Alizée : - Bon d’accord, j’ai bien compris qu’on serait au bord d’une île. Mais quelle île ?

Marie : - Mais elle est bouchée ou quoi ?

Annabelle (à Alizée) : - Le Nil en Egypte !

Valentin : - Mais le Nil, c’est un fleuve, pas une île ! Qu’est-ce qu’elle raconte encore ?

Alizée : - Ben oui. C’est un fleuve.

Marie (agacée) : - ça n’a pas d’importance. Vous nous suivez.

Alizée – Valentin : - On va où ?

Annabelle : - On va à l’aéroport. On prend l’avion.

Valentin : - Il y a un aéroport sur l’île ?

Alizée : - Quelle île ?

(Annabelle et Marie poussent Valentin et Alizée vers la sortie. Puis d’un coup Annabelle revient.)

Annabelle (au public. Elle regarde si elle est bien seule) : - Rendez-vous au bord du Nil !!!

(Elle ressort. Puis les 4 personnages entrent en scène. Ils arrivent à l’aéroport. Bruitages d’aéroport. Ils s’intallent dans l’avion).

Alizée : - J’ai peur en avion. J’aurais préféré prendre un bateau pour aller sur l’île…

Annabelle – Marie : - TAIS-TOI !!!

Valentin : - En avion, c’est plus rapide. Maintenant j’espère que la piste d’atterrissage là-bas

                    sur l’île est assez longue pour qu’on ne s’écrase pas dans la mer.

Annabelle – Marie : - TAIS-TOI !!!

(L’avion décolle)

Alizée : - J’ai peur. Et si on y allait en bateau ?

Annabelle – Marie : - TAIS-TOI !!!

Alizée : - J’ai envie d’aller faire pipi.

Les autres : - VA AUX TOILETTES !!!

(Alizée se lève et court vers les toilettes – elle sort de la scène)

Voix off : - Ici, votre commandant de bord, la compagnie Air Catastrophe vous souhaite la

                   bienvenue à bord. Tout va bien… pour le moment. Nous vous souhaitons une                 

                   bonne fin de voyage.

Valentin : - Elle en met du temps Alizée !

Annabelle : - Laisse-la tranquille !

Valentin : - Si ça se trouve. Elle est tombée dans le trou et elle est en train de chuter jusqu’au

                   sol. Une descente de 3 km. Tu imagines ?

Marie : - N’importe quoi ! Tais-toi et laisse- moi dormir.

Voix off : - Mesdames et messieurs, nous avons le regret de vous annoncer que les 4 réacteurs

                   de l’avion viennent de tomber en panne. Nous allons nous écraser dans quelques

                   minutes sur une île. Merci de votre compréhension. Nous vous souhaitons une

                   bonne fin de voyage.

Annabelle – Marie – Valentin : - Aaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!

(Un grand bruit. Tous les trois s’écrasent sur le sol. Grand silence. Ils se relèvent très très doucement. Ils ont mal partout. Ils ont du mal à ouvrir les yeux. Annabelle et Marie se touchent les oreilles. Elles comprennent qu’elles n’entendent plus rien. Elles essaient d’expliquer qu’il aller chercher les secours mais elles n’arrivent pas.)

Marie (essayant de parler) : - ….

Valentin : - Quoi ?

Annabelle (essayant de parler) : - …

Valentin : - Quoi ? Mais parlez plus fort. Je ne comprends rien.

(Marie et Annabelle cherchent Alizée.)

Valentin : - Vous cherchez quoi ?

(Marie et Annabelle imitent Alizée avec des gestes, quand elle avait envie d’aller aux toilettes. Alizée arrive sur ces entrefaites.)

Alizée : - Qu’est-ce qui s’est passé ?

Valentin : - On s’est écrasés sur une île.

Alizée (à Annabelle et Marie) : - Qu’est-ce qu’on va faire ?

(Annabelle et Marie tentent d’expliquer avec des gestes qu’ils vont aller chercher du secours.)

Alizée : - Mais je ne comprends rien. Parlez plus fort.

(Valentin et Alizée tournent le dos à Marie et Annabelle)

Valentin : - Je ne sais pas ce qui leur arrive. On vient de s’écraser sur une île peut-être déserte

                   et elles jouent à faire du mime.

Alizée : - Si elles croient que c’est le moment de s’amuser, elles n’ont rien compris.

Valentin : - N’importe quoi, ces deux-là !!!

Alizée : - C’est vrai, ça veut jouer les chefs et quand il faut prendre des initiatives ? Elles ne

               disent plus rien.

Valentin : - On ne peut pas leur faire confiance.

(Agacées, Annabelle et Marie quittent la scène à la recherche de secours)

Alizée : - Exactement.

Valentin : - Quand il faut agir, elles ne sont plus là.

Alizée : - Pour causer elles ont la langue pendue, mais pour le reste, rien du tout…

Valentin : - Elles font leur numéro derrière nous en silence comme si on n’était pas là.

Alizée : - Exactement !!!

(Ils se retournent et voient qu’ils sont seuls.)

Valentin : - Mais où elles sont passées ?

Alizée : - On est tous seuls !!!

Valentin – Alizée (criant) : - Au secours ! Au secours ! Au secours !

(Ils courent dans tous les sens puis sortent de la scène.)

 

Querelle de voisinage

 

(La scène se passe dans l’entrée d’un immeuble, près des boîtes aux lettres.

Ilona et Chloé C. rentrent avec une baguette sous le bras.)

Ilona : - C’était trop bien hier soir.

Chloé C. : - C’est sûr ! Papa et Maman absents pour le week-end. Et tous nos copains et

                    copines qui débarquent à la maison. Génial !!!

Ilona : - Ils vont tous s’en rappeler de la soirée des deux sœurs !

Chloé C. : - Super musique. Super ambiance. Du jus de fruit à volonté.

Ilona : - Et en plus on a tellement rigolé ! On a dû faire un de ces boucans.

Chloé C. : - Heureusement qu’on a rangé ce matin. Papa et maman ne se rendront compte de

                    rien. J’espère qu’aucun voisin ne leur parlera du bruit.

Ilona : - Comme si on avait été sages tout le week-end.

Chloé C. : - On s’est débrouillées comme des chefs.

Ilona : - On a même descendu les poubelles.

Marouane  (entrant dans l’immeuble) : - Bonjour Mesdemoiselles.

Chloé C. et Ilona : - Bonjour Monsieur Marouane.

Marouane : - Dites-moi, c’est de chez vous que venait tout ce boucan hier soir ?

Chloé C. (gênée) : - Euh… C’était juste une… petite fête… entre amis.

Ilona (gênée) : - On a… fait attention à… ne pas faire trop de bruit.

Marouane (estomaqué) : - Comment ?!!? Vous avez fait attention à ne pas faire trop de

                                           bruit ?!?! Vous vous moquez du monde ! Votre musique résonnait

                                           jusque dans mon appartement, espèces de petites pestes !

(Amina rentrant à ce moment-là dans l’immeuble)

                                           J’ai dû augmenter fortement le son de ma télévision pour pouvoir

                                           écouter mon émission préférée.

Amina (sentant monter la colère) : - Ah ! C’est donc vous, Monsieur Marouane, le

                                                           responsable de tout ce bruit ! Votre télé hurlait dans mes

                                                           oreilles à travers le mur. C’était insupportable.

Marouane : - J’ai dû augmenter le son de ma télé à cause du bruit de la musique chez certains

                      autres, Madame.

Amina (fâchée) : - Et maintenant, vous m’accusez de faire du bruit, de mettre ma musique

                              trop fort alors que je cherchais juste à m’endormir dans le calme.

Marouane : - Je ne parlais pas de vous, mais de…

Shéryline (entrant dans l’immeuble, parlant dans un téléphone portable) : - …moi ? De moi ?

                           Tu me le reproches à moi ? Quel culot !!! Je ne suis plus prête à te rendre

                            service. Jamais ! ça jamais ! (elle coupe la communication)

Amina (à Shéryline) : - Alors là, c’est clair. Nous non plus on ne vous rendra plus service.

                                      Avec tout le bruit que vous faites. Vous n’imaginez pas le

                                      dérangement que cela provoque.

Shéryline : - Quel bruit ?

Amina : - Le bruit de votre musique bien trop forte Madame, et qui empêche les voisins de

                 dormir !

Shéryline : - Mais je n’écoutais pas de musique !?!

Amina : - C’est Monsieur Marouane qui vient de me le dire ! Il vous a entendu !

Marouane (surpris) : - Mais je parlais de…

Shéryline : - Moi ? Vous parliez de moi ? Quel toupet ! Accuser des innocents, surtout quand

                     on sait le bruit que vous faites avec votre bricolage.

 

Amina : - Ah ! ça c’est vrai ! La perceuse à 9 heures le dimanche matin quand tout le monde

                dort a de quoi mettre en rogne.

Shéryline : - Et les morceaux de plâtre qui tombent par terre, c’est tout aussi désagréable.

Marouane : - Des travaux, ça ne se fait pas avec une baguette magique. Des travaux sans bruit

                     c’est comme un aquarium sans poisson.

Amina : - Gardez vos formules et surtout rappelez-vous que vous n’êtes pas seul dans cet

                 immeuble, Monsieur Marouane !

Shéryline : - Les voisins, ça se respecte !

Marouane (très en colère) : - Oh ! Les mauvaises langues !

(Il sort)

Amina : - Heureusement qu’on a de charmantes petites voisines qui savent respecter leur

                voisinage.

Ilona et Chloé C. (souriant exagérément) : - Merci Madame !

Shéryline : - Des enfants comme tout le monde aimeraient en avoir. Vos parents sont vraiment

                     des chanceux ! Bonne matinée Mesdemoiselles !

Amina : - Bonne matinée les filles.

Chloé C. et Ilona : - Bonne matinée Mesdames.

(Shéryline et Amina sortent)

Ilona : - Incroyable !

Chloé C. : - Tu as vu, on est passé de pestes à petits anges.

Ilona : - Oui, on est des saintes finalement.

Chloé C. : - Parce qu’on le vaut bien…

(Elles sortent en rigolant et en faisant les stars.)

 

La Casquette

 

(4 papis sont assis sur un banc, 3 ont une casquette, 1 n’en a pas)

 

Romain : -  Il fait chaud aujourd’hui.

Mathéo : - C’est sûr. Il fait au moins 35 degrés.

Marius : - Heureusement qu’on a mis nos casquettes.

Romain (à Loïc) : - Pourquoi tu n’as pas mis la tienne ?

Marius : - Tu vas avoir une insolation !

Mathéo : - Et nous, on n’est plus assez jeunes pour te relever si tu tombes !

Loïc : - J’aurais bien mis ma casquette si ce satané Romain ne me l’avait pas prise.

Romain : - Mais je ne l’ai pas ta casquette !

Loïc : - En tous les cas, la dernière fois que je l’ai vue, c’est toi qui l’avais posée sur le banc.

Marius : - Ah oui, je me souviens. C’est toi, Loïc, qui lui avais demandé de le faire.

Mathéo : - Tout à fait. Elle te gênait, tu disais. Tu sais quand on jouait aux boules à l’ombre.

Loïc (à Romain) : - Ah ! Tu vois que c’est toi ! Tout le monde le dit !

Romain : - D’accord, je l’avais posée sur le banc, mais par contre, je ne l’ai pas prise après.

Loïc : - Bien sûr que si, tu l’as prise. C’est toi qui as tout rangé à la fin, les boules, le

            cochonnet et le reste, y compris ma casquette.

Romain : - Tu commences à m’énerver avec ton historie de casquette ! Puisque je te dis que je

                   ne te l’ai pas prise !

Loïc : - C’est toi qui m’énerves. Tu veux toujours me prendre mes affaires !

(Ils se lèvent tous les deux, et se regardent d’un air menaçant.)

Mathéo (s’interposant entre Loïc et Romain) : - Eh ! Vous n’allez quand même pas vous

                                                                             battre pour une histoire de casquette !

Marius (rejoignant Mathéo) : - On dirait des gamins d’école primaire.

Mathéo : - Je me souviens, dans la cour des Cèdres, quand j’étais enfant, quelquefois on se

                  battait pour une histoire à deux balles.

Marius : - Ah oui ! Je me rappelle. On était dans la même classe. Tu te souviens ? La classe de

                 M. Marchand ! Il doit être très vieux maintenant.

Mathéo : - Peut-être même qu’il est mort…

(Loïc et Romain s’écartant de Mathéo et Loïc)

Loïc (criant) : - TU ME RENDS MA CASQUETTE !!!

Romain (criant) : - J’EN AI RIEN A FAIRE DE TA CASQUETTE !!! EN PLUS T’ES

                               MOCHE AVEC UNE CASQUETTE !!!

Loïc (criant) : - ET TOI, TU CROIS QUE T’ES BEAU ? AVEC OU SANS CASQUETTE,

                         C’EST PAREIL ! ON DIRAIT UNE VIEILLE NAPPE TOUTE FRIPEE !

(Ils se jettent l’un sur l’autre)

Mathéo (écartant Loïc) : - Eh ! Mais ça ne va pas tous les deux !

Marius (écartant Romain) : - Calmez-vous ! Tout est tranquille. Il fait beau et les oiseaux

                                               chantent.

(Loïc et Romain sont très énervés. Ils veulent se battre, mais ils sont retenus par Mathéo et Marius. Un chien passe alors tenue dans sa gueule la casquette de Loïc)

Mathéo : - Mais c’est ton chien, Loïc ?

Marius : - Il t’apporte ta casquette ! Quel gentil toutou !

Romain (criant) : - ALORS, TU VOIS QUE CE N’EST PAS MOI QUI AI PRIS TA

                               CASQUETTE !

(Loïc prend sa casquette, fait une caresse au chien puis le renvoie vers la maison)

Mathéo : - Oh ! La méga boulette !

Marius (à Mathéo) : - Alors là, Loïc, il est mal !

Loïc (un peu gêné, à Romain) : - Bon… ça peut arriver à tout le monde de se tromper.

(Loïc sort en marmonnant dans sa barbe. Romain sort ensuite de l’autre côté en criant son mécontentement.)

Mathéo (rigolant) : - Eh ben ! Ils étaient bien énervés tous les deux.

Marius (rigolant) : - ça devait bien arriver un jour. Ils sont toujours à se chercher.

Mathéo : - Bon allez, je rentre aussi. Tiens, passe-moi ma clé. Je te l’avais donnée tout à l’heure.

Marius : - Mais je ne l’ai pas, ta clé !

Mathéo : - Ah non ! Tu ne vas t’y mettre à ton tour !

                  RENDS-MOI MA CLEF !

Marius : - MAIS JE NE L’AI PAS TA CLEF !

(Loïc et Romain surgissent des coulisses)

Loïc : - Qui se ressemble s’assemble.

Romain : - Voilà pourquoi on est si bien tous les quatre, ensemble.

 

Frère et sœur

 

(La scène se passe dans un parc. Ihssane et sa sœur Ibtisème croisent deux amis, Riad et Amine. Ibtisème reste à l’écart, agacée d’être avec des garçons.)

Amine : - Salut Ihssane ! Ça va ?

Ihssane : - Salut Amine. Oui, ça va. Et toi ?

                 Salut Riad !

Riad : - Salut Ihssane.

Amine (étonné) : - Tu es venue avec ta sœur ?

Ihssane : - Ben oui, ma mère a dit qu’on devait rester ensemble.

Riad : - ça craint… avec une fille.

Ihssane : - C’est pas une fille, c’est ma sœur !

Amine : - C’est peut-être ta sœur, mais c’est quand même une fille !

Ibtisème (à part) : - Eh bien la fille, elle vous dit bien des choses.

Ihssane : - Mais avant d’être une fille, c’est ma sœur. Et tu laisses ma sœur tranquille !

Riad : - Mais elle va répéter tout ce qu’on se dit à ta mère !

Amine : - C’est vrai quoi, elle va se mêler de nos affaires !

Ihssane : - J’ai promis à ma mère de rester avec ma sœur.

Ibtisème (dégoûtée) : - Génial ! Un après-midi avec mon frère et ses copains ! Je sens que je

                                      vais m’éclater. Alors que j’ai un truc important à faire.

(Elle sort de sa poche un billet de loto qu’elle regarde dans tous les sens.)

Amine : - De toute façon, les filles, c’est tout le temps énervant.

Riad : - Tu l’as dit Amine. Tu imagines, l’après-midi entier avec sa sœur ?

Ihssane : - Ma sœur, c’est ma sœur et elle reste là !

Amine : - On commence à le savoir que c’est ta sœur.

Riad : - Tout le quartier l’a entendu.

Ihssane : - ça m’est égal. 

Ibtisème (énervée, aux garçons) : - Eh bien la sœur en question, elle a gagné le pactole au

                                                         loto. Ça vous en bouche un coin, hein ?

Riad : - Tu as gagné au loto ?

Ibtisème : - Puisque je te le dis.

Amine : - Tu as gagné beaucoup ?

Ibtisème : - Oui, 45 millions d’euros.

Amine et Riad (en même temps) : - 45 MILLIONS D’EUROS ?

Ihssane : - Elle vient de vous le dire ! Faut vous laver les oreilles les gars !

(Moment de silence pendant lequel Amine et Riad se regardent, cherchant à changer d’attitude vis-à-vis d’Ibtisème.)

Amine (intéressé) : - En fait elle est vraiment sympa ta sœur.

Riad (tout aussi intéressé) : - Et surtout très généreuse.

Amine : - Elle peut rester avec nous si elle veut.

Riad (à Ibtisème) : - On peut même aller chercher l’argent ensemble.

Ihssane (au public) : - On dirait que, pour eux, ma sœur a une tête de billet de banque.

Ibtisème : - Moralité : « Avec des poches remplies d’argent, on attire des pires vautours. Ils portent des masques au grand sourire. Mieux vaut passer sa route…

(Ibtisème sort de scène.)

Amine (courant après Ibtisème) : - Attends ! On vient avec toi !

Riad (courant après Ibtisème) : - Ne nous laisse pas tous seuls ici !

(Ils sortent à leur tour)

Ihssane : - Tiens ! Je ne savais pas qu’ils appréciaient autant ma sœur… 

 

FIN



26/06/2014
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